MORT
d'où l'àme impatiente s'élance pour aller recevoir de Dieu sa robe de fête, et faire chanter son éternelle gloire : (( Concidisti saccum meum et circumdedisti me lœtitia, ut cantet tibi gloria mea >>. {Ps. XXIX)
J'ai remarqué que les enfants et les jeunes gens avaient moins peur de la mort que les vieillards. Ils ont jeté moins de racines dans la vie, et ils voient moins bien au delà.
La mort, quelle ennemie ! Sa haine implacable nous poursuit en tout temps, et partout. Elle tourne à son profit nos travaux, nos soucis, nos chagrins et nos plaisirs. Elle prépare dans nos aliments, nos boissons, l'air que nous respirons, les lieux que nous habitons, les influences malsaines dont nous serons victimes. Ellea. son heure fixe, et quand cette heure est venue, rien ne peut arrêter son bras, ni les cris de l'innocent, ni les larmes dune mère, ni les supplications d'un fils, d'un parent, d'un ami désolé, ni les peines que se donne un épicurien pour prolonger son existence, ni l'insouciance du jouisseur qui semble compter sur l'éternité du plaisir.
Elle détruit tout : la richesse ; quoi de plus pauvre qu'un cadavre ? — les honneurs ; quoi de plus humilié qu'un cadavre ? — La beauté ; quoi de plus hideux qu'un cadavre ; — la jouis-
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sance ; quoi de plus insensible qu'un cadavre ? Mais notre âme, nos vertus, nos bonnes œuvres, nos mérites : voilà ce qui échappe à sa haine et à ses coups. O mort ! Sois mon ennemie tant que tu pourras. Frappe-moi tant que tu voudras. En mourant, je me rirai de toi ; je me moquerai de toi : In interitu meo ridebo te, et suhsannaho te
Que m'importe de savoir à quelle heure la mort viendra, si je suis toujours prêt à lui dire : Entrez !