‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 6 sur 135 · SECONDE ÉPOQUE · texte numérisé non relu

SECONDE ÉPOQUE

LBS CALIFES d'oCCIDIEIIT, nOl8 DC CORDOlTE ,

Depuis le milieu du huitième siècle jusqu'au onzième,

JNous avons vti rapidement, sous les t«>ff premiers califes , Aboubèkre, Omar, Othman , les Arabes, conquérans de la Sjrie, de la Perse , de l'Afrique , conserver leurs antiques mœurs , leur simplicité , leur obéissance au successeur du prophète , leur mépris pour le luxe et pour les trésors. Mais quel peuple pouvait résister à tant de prospérités ? Les vainqueurs tournèrent bientôt leurt propres armes contre eux-mêmes; ils oublièrent les vertus qui les avaient rendus invincibles , et déchirèrent'de leurs mains lempire qu'ils avaient Condé.

Les Musulmans se divisent

Ces malheurs commencèrent à TasAissinat d'Othman s j. c. 655. Hcg. 1 35 =. On nomma pour lui suecéder Ali , le compagnon , le fila adoptif du prophète ; Ali , si cher aux Musul* mans par ses exploits , par sa douceur , par

^UR LES MAURES. S^f

Mn épouse Fatiikie, 01e unique de Mahomet, Moarias , goureiéeur de Sjrie , refusa de reconnaître Ali. Guidé par les conseils de Thabile Amrou , conquérant de l'Egypte , Moaviai le fit proclamer calife à Damas. Les Arabes se divisèrent : ceux de Médine soutinrent Ali ; ceux de Syrie , Moayias. Les premiers prirent le nom d'Alides; les autres s'appelèrent Om^ Mkhades, du nom d'un aïeul de Moayias, qui se nommait Ommiah. Telle fut l'origine àjx schisme qui sépare encore les Turcs et les Perses.

Ajh* yainqnit Moayias , et ne sut point profiter de sa victoire. Bientôt après il fiit assas« liné '« Son parti s'afiMblit. Ses enfans firent de yains efforts pour le ranimer. Les Ommiades , au milieu des orages , des révoltes , des guerres ci7ile8 , restèrent à Damas possesseurs du califat. C'est sous le ^ègne d'un de ces princes, de Valid I, que nous ayons vu les Arabes étendre leurs conquêtes en Orient jusqu'au Gange , en Occident jusqu'à l'océan Atlantique, lies Ommiades cependant forent , pour la plupart, des princes ■ faibles ; mais leoft généraux étaient habiles , et les soldats HOfulmans n'avaient point encore dégénéré dt leur «ntjiqite râleur.

33 PRÉCIS HISTOKÏQtJE

Les Cmmiades perdent le caU&t.

Après avoir occupé le trône pendant l'espace de quatre-vinjgt-treize ans , Mervan II, le dernier calife ommiade ^ , fiit vaincu par Âbdalla =j. c. 752. Hég. i34=, de la race des Abbassides , proches parens de Mahomet , ainsi qae les Ommîades; Mervan perdit l'empire et la vie. Aboul-Abbas , neveu d'Abdalla ," fut élu calife , et commença cette dynastie des Abbassides , si célèbres dans l'Orient par leur amour pour les sciences , par les noms d*fi[aroun al Raschild , d'Almamon et des Barmécides •*''. Les Abbassides gardèrent le califat pendant cinq siècles, Ils en fiirent dépouillés par les Tartares , fils de Gengis-Kan , après avoir vu s'établir en Êgjrpte d'autres califes uommés Fatîmites , parce qu'ils prétendaient descendre de Fatime , fille de Mahomet. L'empire des Arabes fiit détruit j et ces peuples , rentrés dans les Arables, j sont à peu près aujourd'hui ce qu'ils étaient avant Mahomet. J'anticipe ainsi sur les événeme.ns , parce que désormais l'Espagne n'aura plus rien à démêler avec l'Orient. ' -

Cruautés exercées contre les Cmmiades.

Lorsque le cruel Abdalla eut placé son neveu Aboul-Abbas sur le trône des califes, il

forma l'horrible dessein d exterminer tous les Ommiades. Ces princes étaient fort nombreux. Cba les Arabes , où la poljgamie est permise , où le grand nombre desenfans est regardé comme une fayeur du ciel , il n'est pas rare de compter plusieurs milliers d'individus appartenant à la même famille. Abdalla, désespérant d'éteinHre la race de ses ennemis , que la terreur avait dispersés, promît une amnistie générale pour tous les Ommiades qui se rendraient près délai. Ces infortunés crurent à ses sermens; fis vinrent chercher leur pardon' aux pieds d'Abdalia. Ce monstre , les voyant rassemblés , les fît envelopper par des soldais qoi les massacrèrent à ses jeux. Après cet ai&eux carnage, Abdalla donna ordre qu'on rangeât leurs corps sanglans l'un près de l'autre , qu'on les couvrît de planches et de tapis de Perse ; et sur cet horrible table il fit servir à se» officiers un magnifique festin. On frissonne en lisant ces détails (i) ; mais ils peignent le caractère et les mœurs de ces conqnérans.

Un seul Ommiade échappa ; ce prince s'appelait Abdérame. Errant, fugitif, il gagna l'Egypte, et alla se cacher dans les déserts.

(0 Marigny , Histoire des Arabes, toint III.

^ PRÉCIS HISTORI^^i^B

«tTn prince Ommiade vient en Eipagno.

Les Maures d'Espagne, fidèles ^ux Om* miades , quoique leur gourerneur Joseph eût reconnu les ^bassides , n'eurent pas plus tôt •ppris qu'il existait en Afrique un rejeton de cette illustre race , qu'ils lui envoyèrent secrètement des députés pour l^i ofirir leur couronne. Abdérame vit les combats. qu'il aurait eans doute à livrer \ mais y né avec une grande âme, qui s'était encore élevée à l'école de Tadversité, Abdérame n'hésita point. Il passe la mer sj. c. 755. Qég. 1 35 = , arrive en Espagne ,' gagpe les cœurs de ses nouveaux sujets, rassemble une arm«e , entre dans Séville , et marche bientôt ver^ Cordoue, capitale des JËtats musulmans.

Abdérame, premier calife d'Occident;

Joseph , au nom des Abbassides', tenta vai» nement de lui résister : Joseph est vaincu , Cordoue est conquise , plusieurs autres villes ont le même sort. Abdérame est reconnu nonseulement roi des Espagnes , maia il est pro* clamé caliTe d'Occident =:j. c. 759. nég. i4asB; et dès ce moment l'Espagne, démembrée du grand empire des Arabes , forma seul un État puissant.

SUR LES MAURES. 4f

Règne d'AMérame I.

Abdésame létajblic à Cpr4ope b Biige'4« •t nouTeUe igsaii4«(ur. U u'j âu pa3 loiiig' temps en paix. Des réyoltes s^ucitées par les Abbassides , des gaerres ayec les rois de Léon» des irruptions des Français dans la Cata* logne 4 , occupèrent sans cesse Abdérame. Sa Taleur , son actiyifeé , tiioxnphèrent de tant dennemis. II se Boutint snur le trône ayee ^oive-, il mérita le beau surnom de Juste ^ i^ chérit , coltiya la arts au milieu 4es jCroubies et des périls. Ce i^ lui qui le premier établi^ des écoles à Gordoixe , où l'on yint étudier l'astronomie , les mathématiques , la mé4e« cine , la grammaire ; lui-même £»isait des yers et passait pour Tbjomme le plus éloquent de son siècle. U embellit , fortifia Sja capitale , j construisit un palais superbe, ayec des jardins déUrâeux , et commença la grande mps* qnée , qai iaitencoM anjonrd'hui radmîra^iQji» des yoyageurs. Ce monnmept de magnificence ae ibt adheyé que sont le califis H^ccha^ , ùlf et successeor d'Abdérame. L*on dit que les Espagnols n*en ont conseryé que la moitié , qçpendant il a six cents pieds de long sur deox cent cinquante de larg^. On comptQ ▼ingt-iuraf nels 4ans sa longueur , et dix-nenf

4a PRÉCIS HISTORIQUE

dans sa largeuté Plus de trois cents colonne, d'albâtre , de jaspe , de marbre , le soutiennent* - On j entrait autrefois par yingi-quatre portes de bronze , couvertes de sculptures d'or , et quatre mille sept cents lampes éclairaient toutes les nuits ce magnifique édifice (i).

Religion et fêtes des Maures.

C'est là que les califes d« Gordoue Tenaient faire la prière au peuple, le yendredi, joui^ consacré à la religion par les préceptes de Mahomet. C'est là que tous les Musulmans d'Espagne se rendaient en pèlerinage , comme ceux de l'Orient se rendent au temple de la Mecque. On j célébrait avec de grandes so-. lennités la fête du grand et du petit Beiram, qui répond à la Pâque des Juifs ; celle du renouvellement de l'année , celle du MUoud, x>u de l'anniversaire de la naissance de Mahomet. Chacune de ces fêtes durait huit jours. Pendant ce temps, tout travail cessait , on s'envoyait des présens , on allait se visiter , on immolait des victimes ; et les familles réunies , oubliant leurs différends', se juraient une con-

(i) Cardonne, Hist. d'Afrique et d'Espagne; Col- Menar, Délices d'Espagne ; Duperron, Voyage d'Espagne^ Henri Swinbume, Lettres siu: IlBspag., etc. -

corHe éternelle , se livraient à tous les plaisirs permis par la loi. La nuit , la ville était illuminée , les rues jonchées de fleurs , les promenades , les places publiques retentissaient du son des cistres , des théorbes , des hautbois. Enfin , pour mieux célébrer la[ fête , les riches prodiguaient des aumônes, et les bénédictions des pauvres se mêlaient aux cantiques de joie.

