‹ Gotte: comédie en quatre actesChapitre 89 sur 123 · SCÈNE XI GOURTEBEG, puis GOTTE · texte numérisé non relu

SCÈNE XI GOURTEBEG, puis GOTTE

GOURTEBEG.

Pauvre femme I Je n'ai pas osé lui dire quel était le moyen que j'avais trouvé... il faudra pourtant que je m'y décide, ce sera dur... Il me semble pourtant qu'elle ne peut pas me refuser ça... après tant de marques de dévouement qu'elle m'a données... je me souviens, il y a vingt ans quand sa mère mit dans ma main la main de celle qui allait être ma Sophie : « On dira tout ce qu'on voudra de ma fille,

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me dit-elle, mais il y a deux choses que Ton ne peut pas lui refuser : c'est une pianiste remarquable... et elle est dévouée...» et c'était vrai; j'ai eu je ne sais combien d'occasions de m*en apercevoir, je les lui rappellerai ces occasions, et après les lui avoir rappelées j'ajouterai: « Voyons, Sophie... Encore un peu de courage... Tu n'as plus qu'une seule chose à faire pour couronner une existence qui, j'ose le dire, aura été toute de dévouement et de sacrifice... Laisse-moi épouser la bonne... » C'est égal, ce sera dur ! (Entre Gotte portant un plateau.) Mettez votre plateau-là, Gotte... Qu'est-ce que c'est

que ça? du curaçao?

Elle verse à boire.

GOTTE

Vous avez tort de boire comme ça, vous savez, ça vous jouera un mauvais tour.

Elle pose le plateau sur la table.

GOURTEBEG.

C'est que tout à l'heure, à propos de vous, je vais avoir avec ma femme une conversation assez délicate et alors...

Il boit.

GOTTE, rangeant la bannette et une cbaise à gauche. A propos de moi...

GOURTEBEG.

Oui, nous nous sommes juré de nous aimer, pas vrai?...

GOTTE, revenant à Gourtebec.

Ici même, tout à l'heure.

GOURTEBEG.

Ma feriime n'en sait rien.

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