‹ Gouttes de véritéChapitre 102 sur 130 · ROM AXS ET ROMANCIERS · texte numérisé non relu

ROM AXS ET ROMANCIERS

sibles, des amours honnêtes, des soins délicats, des états raisonnables, des devoirs sacrés de la famille ; la pousser à la recherche des émotions malsaines et de tous les raffinements de la sensuahté, lui apprendre des secrets honteux où la passion va chercher l'ivresse des sens, lui persuader qu'il peut y avoh" de la grandeur dans le crime, et de la noblesse dans la dépravation, que tout s'explique et s'excuse par la fatalité : voilà l'effet des romans !

La Voisin et la Brinvilliers empoisonnaient les corps ; on les brûlait. — Les romanciers empoisonnent les âmes ; nous les enrichissons et leur faisons fête. Encore, si la langue gagnait quelque chose à l'abus qu'ils en font ! — mais ils se donnent mille peines pour la défigurer, et mettent lem' orgueil à s'appeler décadents.

Un père qui tient à l'innocence de ses enfants, un mari qui tient à son honneur et à son bonheur, doivent avoir des yeux et des mains d'inquisiteurs, pour empêcher les romans de pénétrer chez eux

Oiseaux charmants qui chantaient en style mélodieux la nature et l'amour, légers et brillants papillons qui courtisaient les flem's, tout cela s'en va, petit à petit, de la poésie et du '

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roman contemporains. Ils sont envahis par les stercoraires et les boursiers

Un honnête conteur avertissait son lecteur en ces termes :

« Lecteur aimable, les propos d'amour que tu trouveras dans quelques-unes de ces Nouvelles sont si honnêtes, si mesurés sur la raison et les discours chrétiens, qu'ils ne pourront donner de mauvaises pensées à celui qui les lira, soit-il sur

ses gardes ou pris au dépourvu J'oserai te

dire une chose : C'est que si je pouvais, par un moyen quelconque, deviner que la lecture de ces Nouvelles pût suggérer à celui qui les lira quelque désir coupable, ou quelque mauvaise pensée, je me couperais la main qui les écrivit, plutôt que de les livrer au public. »

Ils sont rares de nos jours, les romanciers qui oseraient et pourraient écrire en tête de leurs œuvres, une pareille préface. S'il fallait couper toutes les mains criminelles, quel massacre !

La lecture habituelle et prolongée des romans, est l'ivrognerie de l'imagination

Que de belles phrases dans les romans modernes ressemblent à des veuves qui pleurent le bon sens qu'elles ont perdu !

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