^ Abdérame , élevé dans TOrient , porta le premieT en Espagne le goût de ces fêtes superbes. Réunissant , en sa qualité dé califé , l'empire et le sacerdoce , il en régla les cérémonies , et les fit célébrer avec toute la pompe , toute la magnificence des souverains de t)amas. Ennemi du christianisme , et comptant beaucoup de Chrétiens parmi ses sujets, il ne les persécuta point ; mais il priva les villes de leurs évêques , les églises de leurs pasteurs ; il encouragea les mariages entre les Maures et les Espagnols , et fit plus de mal à la religion par sa prudente tolérance qu'il n'en eût fait par une cruelle rigueur. Sôus son règne , les successeurs de Pelage (i) , toujours retirés dan» les Asturies et déjà divisés entre eux

(i) Aurdlio et Maurëgat.

14 PRÉCIS HlSTOAI,Q.UE

jtarent forcés de se soumettre an ti^i^ut hoxKr tçux de cent jeunes filles, Abdérame ne leur donna la pçiix çu'à ce pri^. Maître de l'Esjtagne entière depuis la Catalogne jusqu'aux deux, mers , il mourut après trente ans dp gloire =jj. c. 788^. Hég. 172 = , laissant la cçuronne h. son (ils Haccham , le troisième 4e se^ onze enfans.

Guerres civiles, entre les Maui'es.

Xmès la mort d'Abjdérame, l'empire d^t Maures fut troutlé par d^s révoltes , par des guerres entre le nouyeau calife , sçs frères , stt oncles , ou d'autres princes du sang rojal. Cçs guerres étaient inévitables dans 1141 gouvernement despotique , où même l'ordre de la succession au trône n'était ré^lé par aucune loi. Il suffisait, pour y prctendi^e, d'être dp la race rojale ; et comme pi'esque toujours les califes laissaient un nombre pi^odigieux d'ei^fans , chacun de ces princes se formait ui^ parti , s'établissait dans une ville , s'en décla* ra^t le souverain , et prenait les armes contre ïe calife. De là cette foule de petits États ^ui s'élevaient, s'anéantissaient, se relevaient k cliaquc changement de règne ; de 1^ cett« quantité de rois vaincus, dépesés, égorgé» « <|tiî rendent l'histoire des Maures d'Espagne

fiUjR LES MAURES. 4S

il difficile à mettre en ordre , et si monotone pour les lecteurs.

Règnes d'Haocham I et d'Abdëlazis.

Haccham , et après lui son fils Abdélazis^ el-Hakkam , se soutinrent dans le califat malgré ces dissensions étemelles. Le premier finit la belle mosquée commencée par Abdérame , et porta ses armes en France , où ses généraux pénétrèreut jusqu'à Narbonne. Le ^^cond, moins heureux, combattit avec des succès divers contre les Espagnols et contre les sujets réyoItés= j. c. 8aa. Hég. âo6=. Il mou-, rat au milieu des troubles. Son fils Abdérame lui succéda.

Règne d'Abdérame IL

Ai>dérame II fut un grand prince; et cepen« dant son règne est l'époque où lesi Chrétiens eommencèrent à balancer la puissance des Maures. Us avaient su profiter de leurs longues divisions. Alphonse le Chaste, roi des Asturies , monarque politique et raillant , avait augmenté ses JËtats et refusé le tribut des cent jeunes filles. Ramire , successeur d'Alphonse, sourtint cette indépendance, et vainquit plusieurs ^ois les Musulmans. La Navarre devint un royaume ; l'Aragon eut ses souye* r«ins particuliers , et sut se former un gouver

'46, PRÉCIS HISTORIQUft

uement où les droits des peuples étaient respectés ^; les gouverneurs de la Catalogne, soumis jusqu'alors aux rois de France , profitèrent de la faiblesse de Louis le Débonnaire pour se rendre indépendans. Tout le nord de l'Espagne enfin se déclara l'ennemi des Maures , et le midi se vit en proie aux irruptions des Normands.

Beaux-arts à Cordoue.

Abdérame se défendit contre tant d'adver-^ saires, et mérita par ses talens guerriers le surnom à'Elmouzaffer, qui if^ut dire te Victorieux. Au milieu des guerres , au milieu des soins du gouvernement , il encouragea les beaux-arts , il embellit sa capitale d'une nouvelle mosquée , et fit élever un superbe aqueduc, où, dans des canaux de plomb, les eaux les plus abondantes venaient se répandre par toute la ville. Soigneux d'attirer à sa cour les poètes, les philosophes , il s'entretenait souvent avec eux, cultivait lui-même les talens qu'il encourageait dans les autres. Son âme sensible avait r^uni tous les goûts. Il fit venir de l'OrieM le fameux musicien Ali-Sériab, qui , fixé par ses bienfaits en Espagne, j forma l'école célèbre dont les élèves ont fait depuis les délices de toute l'Asie ^. Enfin, sous le

Sur les maures. 47

règne d'Âbdérame , Cordoue devint le séjour des arts, des sciences et des plaisirs. La férocité musnlmane fit place à la galanterie, dont le calife donnait lexemple. Une seule anecdote suffira pour prouver combien il était doux et généreux.

Anecdote 'd'Abdérame.

Un jow , une de se* esclaves favorites osa u brouiller avec son maître, se retira dans ma appartement , et jura d'en voir murer la porte plutôt que de l'ouvrir au calife. Le chei des enno^nes ; épouvanté de ce discours , crut entendre des blasphèmes. Il courut se prosterner devant le prince des croyans , et lui rendit l'homble propos de cette esclave rebelle. Abdérame , en souriant , lui commanda de faire élever devant la porte de sa Êivorite une muraille de pièces d'argent, et promit de ne franchir cette barrière que quand l'esclave voudrait bien la démolir pour s'en emparer. L'histoire ajoute que , dès le soir même , le calife entra librement chez la favorite apaisée (i)«

Ce prince laissa, de ses diiSerentcs femmes ,

(i) Caidomie , Histoire d'Afrique et d'Espagne , tomel

quarante-cinq fils et quarante-nne fiUes si.Oh 85a. Hég. 138. s Mohammed , l'aine de ses filf , lui succéda. ^

Régnes de Mohammed, d'Ahnouzir et d'ALdalIa.

Les règnes de Mohammed et de ses sucées* seurs Almouzir et Abdalla n'offrent, pendant un espace de soixante années, qu'une suite continuelle de troubles, de guerres ciyrles, de réyoltes des principales villes dont les gouverneurs cherchaient à se rendre indépen^ dans. Alphonse le Grand, roi des Asturies, profita de ces dissensions pour affermir ^ sa puissance. Les Normands, d'un autre côté, vinrent de nouveau ravager l'Andalousie. Tolède , souvent punie et toujours rebelle , eut des rois particuliers. Saragosse imita son exemple. L'autorité des califes ha avilie ; leur empire , ébranlé de toutes parts , paraissait sur le penchant de sa ruine , lorsque Abdi^ rame 111 , neveu d'Abdalla, monta sur le trôae de Cordoue s j. c. 9 1 a. ueg. 3oo =s , et lui rendit pour quelque temps son éclat et sa majesté.

Règne d'Abdérame IIL

Ce prince, dont le nom chéri des Mosul* mans semblait être d'un heureux présage» prit U titre d'Emir aiMuménim, qui signifie Primm

des ifraU crot^an» (i). Il commença son règD« pjBi des victoires. Les rebelles , qae ses prédécefsenrs n^ayaient pu réduire , furent défaits , les Causons dissipées , l'of dre et le calme ré« tablis. Anaqné bientôt par les Chrétiens , Abdérame implora les recours des Maures d'Afri- <pie , et soutint de longues guerres contre leA rois de Léon et les comtes de Castille , qui lui enlevèrent la yille de Madrid , peu considérable alorssj.c. 931. Hég. 3i9=. Battu souvent, quelquefois vainqueur^ mais toujours grand et redouté, iJ sut réparer ses pertes et profiter de sa ibrtune. Politique profond , habile capitaine, il entretint les divisions parmi les princes espagnols , porta douze fois ses armes jusque dans le centre de leurs États , et , cié^ear d*u&e marine, il s'empara, sur les «dtes d'A£:ique , de Seldjemesse et de Ceuta.

Ambassade de l'emperëiir grëc.

Malgré les guerres étemelles qui l'occupèreat pendant top.t son règne , malgré les dépenses énormes que devaient lui coûter ses années, ses flottes, les secours qu'il achetait en Afrique , Abdérame étalait à sa cour un

(i) Fout en arons fait le nom ridieitlle de'Bfir»

lin.

•oMaWV. I. S

5o PRÉCIS HlSTORI<;iUl:.

luxe , une magnificence , dont les détails nous paraîtraient des fables , s'ils n'étaient attestés par tous les historiens. L'empereur grec , Constantin IX, fils de Léon, voulant opposer aux califes abhassides de Bagdad un ennemi capable de leur résister , envoja des ambassadeurs à Cordoue pour faire alliance avec Abdérame. Celui-ci , flatté de voir des Chrétiens venir de si loin implorer son appui , déploya dans cette occasion toute la pompe asiatique. 11 envoja jusqu'à Jaèn recevoir les ambassadeurs. Des corps nombreux de cavalerie , magnifiquement habillés , les attendaient sur le chemin de Cordoue. Une infanterie plus brillante encore remplissait les avenues du palais. Les cours étaient couvertes des plus beaux tapis de Perse et d'Egypte , les murailles tendues d'étoffes d'or. Le calife , sur un trône éclatant , environné de sa famille , de ses visirs , d'une foule de courtisans , les reçut dans une galerie, où toutes ses richesses étaient étalées. Le had]eb, dignité qui , chez les Maures , répondait à celle de nos anciens maires du palais , introduisit les ambassadeurs. Eblouis de cet appareil, ils se prosternèrent devant Âbdérame , et lui remii;jent la lettre de Constantin écrite sur du parchemin bleu , renfermée dans une boite d'or. Le calife sierna le

SUR XES MAURES. 5i

traité , combla de présens les envoyés de l'empereur, et les fit accompagner par une suite nombreuse jusque dans les murs de Constan' tinople.

Magnificence et galanterie des Maures.

