‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquise (volume 2)Chapitre 11 sur 14 · Tome J · texte numérisé non relu

Tome J

î>42 NOTE».

fut pas mortelle. Celui qui s'étoît charge de tuer Amrou poignarJa par une méprise un des amis de ce rebelle. Le troisième vint frapper Ali comme il cntroit dans la mosquée; et le vertueux caiife fut le seul qui n'échappa point à son assassin.

(Marigny, Histoire des Arabes , Tome II.)

( 2 ) Page. 5i. Mervan II , le dernier calife omraiade , etc.

Ce Mervan fut surnommé Alhémar , c'est-a-dirc VAne; surnom oui, dans l'Olient, n'a rien que de fort honorable , d'après l'estime singulière qu'on a pour ces animaux infatigables et patiens. L'Ariostc a' pris dans l'histoire de ce calife le touchant épisode d'Isabelle de Galice, jwervan , étant en Egypte , devint épris d'une religieuse chrétienne , et voulut Jui faire violence. La chaste fille, pour sauver sa pudeur, lui promit uu onguent qui rendoic invuhiérable, et s'engagea d'en faire l'épreuve sur elle-même. Après s'être frotté je cou de cet onguent , elle dit au calife de frapper hardiment ; et le barbare lui coupa la tête.

( D'Herbcloc , Bibliothèque orientale. )

(3) Page 52. Les noms d'Haroun al Rascliild , d'Alniamon et des Barmécides, etc.

Haroun al Raschild , c'est-'a-dîre Haroun le Juste , obdiir une grande gloire dans l'O-

rîcnt, qu'il dut sans dou'e en partie, ainsi que son beau surnom , à la protection qu'il accordoit aux gens de lettres. Ses victoires et son amour" pour les sciences prouvent qu'Haroun n'étoit pas un homme ordinaire : mais sa cruauté pour les Barmérides ternie l'éclat de ses grandes actions. Cette illustre famille, issue des anciens rois de la Perse, avoit rendu les services les plus signalés aux califes , et s étoit attiré le respect , l'amour de tout l'empire. GiafFar Barmécide, qui passoit pour le plus vertueux des Musulmans et pour le meilleur écrivain de sou siècle, étoit le visir d'Haroun. Il conçut un violent amour pour la belle Abassa, sœur du calife. La princesse aima Giaffar , et le calife, qui avoit pour sa sœur au moins une amitié fort jalouse, vit avec peine ces amours. Cependant il consentit à leur hymen : mais , par un caprice digne d'un despote d'Orient , il exigea que l'amoureux Giaffar lui fît serment de ne jamais user des droits d'époux. L'infortuné s'y soumit, et fut long - temps fidèle à sa promesse, malheureusement Abassa , doi.t l'esprit ec îc talent pour la poésie éroient fort célèbres , lui écrivit un jour ces vers, rapportés par Abou-Agélah, historien arabe, et que je ne fais que rimer:

La sévère pudeur me prcscrivoît la loi De te cacher le feu qui consume mon atncî

Mais il éclate mali^ré moi ; Je ccdc en rougissant a ma brûlante flamme»

Dcchir? ce billet que je baigne de pleurs: ^oit de honte ou d'amour il faudra que j'expire; Pouvois-jc mourir sans te dire Que c'est pour toi seul que je meurs î

Giaffar , ne 9» possédant plus , courut chez son épouse , et oublia son serment. Bientôt après, Abassa fut obligée de prendre des précautions pour cacher sa grossesse a son frcre. Tout réussit: elle accoucha secrètement d'un fils que l'on envoya nourrir a la Mecque. Quelques années après , Haroun alla faire son pèlerinage dans cette ville , et sut , par une esclave perfide , toutes les circonstances du parjure de GiaiFar. L'atroce Haroun ( on auroit peine à le croire, si ce fait n'étoit authentique dans tout l'Orient ) fit jctter sa sœur dans un puits , fit couper la tête a Giaffar , et ordonna qu'oa mit a mort tous les parens de rinforcuné Barmécidc. Son père Jahiah , vieillard vénérable, adoré de tout l'empire, qu'il avoit gouverné long-temps , reçu: le trépas avec une constance héroïque. Avant de mourir, il écrivit ce peu de mots au «aâifc :

a L'accusé passe le prenaîcr, l'accusateur « le suivra dans peu. Tous deux paroîtronc « devant un juge que les procédures ne a peuvent tromper. »

L'implacable Haroun poussa la démence jusqu'^ défendre que l'on parlât des Barmécides. LTn Musulman nommé Mundir osa fctavcr cette loi , et fit publiquement leur

éloge. Le calife l'euvoya chercher , cc le meuaça du supplice. Vous pouvez , lui réponctit Mundir , me faire taire en me donnant la mort , et vous n avez que ce moyen : mais vous ne pouvez pas faire taire la reconnoissancc de tout l'empire pour ces vertueux ministres ; et les débris mêmes des monumcns qu'ils ont élèves , et que vous détruisez , parleront malgré VOV.S de leur gloire.

Haroun, touché de ces paroles, lui fit doixoer une assiette d'or, iwundir , en la recevant, s'écria: Voici encore un bienfait des Barmécldcs !

Tel f«t cc fameux Haroun qui portoic le surnom de Juste.

