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de l'organisme par un poison perturbateur des fonctions de nutrition.
Sans nous arrêter plus longtemps sur certains caractères qui ont été donnés comme différentiels, tels que : le passage rapide de la forme aiguë à la forme chronique, c'est-à-dire à la torpidité et à la cachexie, ou bien encore l'absence de tophus dans la goutte saturnine, où, d’après Jaccoud, on observe seulement du gonflement en masse, nous insisterons principalement sur ce fait qu'une fois installée, la goutte saturnine a une tendance singulière à envahir simultanément un assez grand nombre de jointures, et qu'après plusieurs atteintes, elle produit des déformations considérables, conduisant bientôt à des infirmités permanentes.
Signalons encore des luxations des phalangines sur les phalanges, ou de celles-ci sur les métacarpiens ; de sorte que ces malades sont impotents de bonne heure.
. Une autre particularité propre à l’espèce de goutte qui nous occupe , c’est la présence de l’albumine que l’on rencontre presque toujours dans lurine d’un goutteux saturnin, témoignage des lésions profondes que fait subir au rein l’imprégnation plombique. La néphrite interstitielle, en effet, est ici très fréquente. La lésion rénale existe aussi dans la goutte ordinaire, mais elle est plus habituelle dans la goutte saturnine; et cette fréquence s'explique par ce fait que l’intoxication plombique est elle-même une cause de sclérose rénale.
Comme on le voit, le pronostic de la goutte saturnine est plus grave que celui de la goutte ordinaire. Elle atteint souvent des sujets jeunes, auxquels elle crée de bonne heure des infirmités telles qu'ils ne peuvent bientôt plus se