Ce même Abdérame , sans cesse occupé de combats ou de politique , fiit amoureux toute sa vie d'une de ses esclaves , nommée Zehra ( i ) , Il fi>nda pour elle une ville à deux milles de Cordoue , et lui donna le nom de Zehra. Cette ville , détruite à présent , était au pied de hautes montag^ies d'où coulaient plusieurs sources d'eau vive qui venaient serpenter dans les rues, répandre partout la fraîcheur, et former au milieu des places publiques des fontaines toujours jaillissantes. Les maisons , bâties sur un même modèle, surmontées de plate-formes , étaient accompagnées de jardins remplis de bosquets d'orangers; et la statue de la belle esclave 7 se distinguait sur la principale porte de cette ville de l'amour.

Toutes ces beautés étaient effacées par le palais de la favorite. Abdérame , allié des empereurs grecs , leur avait demandé les plus habiles de leurs architectes ; et le souverain de

(i) Ce nom siçmifie fleur, obsemest du mosdf

5a PRÉCIS HIST0RIQU£

Constantipople , séjoar alprs desbeaux^rU , l'était empressé de les lui envoyer 'a;ree.^pu< rante eolonnes de granit, les plus belles. qa'il avait pu rassembler. Indépendamment de ces magnifiques colonnes , Ton en comptait dans ce palais plus de douze cents de marbre d'£s« pagne ou d'Italie. Les murs du salon nommé du caiifht, étaient couverts d'ornemens d'or. Plusieurs animaux du même métal jetaient de l'eau dans un bassiu d'albâtre , au-dessus do* quel était suspendue la fameuse perle que l'empereur Léon avait donnée au calife comme un inestimable trésor. Les bistoriens (i) ajoD' tentque , danslepaviUon où la favorite passait la soirée avec Abdérame , le plafond , revêtu d'or et d'acier , était incrusté de pierres précieuses , et qu'au milieu de 1 éclat des lumières réfléchies par cent lustres de cristal , une gerbe de vif-argent jaillissait dans un bassin d'albâtre.

On aura peine sans doute à croire de tels récits ; on pensera lire des contes orientaux , et Ton m'accusera peut-être d'aller prendre mes mémoires dans les Mille et une Nuits; mais tous ces faits, tous ces détails, sont attestés

(i) lïovairi, Historia Onuniadtram, etc.; W^ irebi , Eistor. Hîspao.

SOR LES MAURES. Si

]^les écthmmê arabes, nppertéi par M. €ardoBBe^m les alaa , coai^ai^ aytoetôîn, eon^iw nés par M. Swinbume, 'Aa^ais pea cré^tfl^ et bon obterrateur. J'arove ^e ces meoit^ tteiis , qiM «• Êwtt , que cette pompe , ne i«gsemblent à rien de œ que nous conaaissonf; et je sais que la plupart des bommesmesiiran t tonjettTS leur foi sur leurs eonnaitsances acquises, croient k &rt pen de cboees x mais les détails que nous tronvons dans des anteaTs> autbenticjnes {%) , tnr le luxe , la magnifieenee des soa« ▼eTainsdel'AsiejSonCaainoinsanssiétôBnans; et, j'ose le demancTer, si par un tremblement de terre les pjtamides d'Egjpte eussent été détraitee, croirions-noins les faistortens qui ttons en donnent les justeB dimensions ?

Les éeriTaina d*oà j*ai tiré ces détails rapportent aussi les sobunes que coiktéreat à élever ce palais ht cettb TtUe ide Zebrt t elles se mon» tèrent , par an , à trois cent mille dinars d'or (a) , et TÎngt-einq ans suffirent à peine pour acHe^ rer ces travaux.

(i) Beimer, Tbomas Rhoé, Mare Paul, Do^ kaUe.eiB.

(1) Ea n'évabittM Ifl dittar qB*l( dix Uvres» eeU te en tamt sciiiàiits.qaiiiie BÛOions 4^ noire mon*

A ces frais immenses , il faut ajouter Teatretien d'un sérail dont les femmes, les concabinef , les esclaves , les eunuques noirs et blancs , formaient un nombre de six mille trois cents personnes. Les officiers de la maison du calife f les cheyaux destinés pour lui , étaient dans une égale proportion. Douze mille cavaliers composaient sa seule garde ;' et , si l'on réfléchit qu'Abdérame , dan» un état de guerre continuel avec les princes espagnols , fut obligé d'avoir sans cesse sur pied de nombreuses armées , d'entretenir une marine , ^'acheter souvent des stipendiaires en Afrique , et de fortifier des places sur des frontières toujours menacées , on aur» peine à comprendre comment ses revenu»^ lui suffisaient. Mais ses ressources étaient immenses; et le souverain de Cordoue était peut-être le roi de l'Europe le plus riche et le plus puissant ^» *

Richesses des califes de Cordon^

Il possédait le Portugal , l'Andalousie , les royaumes de Grenade, de Murcie , de Valence , la plus grande partie de la nouvelle Castille , c'est-à-dire , les plus beaux pays de l'Espagne. Ces provinces alors étaient extrêmement penplées ; et les Maures avaient porté l'agriculture au dernier point de perfection. Les historien*

nous assurent que sur les bords du Guadalqmrir il existait douze mille. villages; qu'un Tojagenrne pouvait marcher un quart d'heure dans la <:axnpa^e sans rencontrer quelque hameau. On comptait dans les Etats du calife quatre-vingts grandes ^villes, trois cents du second ordre , un nombre infini de bourgs; Cordoue , la capitale , renfermait dans ses murs deux cent mille maisons (i) , neuf cents bains publics. Tout a bien changé depuis l'expulsion des Maures. La raison en est simple : les Maures, vainqueurs des Espagnols, ne persécutèrent point les vaincus ; les Espagnols , vainqueurs des Maures , les ont persécutés et chassés.j

On fait monter les revenus des califes de Cordoue à douze millions quarante-cinq mgille dinars d'or ; ce qui fait plus de cent trente millions de notre monnaie. Indépendamment de cet or , beaucoup d'impôts se payaient en fruits de la terre ; et chez un peuple agriculteur , laborieux , possesseur du pa js le plus iKertile du monde , cette richesse est inca^ulable. Les mines d'or et d'argent , de tous temps communes en Espagne , étaient une nouvelle source de trésors. Le commerce enrichissait le

(i) Ces maisons ne oontenaient jamais qu'une Êonttk.

peuple et le soHyeram ; ce eomneDee araitpl»«

gienn brMiehes : Ici soies , les imiles , le atwy la eoehenille , le fer , la laine , très estimée d«Bt ce temps-là , l'ambre i^is , le karabé^ VaâmMBûoéL , l'antimoine, le talc, la marcassite, le ciMftal ât roche , le soufre , le safran, le ginigealMie; le corail pêdié sur lesc^tes de rAndalansse, les perles sur celles de Catalogne ; les nàbts , dont on avait découyert deux mines. Tune 11 Malfiga , lautre à Béjà ; toutes ces prodKOtloni 3u sol , avant ou après avoir ité -suses exi œuvre, étaient tran8p<^rtées en Afrique, >■ Egjpte , dans rOrjent. Les empereurs de Coïts* tantinople , toujours alliés nécessaives des califes de Gordouo , ^EnrorisaienC ces difierena eommerees ; et retendue immense des o6tes , lé voisinage de l'Afrique , deV Italie , de la France, oontribuaiet|t à les rendre plus florissans.

Eeanx-arts cultivés à Cordoue.

Les arts , cnÊEins do commerce et qui nourrissent leut pèro, ajoutèient un nouvel éeJM au règne brillant d'Abdérame. Les pêlld»^ kl jardins qu'il consftruiçait, les fêtes magntfiqucl de sa eour , attiraient de toutes parts les arob^ tectes , les artistes. Cordoue était le centre ds rindustrieet l'asile de^ iciene«s, |<agéo^étrie , l'astronomie , la chimie , la médecine , avalevir

hUR L£S MAUiiE5. |i^

'd«ié»le&«élèbrei » c[ui produisirent , aosiécU a^ptk, Ayerroès «t Abenzoar. rL^ poète» , le« philosophes,, ks médecins acebes , étaient si lenommés , qu'Alphonse le^csmd » roi. des Astunes , yoolant confier son ôk Ordogno à des hommes capables d'initruire un prince, fot obligé y malgré la difierence des religions, iiuUgré la haine des Chrétiens pour les Musulmans , d'appeler près de lui deux ptécepteuss maures ; et l'un des successeurs de cet Alphonse» Sancbe le Gros , roi de Léon , attaqué d'une bjdropisiequerpn regardait commeonor^lkt, n'hésita pas.k venir à Cordoue, chez Abdévame son ennemi , se liyrer à ses médepios ( i ) . San^he iat guéri. Ce trait singulier fait autant d'honneur aux sayans arabes qu'à la générosité du califie et à la confiance du roi chrétien.

Tel ^t rétat de Cordoue sous le rogne d'Abdérame III. Il occupa le trône plus de einquaute ans; l'on a pu yoir si oe fut ayec gloire. Mais rien ne prouyera peutnltre oombien ce prince était au-dessus des autres rois comme l'écrit que l'on trouya dans ses papiers après sa mort. Yoicl cet écrit tracé de sa main :

« Ginc^iante ans se, sont écoulés depuis que

(f) tfomma, FeiMm» ^Gaidbai, «le* Hittoif« (TEiqpagne.

« je suis calife. Richesses, honneurs, plaisirs, « j'ai joui de tout, j'ai tout épuisé. !>• rois K mes rivaux m'estiment, me redoutent et « m'enyient. Tout ce que les hommes désirent « m'a été prodigué par le ciel. Dans ce long « espace d'apparente félicité, j'ai calculé le u nomhre |de jours où je me suis trovyé heu- « reux : ce nomhre se monte à quatorze. Mor- « tels , appréciez la gr;andeur , le monde et la « vie! »

Ce monai^e eut pour successeur son fils aîné Ahoul-Ahhas el Hakkam , qui prit , ainsi que son père , le titre d'Emir al muménim = i. c. 961. H^g. 35o =.

