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(9) Page 90, Le foible calife
s'endormoit , etc.
C'est i-peu-près vers ce temp? qu'arriva la fameuse avenrure des sept enfans de Lara, si célébrée par les hist»riens et par les romanciers espagnols. Ces jeunes guerriers étoient sept frères, fils de Gonzalve Gustos, proche parent des premiers comtes de Castillc et seigneurs de Salas de Lara. Le bcnufrere de Gonzalve Gusto^s , nommé Uuy Ve- Jasqucz , excité parles horribles conseils de sa femme dona Laœbra , qui prétendoit avoir à se plaindre du plus jeur.c des sept frères , médita contre eux une vengeance atroce. Il commença par envoyer leur pcre Gonzalve en ambassade au roi de Cordoue, avec des lettres particulières dans lesquelles il prjoit le calife de faire périr cet cnni.mi des Musulmans, Le calife ne voulut point commettre ce crime ; il se contenta de retenir Goiizalve CB prison. Pendant ce temps , le perfide Vclasquez , sous prétexte d'aller attaquer les Maures , conduisit ses sept neveux dans une cm.buscade , où , les ennemis les ayant enveloppés, ils périrent tr>u<; iusquau dernier, après des exploits adm'saLles et avec des circonstances qui rendcir. cette histoire Infiniment touchante. Cet oncle barbare CLVdy^ les têtes des sept infortunés dans le paLii". de Cordoue, et les fit présenter a leur pcrc dans un plat d'or couvert d'un voile. Le pcre , en découvrant ce plat, tomba privé de sentiment. Le calife, indigné contre Vclasquci- ,
n.5o NOTES.
rendît à Gonzalvc la liberté. Maïs Vclasqiicz étoit trop puissant pcHir que Gonzalvc pûc espérer de le punir. H le tenta vaincmeiM; la vieillesse lui avoii ôté ses forces. Solitaire avec son épouse, il plcuroit ses enfans , ce dcmandoit au ciel de les suivre au tombeau , lorsqu'il lui vint un vengeur sur lequel il ne COiDptoit pas.
Gonzalvc, pendant qw'il étoit prisonnier k Cordaue , avoit été l'amant heureux de la sœur du roi musulman. Cette princesse , après son départ , étoit accoucliée d'un fils qu'elle avoit appelé Mudarra Gonialv>:. Parvenu à 1 âge de quinze ans, ce fils, instruit du nom de son père et du foifait de V^cbsquez; ce fils, né pour être un héros, résolut de venger ses frères. Il part de Cordoue, va défier Velarqu.z , le tue, lui coupe la tête , et la porte au vieillard Goifzalve, en lui demandant de le rcconnoître et de le faire chrétien. L'épouse de Gonzalvc consentit avec transport à devenir la mère de ce brave bâtard. Muiarra fut adopté solemnellement par les deux époux. La femme de Velasqucz fut lapidée et brûlée. C'est de ce Mudarra Gonzalvc que se prétendent issus les Manriqucs de Lata, l'une des plus grandes maisons d' Espagne.
( Mariana , Histoire d'Espagne , livre Vlir, chap. 9; Garibai, Compend. histor, tom. I , lib. 10. )
îsf O T f . S.