INDUSTRIE
mettre aux mains du Dieu compatissant que les chrétiens adorent, vous la verrez se transformer. Une industrie clirétienne n'abuse plus de l'ouvrier. Elle règle équitablement le travail, et renouvelle les forces en de religieux repos ; elle est juste dans la rétribution, et miséricordieuse pour les accidents qui condamnent le travailleur à l'impuissance et au chômage ; elle modère l'amour du gain, pour rehausser les salaires. Elle combat l'individualisme, et s'applique à fonder les familles ouvrières dans la communauté des croyances et la sohdarité des intérêts. Elle crée des corporations puissantes et tranquilles, ou, de haut en bas, de bas en haut, l'amour et le respect se croisent ; où la révolution est en horreuj:, parce que chacun aime son état, et est content de son sort. . .
L'accélération du mouvement industriel qui change chaque jour la physionomie des peuples civihsés, n'est-elle pas le résultat des doctrines matériahstes qui ont fait prévaloir dans l'esprit humain, l'idée de l'utile ? Si ce mouvement échappe à toute influence religieuse, il ne peut qu'exaspérer les passions et aboutu-, tôt ou tard, au brisement de la machine sociale. Mais j'ai l'espoir que la plénitude des temps arrivera pour lui, comme elle est arrivée pour tous les mouvements des civilisations antiques. Jésus-
m; INDUSTRIE
Christ, sauveur du monde, s'est emparé de ces mouvements au profit de son œuvre de régénération ; il fera de même pour le mouvement industriel. L'Eglise, un jour, profitera de ce mouvement, des communications plus faciles, et des rapprochements quïl établit entre les peuples, pour se répandre et triompher partout. L'industrie, par la magnificence et l'abondance de ses produits, deviendra la servante de la rehgion et de la charité. De sorte que l'homme, sans le vouloir, aura fait l'œuvre de Dieu, en travaillant au profit de ses passions. Demandons à Dieu le prochain avènement de cette bienheureuse transformation, chaque fois cjue nous disons : Adveniat regnnm tnum
Il n'est aucun homme en ce monde, qui puisse faire remonter sa naissance, par voie de progéniture, jusqu'au père de la race humaine ; tous les titres sont perdus. Jésus-Christ seul, a voulu que l'on conservât les siens, afin de justifier le nom autonomastique de fils de riiomme, qu'il a pris lui-même, et de nous montrer, en sa personne, VAdain de l'humanité régénérée
Mirificavit Dominus sanctum suum : — Tous les saints sont des merveilles, mais la plus grande merveille de ce monde, et de tous les mondes possibles, c'est le saint des saints, Jésus-Christ, fils de l'homme, et fils de Dieu. Il est admirable par s'ès vertus, par sa doctrine, par ses miracles, par sa mort, par sa résurrection, par l'établissement de son Église, par sa victoire sur la double tyrannie de l'erreur et de la force, par le culte et l'amour de l'humanité chrétienne, par les vertus et les œuvres de ses saints. Et tout cela est la préparation temporelle de la gloire céleste, suprême et éternelle
merveille devant laquelle toutes les nations pousseront un cri de triomphe ou de désespoir.
Dieu est descendu vers nous, dans la personne de son fils Jésus-Christ. Inclinavit cœlos et descendit. {Ps. XVII). C'eût été un trop grand bonheur pour nous, si le Verbe s'était manifesté dans toute sa splendeur, et même, dans tout l'éclat de son humanité glorifiée par la résurrection ; la terre serait devenue le ciel. Mais le Verbe divin a mis un nuage sous ses pieds, et s'est enveloppé d'un voile : et caligo sub pedibus ejus {Ps. LXXXXVI). Le nuage, c'est son humanité sainte soumise à nos infirmités ; le voile, c'est le sacrement eucharistique qui nous dérobe la vue de sa chair glorieuse. Heureux celui dont la foi perce le nuage et déchire le voile !
Jésus-Christ, en acceptant d'être le rédempteur de l'humanité se condamne à mort, car la mort s'unit logiquement à l'œuvre de la rédemption.
Par raison obédientielle. Il a pris le péché : or la sentence portée contre le péché, est une sentence de mort : morte morieris, donc la mort est le prix du péché : Stipendium peccati, mors. Le péché est la désobéissance d'orgueil et d'égoïsme ; la mort est la parfaite obéissance d'humiHté et de dévouement.
Par raison imitative. Le péché étant la séparation de l'âme d'avec Dieu, principe de sa vie surnaturelle, il convient qu'il soit châtié par la séparation de la chair d'avec l'âme, son principe d'animation.
Par raison cV amour. Jésus-Christ, par sa mort, va jusqu'au bout de son amoureuse soumission envers son Père, et sert en toute perfection la grande cause de sa gloire ; en même temps, il manifeste son parfait amour pour les hommes : In fineni dilexit eos.
Jeunesse impatiente et trop éprise de sa hberté, hommes engraissés des richesses de la terre : Voilà un gros bataillon de l'armée des ennemis du Christ : Circumdederunt me vituli multi, tauri pingues obsederunt me ....
Lisez le psaume 7F. C'est sous la figure du règne de Salomon, l'expressive et splendide prophétie du règne de Jésus-Christ, le grand prince de la paix.
Ce n'est pas par des coups de force que s'établit ce règne, mais par une lente et douce infiltration « semblable à la pluie qui mouille une toison, à l'ondée qui pénètre la terre ». Un jour, le monde païen s'étonnera d'avoir été envahi malgré ses longues résistances.
Il durera toujours ce règne « tant que bril-
« lera le soleil, tant que la lune donnera sa « lumière, d'âge en âge ».
Il sera universel, ce règne : « d'une mer à « l'autre mer, et jusqu'aux confins de la terre. — « Les rois et tous les peuples en seront les « sujets ; en lui seront bénies toutes les tribus « de la terre, et toutes les nations chanteront « sa magnificence ».
Mais son grand caractère, c'est la miséricordieuse bonté H qui a pitié des petits et des « pauvres, les délivre de Tinjustice, de l'oppres- « sion, de l'exploitation usuraire de leur force, « et leur donne, dans la société, une place « honorable. »
Nous n'avons pas encore vu ce règne du Christ dans toute sa splendeur, mais il y arrivera ; je le crois fermement, car il faut qu'il règne : o port et illum regnare. Le triomphe de la démocratie lui ouvrira les portes de l'avenir ; mais la démocratie ne triomphera que si elle se laisse sauver par lui
Contraste stupéfiant ! Les martyrs sont allés pleins de joie et d'ardeur au supplice ; — un Dieu tremble et agonise, à la pensée des tourments qu'il va bientôt endurer. Pourquoi cela i — Parce qu'il s'est fait entre Dieu et l'homme un merveilleux et miséricordieux échange. Jésus-Clirist s'est, en quelque sorte,
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vidé de sa force, pour nous la donner ; il s'est empli de nos faiblesses, pour en expier les lamentables conséquences. Son agonie est un miracle de bonté, que nous ne saurons jamais assez bénir
L'Evangile ne dit rien de l'apparition de Jésus-Christ à sa très sainte Mère, après la résurrection ; et cependant, nous ne pouvons pas croire qu'elle ait été oubliée. Mais à quoi bon son témoignage ? On aurait pu accuser son amour maternel d'hallucination. Marie croyait fermement au miracle que son Fils avait promis. Jésus-Christ a voulu que ce miracle, axe de notre foi, fût affirmé par des gens qui ne voulaient pas croire