Règne d'Hakkam II.

Le couronnement d'Hakkam se fit avec une grande pompe dans la yille de Zehra. Le nouyeau calife reçut le serment de fidélité des che& de la garde scjthe , corps d'étrangers redoutable et nombreux qu'Abdérame ayait créé. Les frères, les parens d'Hakkam, les yisirs/et leur ch.eiVhad\eb, les eunuques noirs et hlancs , les archers , les cuirassiers de la garde , jurèrent d'ohéir au monarque. Cette cérémonie fut terminée par les fiinéraiUes d'Ahdérame , dont on porta le corps à Cordoue ,^ dans le tombeau de ses aieux.

SUR LES MAUREa ^9

Hakkam , moins guerrier que son père , mais aussi sage, aussi habile, jouit de plus de tranquillité. Son règne ^t celui de la justice et de la paix. Les exploits , la vigilance d'Abdérame ,. ayaient éteint les révoltes. Les rois chrétiens , divisés entre eux , ne songèrent pas ï troublor les Maures. La trêve conclue avec la Castille et Léon ne ^t rompue qu une seule ibis. Le calife, qui commanda lui-même son armée, fit une campagne glorieuse, prit plusieurs villes aux Espagnols. Pendant le reste de son règne, Halkam s'appliqua tout entier à rendre ses sujets heureux, à cultiver les sciences , à rassembler dans son palais une immense quantité de livres, surtout à (aire respecter les lois. Ces lois étaient simples et peu nombreuses..

Lois et juistice des Maures.

Il ne parait pas que chez les Maures il y eût un code civil autre que le code religieux. La jurisprudence se réduisait à l'application des principes contenus dans l'Alcoran. Le calife , comme chef suprême de la religion , pouvait bien les interpréter , mais il n'eût osé les enfreindre. Tontes les semaines , au moins une fcii, dans une audience publique, il écoutait les plaintes de ses sujets , interrogeait les cou-

psUfts ) et', sms quitter son tribunal , Ui lûiftit aussitôt punir» Les gouyemenrs nomm^ pair lui dans les villes, dans les provinces, commandaient au militaire , percevaient les revenus publics-, administraient la. police, et répondaient des délits arrivés ôfims leurs gouvememens. Des hommes publia» « versés dans les lois , remplissaient les fonctions de notaires , dpnnaient une Ibrrae juridique ff«x actes qui assuraient les propriétés; et, lorsqu-il s élevait des procès, des magistrat! appelés cadis, respectés du peuple et du son* verain, pouvaient seuls en être les juges. Mais ces procès n'étaient jamais longs : les avocats, les procui*eurs étaient inconnus', point de à^ pens , point de chicane. Les parties plaidaient elles-mêmes, et les arrêts du cadi s'exécutaient sur-le-champ.

La jurisprudence criminelle n'était guèrs plmt compliquée : elle emplojraft presque toujours la peine du talion , ordonnée par le popbète. Les riches pouvaient, k la vérité, radiAter avec de l'argent le sang qu*ils avaient verte; mais il allait pour cela que le9 parenf du mort j consentissent : le calife Ini-méine n'aurait osé Umx refuser k tète de son fils con^ pable d'homioide , s'ils s'étaient #bstittéf à It demander.

SUR* L£B MAerR^St 6i

▲ntorité <k9 pères et^eâ ViéitIârcU.

Gé code si simple pouvait, ne pas suffire ; nais, la suprême autorité des pères sur les eufiins , des époux sur les épouses , suppléait aux lois qui manquaient. I^es. Arabes avaient conserva de leurs anciennes mçeurs patriarcales ce respect , cette soumission , cette obéissance passive de la famille, pour son chef. Chaque père , dans sa i9aison , ayait presque les droits du califjB ; il jugeait sans appel, les querelles entre ses femmes,. entre ses ûls; il punissait sévèrement les moindres fautes , et pouvait même punir de mort certains crimes. La vieillesse seule donnait cet empire. Un vieillard était un objet sacré. Sa présence arrêtait les désordres ; le jeune homme le plus fongueux baissait les jeux à. sa rencontre , écoutait patiemment ses leçons , et croyait voir uu magistrat à l'aspect d*une barbe blanche.

Cçtte puissance, des mœuçs , qui vaut piieux que. celle des lois, se. soutint. long-temps à Cordoue. Le sage ^al^kam ne l'affaiblit pas : on en jugera pa^» le wait suivant.

Urne fOxiTV^ ùsxnme dt^ Zébra plosséd^it un . p^^cbamp contigu aux jarâini^dii eallfe»

Oonsalve. t.* ^.

6i PRÉCIS HISTORIQUE

Hakkam 'voulut bâtir un payillon dans ce champ y et fit proposer à cette femme de l^lui vendre. Celle-ci refusa tontes les offres, en déclarant qu'elle ne renoncerait jamais à l'héritage de ses pères. Hakkam sans doute ne fut pas informé de la résistance de cette femme. L'intendant des jardins , en digne niinistre dnn roi despote , s'empara du champ par force , et le pavillon fiitbâti. La pauvre femme , au désespoir , courut à Cordoue raconter son malheur au cadi Béchir , et le consulter sur ce qu'elle devait faire. Le cadi pensa que le prince des crojans n'avait pas plus qu'un autre le droit de s'emparer du bien d'autrui; et il s'occupa des moyens de lui rappeler cette vérité, que les meilleurs princes peuvent oublier un moment.

Un jour qu'Hakkam , environné de sa cour, était allé dans le beau pavillon bâti sur le ter^ rain de la pauvre femme , on vit arriver le cadi Béchir monté sur son âne , portant dans ses mains un sac vide. Le calife étonné lui de* manda ce qu*ll voulait.. Prince des fidèles, répond Béchir, je viens te demander la permission de remplir ce sac de la terre que tu foules à présent à tes pieds. Hakkam j consent avec joie ; le cadi remplit son sac de terre. Quand il fiit plein, il le laisse debout, 8*ap^

oUR LES MAURES. G3

proche du calife ,. et le supplie de mettre le comble à sa bonté en l'aidant à charger ce sac sur son âne. Hakkam s'amuse de la proposition , l'accepte , et yient pour soulever le sac. Hais , pouvant à (peine le mouvoir , il le laisse tomber en riant , et se plaint -de son poids énorme» Prince des crojans , dit alors Béchir avec une imposante gravité, ce sac que tu trouves si lourd ne contient pourtant qu'une petite parcelle du champ usurpé par toi sur une de tes sujettes : comment soutiendras-tu le poids de ce champ , quand tv paraîtras devant le grand juge chargé de cette iniquité ? Hakkam, frappé de cette image, courut embrasser le cadi , le remercia , reconnut sa faute , et rendit sur l'heure à la pauvre femme le champ dont on l'avait dépouillée , en y joignant le don du pavillon et des richesses qu'il contenait.

Un despote capable d'une telle action ne le cède qu'au cadi qui le força de la faire.'

Hakkam mourut après quinze ans de règne = 1. c. P76. H^g. 366=. Son fils Haccham lui iaccéda.

Kègne d'Haccham II. Victoire d'AImanzor.

Ce prince était enfant quand il monta sur le trône. Son enfance dura toute sa vie. Pen-

0| PRÉCIS H£STORIi;>irC

dsnt et après sa minorité , «n Maure ocUiire^ Dommé MahoBiet Àlmanzor , Mrétii de Vlm^ portante charge à'habed, gouverkiaJl'État ayce gloire. Cet Almansor, tpd réimismt«a jgénb d'un homme d'État les takosd'aa^gnmdcuh pitaine , cet Almanzor , le plus redoutable , le plus fatal ennemi qu'eussent encore combatta lest^lhrétiens , régna pendant frin:g^3ix mss soi^ le nom de Tindoleiat Baeelunn. U {xortti ci»* quante-denx Ibis la guerre dans là Castîlle ùm les Asturiesfi^j. c.pss. ^^. w>7. h<%. a^^f. .3»7, 398s, prit eu «accageant les^les de -Barce* lone , de Léon , pénétra jusqu'à Gompostelle, détruisit ea fameuse église , dont il rapports les dépouilles k Gordoue , rendit -quelques momens aux Arahes leur première feroe., loaî ancienne énergie , et fit res|)ecter de toirti l^spagne le falhle calife son maître , qtfi pe» dantcetempss'endormait au milieu desfeoiiBief et des piaisirs 9. "^

Mais cet éclat lut le dernier dont briUa l'empire des Ommiades. Les rois de Léoti , de Navarre , et le comte de Gastille , se réunirent pour résister au redoutable Almanzor bï. c* 998. Hég. 389=. La bataille se donna non loin de Médina-Céli : elle ^t longue , sanglante et douteuse. Les Maures, effira^s de leur perte, prirent la £(iite après le combat. Almaasor, A

SUR tkS MAtJilES. %

t^tà eliiq^Âhté âûtii de Vfôtèifëé aVkfieilV^W txhAh 'qui! éi^t HiVhiréibfe .^tiibtit^ ^^cfèù-

libhmie périt id fottùnè B:es Atàbei. 6e|lûfè ce j6Ér, led Espagnols i'agi^anâii-èàt^tii' TèùH âéBris. '

.Troubles à Cordoue. Fin du. tlali!àt.