Almamon son fils n'eut point de surnom , et fut le plus vertueux, le plus sa^c, le meilleur des hommes. On en peut juger par cc mot de lui. Ses visirs le prcssoienc de punir de mort un de ses parens qui s'étoit fait proclamer calife et avoit porté les arm s contre lui, Almamon ne voulut jamais y consentir, et leur dit, les larmes aux yeux : « Ah 1 si l'on savoir combieir " j'ai de plaisir a pardonner , tous ceux '< qui m'ont offensé viendroicnt me faire " l'aveu de leurs fautes. »

Ce prince adorabe fit fleurir les sciences et les beaux arts : son règne est la plus belle époque de leur gloire chez les Arabes.

( aTariguy , Bistoire des Arabes ; d'HerbcIct,. 'Bibliothèque orientale)

a4^ NOTES,

(4) Page 56. Des irruptions (îes Français dans la Catalogne , etc.

Les historiens ne sont point d'accord sur l'époque où Charlemagnc vint en Espagne. H paroît que ce fut sous le règne d'Abdéramc 1er que cet empereur passa les Pyrénées , prit Pampehinc, Saragosse , et fut battu dans sa retraite aux défilés de Ren-evaux, lieu si célèbre dans les romans par la mort de Roland.

(5) Page 62. Un gouvernement où les droits des peuples étoient respectés , etc.

Les anciennes loix d'Aragon , connues sous le nom de Fore de Sobrarbe , limîroicnt la puissance des souverains en lui donnant un contrepoids dans celle des rkos Boinbres et du magistrat qui s'appcloit la Justice. Tout le monde connoit la fcrmiilc du serment que les états d'Aragon prêtoicnt a Icir roi : Nos que valcmos tanio como vos y que podemos ma.i que vos , os lia-^emos nuesvo rci, con tal que guardcis nuestros fueros , sino , no.

(6) Page 64. L'école célèbre dont les élevés , etc.

L'école de musique , fandéc à Cordoue pat Ali-Zériab , produisit le fameux Moussali , que les Orientaux regardent comme leur plus grand musicien. Cct'te musique ne consistoit point , comme la nôtre , dans l'accord de

(JifTércns înstrumcns , mais sîmplcmrnt dans des airs doux et tendres que le musicien fhantoit en s'accompagnant du luth. Quelquefois on réunissoit plusieurs voix et plusieurs luths ensemble pour exécuter les mêmes airs a l'unisson. Cette musique suffisoic et suffit encore^ des peuples passionnés pour la poésie, et dont le premier besoin, lorsqu'ils écoutent une voix , est d'entendre les vers qu'elle chante. Ce Moussali , qui fut élevé d'Ali -Zériab 'a Cordoue, devint ensuite, par son talent , le favori d'Haroun al Raschild. On raconte que ce calife , s'étant brouillé avec une de ses favorites nommée Mariah, tomba dans une mélancolie qui faisoit crain- «Irc pour ses jours, Giaffar le Rarmécide , soi> premier visir, pria le poëte Abbas-bcn.Ahnaf de faire des vers sur cette brouillerie. Ces vers furent chantés par Moussali devant le calife, qui fut tellement touché des pensées «lu poëte et des accens du musicien , qu'il courut sur-le-champ aux genoux de sa maîtresse demander et donner pardon. Mariali rcconnoissantc envoya vingt mille drachmes d'or au poète et 'a Moussali ; Haroun leur en fit donner quarante mille.

( Caidonnc, Histoire d'Afrique , livre II.)

(7) Page 71. La statue de la belle esclave , etc.

Mahomet , par horreur pour l'idolâtrie , défend à son peuple, dans l'Alcoran, toute figure imitée : mais ce précepte ne fut jamais 'oien observé. Les callfts d'Orlcnr fai-

soient mettre sur leurs moiiuoles l'empreinte ctp leur image , comme on peut le voir dans U's médailles que conservent quelques curieux : un dos côtés représente La tête du ca- Ijfe; l'aurre porte son nom et des passages de l'Alcoran. Dans les palais de Bagdad, de Cordoiie , de Grenade , il y avoit plusieurs figures d'animaux et beaucoup de sculptures co marbre et en or.

( Cardonne^ Hisioire d'Afrique, livre II.)

(8) Pa^e j5. Le roi de l'Europe le plus riche , etc.

On peut juger de cette opulence par Iff présent que reçut Abdéramc III d'un de ses sujets nommé AbdoulmeleK - bcn -Chéid^ qui fut élevé a la dignité de promier visir. Voici quel fut ce présent , tel que le rapporte Ibn Kalédan , historien arabe ; 400 Hvrcs d'or vierge , 420COO scquins en lingots d'argent, 41.0 livres de bois d'aloès, 500 onces d'ambre gris, 300 onces de camphre, 30 pièces de drap d'or et de soie, 10 fourrures de martre du Korassan, 100 autres fourrures de martre plus communes ; 48 housses de chevaux traînantes, tissues d'or de Bagdad; 4000 livres de soie, 30 tapis de Perse, Soo armures de fer pour des counsiers, icoo boucliers, looooo flèches, 15 chevaux arabes pour le calife , 100 autres pour ses officiers, 20 mules avec leurs selles. et housses traînantes, 40 jeunes ga^rçons et 20 jeunes filles d'in^c rare beauté.

(Cardonne, Hist, d'Afrique , liv.. II. )

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