ACTE TROISIÈME
MARCELINE
n n'ose pas dire, mais moi je dirai... Vous n'ignorez pas, mesdames, que le bonheur au jeu, de certains maris, est chose proverbiale... Monsieur, en faisant remarquer ses abattages, donne simplement à entendre que je suis une femme infidèle*
LES FEMMES
Ohl
ARMANDE
En voilà un mari ?
LÉONIE
Et vous souffrez cela ?
MARCELINE
Que voulez-vous, je commence à être faite aux aménités de monsieur, il y a entre lui et moi, comme une espèce de défi... Monsieur faisant tout ce qu'il peut pour me forcer à me mal conduire, moi essayant de résister.
LAHIREL.
Vraiment, madame.
MARCELINE
J'ai tenu bon jusqu'à présent, mais je vois bien qu'il faudra que je cède et que je finisse par accorder à monsieur la petite satisfaction qu'il semble désirer si vivement.
LÉONIE
Ah I bien quant à ça, il y a longtemps que moi...
HENRIETTE
Et moi donc ?
CLARISSE
Et moi I
118 GOTTE
' ARMANDE
Et moi...
Rentre Sophie.
SOPHIE
Allons, mesdames, qui est-ce qui veut prendre un verre d'orangeade... (fias, à courtebec.) Tu ne trouves toujours rien...
COURTEBEC.
Non, rien, mais je vais boire pour essayer de trouver...
Il entre dans la chambre en même temps que Henriette et Clarisse.
LÉONIE, à Marceline.
Vous ne venez pas...
MARCELINE
Pas maintenant, j'irai vous retrouver tout à l'heure, seulement, je vous en prie, emmenez mon mari... s'il reste là plus longtemps, s'il continue de me regarder avec ce sourire qui me crispe, qui me révolte, je serai capable...
ARMANDE
Nous l'emmenons, n'ayez pas peur, (a Lahirel.) Allons, venez, monsieur Lahirel...
LAHIREL.
Pardon...
LÉONIE
En voilà assez, on vous dit de venir, venez I
LAHIREL.
Mais, mesdames, je vous en prie, mesdames...
Les femmes le poussent dans la chambre, y entrent avec lui et referment la porte.