Les fils d*Almaiizory successlyemeat , rem* placèrent leur illustre père. En héritant de fa puissance , ils n'héritèrent pas de ses uden^. Les {actions se renouvelèrent. Un pso^nt <àn oalife prit ies armes et s*empara de la personne d'Haccham , qu'il n'osa pourtant immoler. Il t'enferma dans une prison , en répandant le hroit de sa mort =j*c. i,oo5. Hég. 3»$=.. Cet nouvelles parvinrent en Afrique. Un prinee ommiade aceourt avec des troupes ; spus pré^ texte ^e venger Haocham, Le comte de Cas* liUe s'unit avee ïxlL La guerre civile s'a^luaie dans Cordoue. Elle embrasa to«te l'Espagne ; et les princes chrétiens reprirent alors les villes qu'AlmanzoT leur avait ôtées» L'tmhé* ciie fiaccham , jouet de tous les partis ^ fût replacé sur le trône t et bientôt après foreé d jr renoncer pour échapper à la inovt. tlhe foula -4 de conjurés (i) furent tour à tour proclamée

,cali£e9^ et tour à tour déposés, empoisonnés ou égorgés. Un dernier rejeton de la race des OÎnmiades/'Almundir, osa revendiquer ses drçits au milieu des troubles et des combats. Ses amis lui représentèrent les périls qu'il allait courir. Que je règne un jour , leur répondit-il , et que le lendemain j'expire , je ne me plaindrai point de mon sort. Ses désirs ne 'lurent pas accomplis : il fut massacré sans "être calife. D'autres usurpateurs se succédèi-ènt et ne régnèrent que peu de mOtn'ens. Jalmar b'en - Mohammed fiit le dernier =j. C 1027. nêg. 419=. En lui finit l'empiré des califes d'Occident , que la djnastie des Ommiàdçs avait occupé pendant trois siècles. 'Avec ces princes s'anéantirent la force et la gloire de Gordoue. Les gouveriieurà des différentes Villes sujettes à cette cité profitèrent de ces temps d'anàrclïlè pour s'ériger en souverains. Cordôùe ne ftit même pl^us la capitale d'un royaume ; elle conserva seulement la suprématie t-éligieuse qu*elle devait à sa mosquée. 'Affariblis par leurs divisions , les Maures, sbumis & tant de monarques , ne purent résister ^nx Espagnols. Cette troisième époque de leur

'hiTOiife h'offirira'qùeieur décadence.

MB» Jahi^.HaochamËn, A|dbauned j Abdérane Y, Jahiah Q4 Haccham lY , Jalmar ben-Mohanuned.

TROISIÈME ÉPOQUE

LES JPBDCIPAUX BOTAimXS ÉLEVÉS SUB UE8 MTUIEfl

DU câufat;

Depuis le commençaient du onzième siècle jus» {ju'au milieu du treizième.

Uks le commencement du onzième siècle, loTsqne le trône de Gordoue était chaque jour teint dn sang* d'un nouvel usurpateur, les gouremeurs des principales villes , comme nous Tavons déjà dit , s'étaient arrogé le titre de rois. Tolède , Saragosse , Séville , Valence , Lisbonne , Hnesca , plusieurs autres places moins considérables , eurent leurs souverains particuliers. L'histoire de ces nombreux monax(£Qes serait presque aussi fatigante pour le lecteur que pour l'écrivain : elle ne présent© pendant deux cents ans que des massacres continuels , des forteresses prises , reprises , des j^iUsiçes , des séditions , quelques exploits et beaucoup de crimes. Je passerai rapidement sur ces deux si^les de malheurs , en mécontentant d'indiquer la fin de ces petites monarchies

6d PRECIS ÏIISTOItlQVB

Eut de l'Ef pagne daétiennc.

L'Espagne chrétienne, dans le même tempt, nous offre à peu près les mêmes tableaux. L«t rois de Léon , de Nayarre , de Cas tille , d'Ara^;tm, prescpie touà parens, et ^nelqvefoil frères f ne s*en égorgetit paft moins entre eux. La différence des religions ne les empêche pat de s'unir aux Maures pour accabler d*autrei Chrétiens ou d'autres Maures leurs ennemis. Ainsi, dans une bataille que te livrent lei Musulmans, on troure parmi les Maures un comte d'Urgel e| trois éyêques de Catalogne '. Ainsi le roi de Léon, Alphonse Y , donne sa sœur Thérèse en mariage au roi de Tolède , Abdalla , pour s'en faire un allii contre la Castille :=j. c. loio etsair. s. Les fils ide Sanche le Grand s'arrachent à main armée l'héritage que leur père leur avait assigné SI. 0.1014 = ; let enfans du fameux Ferdi* aand (i) sont dépouillés par leur frère Sanche «j, o. 1970=; un autre Sanche (3), ;roi de Na** varre , est assassiné par le sien=j. 0.1076=.. Ches les Chrétiens , comme chez les Maures , let crimes te multiplient, les guerres civiles,

fl) Féfdinand I de Castille.

(2} Sanche lY de Navarre.

étvttogères, doiaeftd(^ë»,iibéchiréxit & h. foii l'Espagne; et lès peiipfer, fotijdtxi^s -ittalhearem y pticiit de }eé.p biens , deledr'tatag, tes ibrâits^ leurs sotÉyëràins.

Rojamne de Tolède. ^ fin.

Dans cette longue stdte d'éY^emétiafâépIoi. rtbtes , otk edme -à voir un rôi de Tolède . nOBimé Ahnamon , tin roi de Sévillë , hoinmé Bénâbad , donner tin asile dans leur^'ùr, Ttin SA {eune Alphonse, roi de Léon, Taùtte k Vinfortune t>arcie , roi de Galice , tons deat* chassés de ienrs Etats par leur frère Sanche de CastiUe sj. e. 107 1 et suiv. n^g. 465 et luîV. h, San* ehe poursuivait ses frères comme ses plut eruek ennemis ; et les mouarques maures, en- MSiûs naturels de tous les Chrétiens, Reçurent ees deuiL prinees comine ides frères. Almambn •ottout prodt j^a les soins lés pliis tèndifes au ibalheureux. Alphonse : il s'occupa de lui prO« fjliret à Tolèâe toils lès plaisirs qui pouyaiétit le dilUsèler de la perte de son trÔne ; il lui doîtÀà des revenus , le traita comme un fîlft chéri. Bientôt la mort du barbare Sanchè rendit Alphonse héritier de Léon et de la Castille sj.o* 107a. B^g. 466s : le généreux Aima* m&n , (fn tenait alors dans ses maint lé roi d« M cftnetMi « Vaccottpai^t {uttjù*^ la fro»-

jo PRÉCIS HISTORIQUE

tièi^e , le combla de présens , de caresses , lai offrit ses troupes et ses trésors. Tant que cet Âlmamon yécut , Alphonse lY n'oublia point ses bienfaits ; il conserva la paix avec lui , le secourut contre le roi de Séville , et traita de même son fils Haccham, successeur du bon Âlmamon. Mais , après un règne assez court , Ilaccham laissa le trône de Tolède à son jeune frère Jahiah. Ce prince mécontenta les Chrétiens , .qui étaient en grand nombre dans sa ville : ils prièrent en secret Alphonse de venir tittaquer Jahiab. Le souvenir d' Almamon Gt long-temps hésiter Alphonse. La reconnaissance lui défendait d'écouter les conseils de l'ambition : la reconnaissance fut la plus faible. Alphonse vint camper devant Tolède. Après un siège long et célèbre , où s'empressèrent d'accourir plusieurs guerriers navarrois et français, Tolède euân capitula =j.c. io85=. Le vainqueur permit au fils d'Almamon d'aller régner à Valence : il s'engagea par serment à conserver aux Maures leurs mosquées , et ne put empêcher les Chrétiens de violer bientôt cette promesse.

Succès des Chrétiens. Le Cid.

Telle fut la fin du rojaume et des rois mau^ res de Tolède- Cette ancienne capitale des

Gothsappartenait aux Arabes depuis trois cent soixante -douze ans. Plusieurs autres villes , moins puissantes, ne tardèrent pas à subir le joug. Les lois d'Aragon, de Navarre, les comtes de Barcelone harcelaient , assiégeaient sans cesse les petits princes musulmans restés dans le nord de l'Espagne. Les rois de Castille f t de Léon occupaient assez ceux du midi pour les empêcher de secourir leurs frères. Le Cid ' snrtout , le fameux Cid , suivi d'une troupe invincible , que sa gloire seule avait rassemblée , courait , volait dans les Espagnes , faisant triompher les Chrétiens, combattant mèms ponr lesMauresquand lesMaures se déchiraient ' entre eux , et portant toujours la victoire dans le parti qxi*il daignait choisir. Ce héros , le plus < estimable peut-être de tous ceux que Thistoire a célébrés, puisque sa grande âme fut toujours pure , puisqu'à ses talens guerriers il sut réunit le» vertus morales ; ce simple chevalier castillan, à qoi son nom seul donna des amées , le vit le maître de plusieurs villes , aida le roi d'Aragfon à s'emparer d'Hucsca , et conquit ieid avec ses hommes d'armes le ro^^aum^-de ' Valence sj. c. 1094. nig. 487.» Aussi «puissant < ^oe son souverain , dont il eut souvent à se plaindre , envié , persécuté par des courtisans jaloux , il n'oabHa jamais un moment ^vi'il

f% PRÉCIS flISTORIQ1?ji

étM% sujet. 4^ roi 4e Castille. Exilé, baai»i:^ •a cour et même de ses Etats , il allait, avec st^. brayef copipagiiQns , attaquer , vaincre les BCa.ure$, etil envoyait. les yaificus rendre hommage au roi qui layait banni. Rappelé bientôt près d'Alphonse par le besoin qu oi^ avait d^ son bras , le Gtd quittsdt ses conquête^ » et^ 6^^ • demande^ de réparations^^ revenait défendre ses persécuteurs : toujours, prêt , dans sa djs^ grâce, à tout oublier pour son roi; toujpi:|iî|: prêt , d^ft sa fayeur , à lui déplaire pp^r In^ vérité. * ,

Taa^ que' le Gid put comb^tti^;, les .Ghi^, tiens eurent lavautage ; m»U peu d'année* avant s^ mort, wrivée eu 1099, l^s Manrei. d'Andalousie changèrent de maître , et ^^mîh^ . re»t pour .quelques, instans plus rcdoutftbieS' que juiiais«

Royaume de Sëville.

