CONCLUSIONS
Nous croyons avoir suffisamment démontré que les cas de goutte liée au saturnisme ne sont pas rares dans la Marine. Il nous reste maintenant à dire un mot des conséquences que doit entraîner l'adoption officielle de cette doctrine étiologique.
On a vu plus haut que la vraie caractéristique de la goutte saturnine est la tendance à la généralisation rapide des arthrites et la gravité des lésions. Souvent dès les premières atteintes, elle ne tarde pas à produire dans les articulations de graves désordres, telles que luxations, raideur, ankylose. Voici, donc, un marin affecté de goutte chronique ayant amené une infirmité incurable. Le conseil de réforme le reconnaîtrait impropre au service, comme atteint d’une aflection incompatible avec les exigences de la vie maritime. Mais est-ce tout? Cet homme, par le fait même de ses lésions articulaires, est, je suppose, dans l'impossibilité absolue de pourvoir par son travail à son existence.
Le médecin devrait alors rechercher si cette goutte n’est pas liée à une intoxication saturnine ancienne ; et si le malade produisait des certificats constatant qu’en service
LA RTE
commandé, soit à bord, soit dans nos colonies, il a été intoxiqué par le plomb, il serait équitable de lui allouer une pension qui lui permit de vivre. — Le rôle du médecin de la marine ne doit pas se borner à soigner les hommes qu’on lui confie ; il est aussi de son devoir de prendre la défense de leurs intérêts devant l'Etat, lorsque la légitimité de ceux-ci est incontestable.
Vu bon à imprimer :
Bordeaux, le 5 mars 1888. Vu :
Le Président de la thèse, Le Doyen, D° MORACHE. A. PITRES.
Vu et permis d'imprimer :
Bordeaux, le 6 mars 1888.
Le Recteur,