Depoit U-cb*M;«, d^ Tol«4e;, SévUle A'çtwL. élovée» lies. spuveravns 4e. cette ville, povMs-. sevrs dei'ancieiuBteXordouie, Tétaient eacert dei'J^truiadunp «tjd/uoe partie du P^ftugai, BéAabadi, roidt Sévil^e, et l'un, des .meiUettiH priaoM>d«xa«îèole , était alprs le seuleiui«m« qui pâtitaquiét^la Ga»tiUe«,Alii^09te Ylli ▼onUit êlMmmfritïjc^JliBwe paJAs^c t il/ lui;,

SVB, h&S ilIAURfiS. ^I

iemaoaâA sa fille en mariage , Tobtint^ et veçv^ plusieurs places pour sa dot. Cet hjmen ei^tra-: or4i9airey qui semblait assurer la paix entre Us deux nations , deyint la cause ou le pré^ tsxt^ de nouveaux combats.

Les Almoravîdes rouent en Airl(|ue.

L'Afrique , apr^ avoir été démembrée du Tlste empire des cali&s d'Orient par les eali^ Cm fktimites; après avoir, pendant trois siècles dir menés civHes, appartenu successivement k £• vaioqneors plus fllroces , plus sang^i*) ■atres que les lions de ses déserts ^, FAfriqtie venah* tfte'e asservie par la famille dès Almoravides , tribu puissante , originaire de TE' gjpte.'^Peseph Ben-Tessefin , second prince de cette djnastie , venait de fonder l'empire et la ville de Maroc. Doué de quelques talens pour la guerre , orgueilleux de| sa puissance , et brûlant de Vangmenter, Jose^iili regardait d*un œil d*cnvie les beaux climats de l'Espagne conquis autrefois par les Africains.

CoB^oéles 'des AkooimdflS en B8pii|{B&

Quelques historiens prétendent que le roi de Castille , Alphonse V I , et ^on beau-père Bcnabad , roi de Séville , ajant formé le pro[e^

Ooosalve. t* 7 '

de 5e partager l'Espagne entière, firent la faute capitale d'appeler les Maures d'Afrique pour les aider dans ce grand projet. D'autres tuteurs , appujés sur des raisons plus plausibles, disent que les petits rois musulmans , roisint ou tributaires de Bénabad , justement alarmés de son alliance ayec un Cbrétien , sollicitèrent i'appui de rÀlmorayide. Quoi qu'il en soit, l'ambitieux Joseph saisit cette heureuse occa< sion : il passa la mer avec une armée , vint attaquer aussitôt Alphonse , et le vainquit dans une bataille =j. c. 1097. Hig. 4pQ=. De là, tour* nant ses armes contre Bénabad , Joseph prif Cordoue , assiégea Séyille , et se pc«parait à donner l'assaut, lorsque le vertueux Bénabad, sacrifiant sa couronne , et même sa liberté , pour sauver ses sujets des horreurs du pillage , vint •e remettre avec sa famille , composée de cent enfans , à la discrétion de TAlmoravide. Ce barbare eut l'atrocité de le faire charger-de chaînes , et^ redoutant jusqu'aux vertus qui rendaient ce bon roi si cher à son peuple , i^ l'envoya finir ses jours dans une prison d'A' frique , où ses fiUes étaient obligées de^travaiK l^r de leurs mains pour nourrir leur père et leurs frères. L'infortuné Bénabad vécut six aof dans cette prison , ne regrettant le trône que pour son peuple ,* ne supportant la vie que

|k>âr ses enfans , et composant , dans ses long» loifirs , des poéàies qu'on a conservées , où il console ses filles , où il rappelle sa grandeur passée, et se donne en exemple aux rois qui osent compter sur la fortune (i).

Des princes français YÎennent en Espagne.

Joseph , maître de Séville et de Cordoue,ne tarda pas k soumettre les autres petits États musulmans. Les Maures, réunis sous un seul monarque aussi puissant que Joseph, mena-' çaient de redevenir ce qu'ils avaient été sous leurs califes. Les princes espagnols le sentirent , et, suspendant leurs querelles particulières, ils se joignirent avec Alphonse pour résister aux Africains. C'était le temps où le fanatisme de la religion et de la gloire faisait tout quitter aux guerriers deTEuropa pour aller combattre les infidèles. Raimond de Bourgogne et son parent Henri , tous deuji^ princes du. sang dé France, Raimond de Saint- Gilles, comte de Toulouse, d'autres chevaliers leurs vassaux, franchirent les Pyrénées , et vinrent se ranger sous les drapeaux du roi de Gastille. Joseph frit forcé de friir, et repassa bientôt la mer. Le reconnaissant Alphonse donna ses filles pour récompense aux Français qui l'avaient

(1) GaidoBDt| BistoioB d^Afrique.

gNionni. L*ainé6 Umcpe épousa Raittond è$ Bourgogne , €t en eut um filf qni depuis hétita de la Gastille. Thérèse 'dcnut femme ddRvari^ en lui apportant pour dot les terres ^*il arait conquises et qu*il pourrait conquérir «n Por*. tugal : ce fiit là l'origine de ce rojaume. Elyire fîit donnée à Raimond, comte de Toulouse, qui remmena dans la Terre Sainte, où sa yaleur fonda des États.

Fin du royaume de Soragosse. Fondatiott Hu ro jaomt de Portugal.

Excités par ces exemples , d'autres Françali vinrent peu après aider le roi d*Aragon , Alphonse le Batailleur , à se rendre maître de Saragosse , et à détruire pour toujours cet ancien rojaume des Maures s j. c. 1 1 18. hc§. Sis s •Le fils de Henri dTBourgogne, Alphonse I| roi de Portugal , prince renommé par sa yaleuTy profita d'une flotte d'Anglais , de Flamands et de Germains , qui allaient à la^ Terre Saints pour mettre le siège; deyant Lislxmnesj.c. 1 147' Hég. 544. =. Il emporta d'assaut cette forte place » dont il fit la capitale de son nouyeau rojaume. Pendant ce temps les rois de Gastille et de Navarre étendaient leurs conquêtes dans l'An* dalousie ^ les Maures étaient partout battus » laurt villea se iradaient do touiet part» f ê$9ê

80B LBSMA|TREfl ^7

çte 1m ÂlmoTftvidei fincat de grtsdi «fforts p«Br 1m fccoinrir* Cm pmioM étalent alort Qmaj4» âm» leurs fejen à cosnbattre de bou« VMnzgectaiTes , dent le chef^nomnéToinrat^ M«f puétexte de nmener les peuples k U doe« tnne pm* de Mahomet , se tirajait nn chemin an ti^ne , et finit , après bien des combats, pav ea chasser les AlmorarldM. Maîtres de Maroe et de Fea , 1m yalnqnenrs , «elon l'usage d'Afri^e , exterminèrent la race entière des vaincus , et fondèrent nne notiyelle djnàstie ^ connue sons le nom des Almohadesai. c. j i4p. ■<ç. 544=.

Etat des beaux-arts chez les Maures. Abcnzoar. Averroès.

An milieu de ces diyisions , de ces guerres ^ de CM combats „ les beaui-arts se cultiyaient tacove à Gordouc. lis n'étaient plna> dana setu TiUe déchue , ce qu'ils ayaient été sona les Abdérames : mais 1m écoles de philosophie , de poésie , de médecine , subsistaient toujours | et CM écolM, dans le douzième siècle , produis •îrant plnstenrs hommes cél^>rM , panni les* quels se distinguèrent le seyant Abenzoar et le fcoiBUJi Averroès. Le premier, égatoMnt ha- Me dana la médeoine , dans la pharmacie . étm» lachinirgie , vëcut^ dit-on^ ceci «r«aM«

78 PBÊCIS aiSTORI\)ÛE

cinq ans, et nonB a l«ûs»édes ouyrages estimes. Le second , médecin comme lui , mai» de pktf philosophe , poëte , jurisconsulte , «ommentateur , s'acquit une grande réputation que lei siècles ont confirmée. Le partage qu'il fit de sa vie donne à réfléchir à l'esprit : dans- sa ien* nesse » il aima tous les plaisirset fiit passionné pour la poésie : dans l'âge mùr , il brûla lef vers qu'il avait fints , étudia la législation , tt remplit la charge de juge : deyenu plus vieuxi il quitta cette pl&ee pour se livrer à la tnéde- , cine , dans laquelle il obtint de très grands succès : enfin la philosophie remplaça senls ses premiers goûts et l'occupa tout entier jas^ qu'à la fin de ses jours. Averroès fiit le premier qui répandit chez les Maures le goût de la litté^ rature grecque : il traduisît en arabe et commenta les œuvres d* Aristote ; il écrivit plusienrf autres livres de philosophie , de médecine , et jouit de la double gloire d éclairer les hommes et de les servir. 4 '•

Divisions parmi les Chrétiens et parmi les Maures. .

Tant que l'Afrique , déchirée par la longue guerre des AlmoravideS et des Almohades^ ne put s'opposer aux progrès ■ des Espagnols , ceux-ci , profitant de. ces troubles , étendirent leurs conquêtes dans l'Andalousie. Si leur»^

fnnetê , mcMiis désmiM , avaient agi de conbeh , \ U» Mfaient paryenus , dèa cette époque , à dutfeer les Moaiiliiians de tonte TEspagne : Mais ces princes , toujours diyisés, avaient à peine gagné quelques yiUes, qu^ls se ies disputaient entre eux. Le nouTeaù royanme de Portugal , conquis par la yaleur d'Alphonse , fut bientôt en guerre avec celui de Léon = j. c. i i 7 8 et saW. =. L' Aragon et la Castilie, après des querelles sanglantes , se liguèrent contre la 19 ayaire^ SancKe VIII , roi de ce petit l^at , fut iforcé d'atier en- Afrique implorer le secours def^Aimoliades-, qui , récenmient- établis sur le trône de Maroc ^ avaient ^eore Ji dissiper les testes du parti des- AI moravides, et ne pouvaient , malgré leur envie , faire valoir leurs droits sur l'Espagne. Cependant deux rois alaohades , nonunés tous les deux Jacob , passèrent plusieurs fois la mer avec de fortes arméess j* c. 1 1 84. »ég. 58o s. L'un , battu par les Portugais , ne survécut pas à sa défaite ; l'autre , vainqueur des Castillans , accepta bientôt une trève/et se hAta de retourner à Maroc, «où de nouveaux troubles le rappelaientsj.c. xipïT.! t B^. 591 s. Ces inutiles victoires, ces efibats mal ^ soutenus , n'accablaient ni les Musulmans nt les Chrétiens : des deux côtés, les vaincus renJ traient bientôt en campagne, lestràitésé^aiénC

iir P BiÈCà a HtSTOm tifOM

ovl^iei ; et liB»nMBasq[«ci ds HaroA > qo^^ii* ngardét cornait souTeraîns de rAndàiovvic ^ n'ayuent pourtmt dani ce pays qa'vne avito* rite précaire , toujours oonteatée dès qu'ils étaient éloi^és , toajdtirs reconnue dès que ^ bes6in forçait les Maures andaions de recou^ rir à leur protection.

Les Africains viennent attaquer l'Espagne.

< Enfin Mahomet ei Nazir , le qnatriètt« prince de h djnastie des Almohades ^ que le» Espagnols appellent /« Vert, de la couleur de sou turban , se voyant possesseur paisible âm l'empire des Maures en Afrique , résout de riiH sembler toutes ses forces , de les porter en Ea^ pagne, et d'j renouveler l'aubienne oonquél» de Tarik et de Moussas j. c xaii. Hé«v«o8=. Là gperre sainte est proclamée : une foule inndmbrable de guerriers rendus sons les enseigiM* de Mahomet , part arec lui des rives d'Afrique , arrive en Andalousie.. Là, leur nombre esv presque doublé par les Mauves esplignols , ^te» la haine du nom chrétien ^ le soiureuir de takil d'injures, êmt acèoucir auprès de leurs frèresM Mahomet , plein de confiance , lent annonce une victoire sûre, leur promet de les «endr» maîtres é» tous les pajs qu'ils po»édalea£ îkdcif.et/ brillant d en venir aux Mlîsm » il

SVR LES MAURES. 8l

Varanoe vers la Caatille à la t^te de cette formidable année , qui , au rapport des historiens , jpassait six cent mille soldats.

léC roi de Castille , Alphonse le Noble , averti des préparati&de Tempereur de Maroc , ayaît impldré les secours des princes chrétiens de l'Europe. Le pape Innocent 111 publia la croisade, prodigua les indulgences; et Rodrigue , archeyéque de 'Tolède , qui lui-même avait hâx le TOjage de Rome ]^our solliciter le •ouyerain pontife, en repassant par la France , prêcha les peuples sur sa route , et engagea plusieurs chevaliers à venir combattre les Musulmans. Le rendez-vous général fut à Tolède, ou l'on vit arriver bientôt plus de soixante mille croisés d'Italie , et surtout de France , qui ne joignirent aux Castillans =s7. c. laïa. aég. 0«9=. Le roi d'Aragon, pierre I]\ le même qoi périt depuis dans la guerre des Albigeois , amena sa vaillante armée. Sanche YIIl , roi de Havarre , ne tarda pas à paraître avec seà braves Navarrois. Les Portugais , qui venaient de perdre leur piince , envoj^ent leurs ineilleurs gaerriert. Tonte l'Espagne enfin prit les armes : il s*agîssait de sa destinée ; jamais , depuis le roi Rodrigue , les Chrétiens ne s'étaient trofivéi àtmê un «ntsl pressaîit danger.

6s ?RÉGia HISXOIllQUB

Bataille de Tolon.

Ce fîit au pied des montages appelées Im Sierra Morenajt dans, un lieu nonuaé las navoê de Toloza, que les trois pdnces espagnols se rencontrèrent avec les Maures. Mahomet s'était rendu maître des gorges par où les Chrétien» devaient passer. Son dessein était , ou de les forcer de retourner en arrière , ce qui les exposait à manquer de vivres, ou de les écraser dans ce passage,, s'ils avaient l'audace de s'y présenter. Les rois , embarrassés , tinrent conseil. Alphonse voulait combattre ; Pierre et Sanche étaient d'avis de se retirer. Un berger vint leur indiquer un défilé qu'il connaissait. Ce fut le salut de l'armée. Ce berger guida les rois i et , par des sentiers dil&ciles ,. à travers les rocs , les torrens , les Espagnols gravirent enfin jusqu'à la cime des monts. Là, se moptrant tout à coup aux jeux des Maures étonnés ,. ils se préparèrent pendant deux jours au combat par la prière, par la confession et la communion. Les rois leur donnèrent l'exemple de cette ferveur. Les prélats ,. les ecclésiastiques , qui étaient en grand npmbre dans le camp , après avoir absous ces pieux guerriers , se disposèrent & les suivre au plus fort de la mêlée.

SUR LES MAURES. è)

Le troisième jour, 1 6 juillet de l'année l 12 , Tannée se mit eikbataille , diyisée en trois corps de troupes, commandés chacun par un roi. Alphonse et ses Castillans étaient au centre avec les cheyaliers de Saint-Jacques et de Calatrava , ordres nouTellement institués. Rodrigue , archeyècpie de Tolède, témoin oculaire et historien de cette grande journée , était à côté du roi , précédé d une grande croix , principale enseigne de Tarmée. Sanche et ses Nayarrois formaient la droite. Pierre et ses Aragonais tenaient la gauche. Les croisés français , réduits à un petit nombre par la désertion d© leurs compagnons , qui n'ayaient pu soutenir la brûlante chaleur du climat , marchaient à la tére des troupes sous la conduite d'Amauld, ar-\ cheyéque de Narbonne, et de Thibaut Blazon, seigneur poiteyin. Ainsi rangés, les Chrétiens descendirent yers le yallon qui les séparait de leurs ennemis.

Les Maures, sans aucun ordre, suiyant leur antique usage, déployèrent de toutes parts leurs innombrables soldats. Cent mille hommes d'une excellente cayalerie faisaient leur principale force : le reste était un ramas de fantassins mal armés et peu aguerris. Mahomet , placé sur une colline d'où il dominait toute son armée , s'était enyironné d'une palissade

f4 PRÊÇ1$ Hl£iTi)fl|4}QB

focBifB par des chaînes de £er , et garïiée par rélit^ de se« cavaliers à pied. Debout, au mi* lieu de cette enceinte , TAIcoran d'une maio , k sabre de lautre , il était en spectacle à tpatep i«s troupes, et ses plus brayes escadrons preii^ s^ijent la colline des quatre càtés.

Lee Gastillau» dirigèrent leurs ^premieri •forts Ters cette hauteur. Ils enfoncèrent d'abord les Maures ; nuis , repousses à leur tour, iU reculaient en désordre , et commençaient à tourner le dos. Alphonse , courantçi et là pour U^S rallier , disait à rarcheyéqne de Tolède , (pii l'accompagnait partout , précédé de sa grande croix : Jrchevêtjue, eest ici quU faut mourir^ -i- Nwi, sire, répondait le prélat, c'est ici quii 'piHt vifrt et vaincre.! Dans ce moment, le braye chanoine qui portait la croix se jette ayec elle au milieu des Musulmans ; l'archeyêque et le roi le suivent ; les Castillans se précipitent pour sauver leur prince et leur étendard» jLet rois d'Aragon et de Navarre , déjà vainqueurs à leurs ailes , viennent se réunir contre la coU line. Les Maures sont partout attaqués : ils 'réaistent i les Chrétiens les pressent. L*Aragonais „leNavarrois,le Castillan , veulent s'effacer mutoellement. Le brave roi de Navarre se &it jour , arrive à l'enceinte , frappe et brise let «haines de fer dont le roi maure éuit entouré. ^

StTR LE^ MAURES. m

■a^OBMt ftioTS pteii4 la ftiîte. Sei gaerwitn, mè h vojant j^s , perdent le couiage et Ve»^ peir. Tout plie , tout fuit deyant les Ghrétie«« | éts milliers de Musulmans tombent sous leuri coups ; et rarchevê<|ue de Tolède , aree les autres prélatê^ enrironaant les rois Tain^ coeurs y ohante le Te Deum, sur le ekamp de l^taille (i).

TaetMfae d«s Maures.

Ainsi fut gagnée la fameuse bataillé de To* loza , SUT laquelle je suis entré dans quelques idétails , k cause de son importance , et pout fiure juger de la tactique des Maures, qui n'en connaissaient pas d'autre (|ue de se mêler avec l'ennemi , d'j combattre chacun pour son compte, jusqu'à ce que les plus forts ou leS plus brayes restassent maîtres du terrain. Les Espagnols n'en oayaient guère davantage , maik leur infanterie , du moins , pouvait attaquer et résister en masse , tandis que celle des MusuK mans n'était presque comptée pour rien. Leûr's cavaliers, au contraire^ choisis dans les priii-

(i) Roderid Tolètani de Rébus Bispan!», 1^. Tin, cap. 9 «t !• ; Mariana , Hist. de E«p. lib. XII, cap. 34 9 Garibiâ, del Compend. lib. XII, cap. 33 ; €aid0ime, Hist d'Afrique, livre lY \ Ferrera», HiH. 4^. part. Yl, p. 3S, efc.

«oasalr*. ■•• B

H PRÉCIS HISTOKljQUfi " '

cipale» Êimilles , montés sur des ^cberanic excellens , exercés dès 1 enfance: à les manier , s'élançaient plus yite que l'éclair , frappaient arec le saï>re ou la lance, fujaient avec la même yitesse , et , se retournant tout à coup , ramenaient souvent la- yictoire. Les Chrétiens^ oouyerts de fer , avaient de Tayantage sur ces cavaliers, qui garantissaient seulement leur poitrine par un plastron , et leur tête par une plaque d'acier. Les fantassins étaient presque nus , armés d une mauvaise pique. On juge aisément que, dans des mêlées, surtout dans une déroute, il en devait périr un grand nombre; ce qui rend moins invraisemblables les exagérations des historiens. Ils assurent, par exemple, qu'àToloza les Chrétiens tuèrent deux cent mille Maures , et ne perdirent que cent quinze guerriers. En réduisant à leur valeur ces assertions , il demeure certain que les Musulmans firent une perte immense , et que cette importai\te journée, qu*on célèbre encore tous les ans à Tolède par une fête solennelle, ôta pour long-temps aux rois de Maroc l'espoir de soumettre les Espagnols.

Mahomet retourne en Afrique.

La yictoire de Toloza eut des suites pins funestes pour le malheureux Mahomet que

pour les Maures d'Andalousie. Ceux-ci , retirés dans leui-s yiiies , fortifiés par les débris de l'année des Africains, résistèrent aux rois espagnols y qui ne leur prirent que peu de places , et ne tardèrent pas à se séparer. Mahomet, méprisé de ses sujets depuis sa défaite , trahi Ipar ses plus proches parens , perdit tout pou- IToir en Espagne, et^rit les principaux des IMaures former dé uouTeau de petits Ëtaits ffVL'ûs déclarèrent indépendans. L'infortuné iroi de Maroc , forcé de retourner en Afrique , l^r mourut bientôt de chagrin = j. c. x!»i6 Héç, Cio=. Arec lui périt la fortune des Almohades. Les princes de cette maison , qui succédèrent rapidement à Mahomet , vécurent au milieu des troubles, et frirent enfin précipités du trône. L'empire de Maroc se divisa : trois dynasties nouTelles s'établirent k Fez, à Tunis, ^ Tremecen; et ces trois puissances rivales. mulûpUèrent les combats , les crimes ,les aU'O^ cités, qui seuls composent l'histoire d'Afrique.

Pajs possédés par les Maures.

Pendant ce temps , quelques disseiMions éleréet en Gastille , et la part que prit l'Aragon k la gnevre de» Albigeois en France , lassèrent vetpîrer les Maures.; Ils étaiettt enoore les OM&tïM de» TOjanmes de JValcnoe , de Marote ,

68 PK£CIS HISTOaiffUE

de Gienade, d'Aadalottsie , d'une pârtM 'in Alganrea et des iles Baléares , jusqu'à c« moment peu connues des Chrétiens du centinent. Ces £tats étaient diriséa entre plusieurs aouT«rains. Le principal était Benhoud , prince ha» bile et grand capitaine , issu des anciens mù* « narquei de Saragosae , et dont les talens ,' la râleur , araient soumia à sa puissance presque tout le midi oriental de l'Espagne. Après lui , les plus redoutables étaient les rois de SéTÎlle et de Valence. Le barbare qui régnait à Mtrjorque n'était qu'un chef de pirates » inoona-» mode aux seuls Catalans.

S. Ferdinanid et Jacques L

Tel était l'état de l'Espagne maure , loraqu* deux (aunes héros , parrenus à peu près en même temps aux deux premières couronnet îdet Chréttena, après aroir pacifié les troubles élerés pendant leur minorité , tournèrent toutes leurs Ibrcéh contre les Musulmant m 3, c. it>u4. B^g* 0ai = ,'et, toujours émules de gloire sans être jamais rivaux d'intérêt , consaorèrent leur TÎe à combattit , à Taînore » à chasser ces étemels ennemis. L'un de eei princes eet Jacques I*', roi d*Aragon, fib 4^ Piene^ tué è Mmpet , et qui réanissAit an emm* rage, à la grâMt è l'actirUé dâaon pérai gfaM

f ITR LBS-lf AlJRES. $j

île tà|eli9 -et plus de boaheur : l'antre était F^inand III , roi de CastUle , et de Léon , monarque sage , vaillant , habile , qne l'église t mis au nombre des saints, qne Tbistoire compte au rang des grands bommes.

Ferdinand porta le premier ses armes en Andalousie. €e roi , neyeu de Blanche de CastiUe , reine de France , cousin geraiain de saint Louis ^ , et si ressemblant au héros français par sa piété , par sa valeur , par les bonnes Ion qu'il fit pour son peuple , entra sur les terres des Musulmans , reçut i'boQimage de plusieurs de leurs prinoes , qui vinrent se re^ connaître ses vassaux, et $ empara d'un grand nombre de places , entre autres de celle d'Alhambra , dont les habitans effirajés se reti^ rèreat à Grenade, et se fixèrent dans un quartier de cette villô , qui prit le nom , célèbre depuis , de leur ancienne patrie.

Conquête des ûes Baléares.

D un autre côté , Jacques d'Aragon s'em- 2>arqnait avec une armée , pour aller conquérir les Ues Baléares. Contrarié par les vents , il s**aborde pas moins îi Majorque; il défait les Maures sur le rivage, marehe vers leur capitale , l'assiège ; et montant le premier à l'às- <ani, ce toi c^^evalier, qui dans les périls

go PRÉCIS HISTORIQUE

précéda toujours ses plus braves cbe£i, ses plus téméraires soldats , s empare de cette forte place , en chasse le roi musulman , et soumet à jamais à TAragon cette nouvelle couronne =j. c. miO. Hég. 637=.

Les AragODÛs attaquent Valence.

Jacques méditait dès long-temps one con« quête plus importante. Valence , après la mort du Cid , était retombée au pouvoir des Maures. Ce rojaume, si beau, si fertile, où la nature semble se plaire à couvrir de fruits et de fleurs une terre que les hommes ont arrosée de sang, appartenait alors à Zeith , frère de Mahomet TAlmohade, vaincu par les Chrétiens àToloza. Une puissante faction , ennemie de ce Zeith , voulut placer sur le trône un prince nommé Zéan. Les deux compétiteurs se firent la guerre. Jacques prit le parti du plus faible. Sous prétexte de marcher au secours de Zeith , le roi d'Aragon pénétra dans le rojaume de Valence , battit plusieurs fois Zéan , s'empara de ses places fortes; et, profitant de ses avantages avec cette active intrépidité qui rendait Jacques si redoutable, il resserra de toutes parts la capitale de son ennemi cj. c. ia}4. H 35. 03 a =.

SUR tES MAURES. gt

Sié^ (le Gordoue.

£éaii , pressé par rAragonais , implora le teeours âte'Benhoud , le plus puissant des rois de rAndalousie. Mais Benhoud était occupé de résister à Ferdinand : les Castillans , sous la conduite de ce Taillant prince , ayaicnt fait de nouTeaux progrès , s étaient rendus maîtres d*un grand nombre de villes , et Tenaient enfin de mettre le siège deyant ranti<{ue Cordoue. Benboudsouyent battu , mais toujours craint , tofijours adoré d'un peuple qui le regardait comme son dernier appui , Benhoud avait refiut une armée ; et , pressé par on désir égal de seconrir Cordone et Valence j il allait mar^ cber contre TAragonais , qu'il erojait le plus îààle k vaincre , lorsqu'un de ses lieutenans le fit périr en trahison , et délivra les rois espagnols du seul homtne capable de les arrèfev.

Prise de Coidoue.

Xa mort de Benhoud ôta le courage et IVspoir aux habitans de Cordoue , Jqui jusque-là s'étaient défendus avec autant de constance que de valeur =1. c. iu36. B«g. 634= : ils demandèrent à capituler. Les ciiréticns usèrent Purement de la TÎctoirc , jte laissèrent que la

9^ PRÉCIS HreTORlÇtJE

rie aux malheureux Musulmans ayeo la libacté de &ir. Une innombrable quantité de Êunille^ dépouillées de leurs biens sortit en pleiïrant de cette superrbe ville , qui depuis cinq eeat Tingthdeux ans avait été le siège |niacipal de leur gruideur , de leur magnifieetice , de leur religion et de leurs beaux-arts. Ces inlbvtttnés , en fdjant, tournaient leurs jeux areo décèspoir Ters ces édifices , ces temples, ces magnifiques jardins embellis par cinq liècles de dé- ^nses et de trayaux. Les soldats qu'ils j laissi^ent , loin d'en connaître lé prix^ aimaient mieux les détruire que les habiter; et Ferdinand , possesseur d'une cité déserte , liit obligé d'attirer par des pririléges , d'appeler de tontes parts des Espagnols , qui murmuraient d'abandonner les arides rochers de Léon ponc ▼enir s'établir dans le plus beau pajs de la nature et dans les palais des cidi£is. Lit grande mosquée d'Abdérame devint une cathédrale ; Cordoue eut un évoque et des chanoines : mais ICordoue ne recouvra plus la moindre image de son ancienne splendeur

Prise 'de Valence.

Valence ne tarda pas k subir le. jOUg» Zéan , assiégé par l'intrépide Jacques , avait encore k combattre dans ses mu«s U la«t#ai» ds Zû$h ,

SUR hE$ llltAUBE^ S>3

qu'il arait détrôné s j.c. ia38. B^g. 030=. Le roi de Tn'nîs tenta yainement d'enTOjer une iotte an secours de Valence : cette flotte prit la fîute à laTue des raisseanx de Jacques. Abandonné de toute la terée , découragé par le sort de Cordone , trahi par le parti de son compétiteur , Zéan fit proposer à l'Aragonais de devenir son yassal en lui payant un tribut. L*Aragonais fut inflexible : il fallut lui livrer .Valence. Cinquante mille Musulmans so|:tirent avee leur roi ; ils emportèrent leurs trésors. Jacques y fidèle k sa parole , les protégea contre VmdUé de $es guerriers , qui regrettaient ce wht butin.

Après la chute des deux puissaQS rojaumes d* Andalousie et de Valence, rien ne. paraissait plus devoir arrêter les Espagnols. Séville, qui seule restait encore, était déjà menacée par le victorieux Ferdinand ; mais , k cette même époque, U s'éleva tout k coup un État nouveau qui retarda la ruine des Maures , et qui s'aequk pendant deux cents ans une grande célébrité.

rm i^m la TBOisièMi ièvoqdb.

QUATRIÈME ÉPOQUE

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