MORTIFICATION
« Je veux me faire mourir, » me disait résolument un pieux laïque. Et comme je le regardais avec une sorte d'épouvante, il ajouta en souriant : « Pour mieux vivre. » Je compris de quel genre de mort il voulait parler.
Ces yeux avides de voir, ces oreilles avides d'entendre, cette bouche avide de goûter, ces membres avides de sensations qui les délectent, tant que tout cela n'est pas mort, nous vivons mal. L'âme écrasée sous le poids de la chair, n'a point le libre jeu des facultés qui la doivent
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transporter dans les régions pures où elle respire à l'aise, et se sent vivre. « ]\Iortifiez vos corps, « dit l'Apôtre : « Mortiflcate membra vestra. » {Col. III. 5).
Mais ce n'est pas tout. Il y a dans l'âme des facultés basses qui confinent la chair, et tendent à devenir plus lourdes quand on les satisfait. Point d'élan possible, que l'on n'ait fait mourir ces ennemis de la vie spirituelle, les appétits et les passions. Les faire mourir, ce n'est pas les détruire, c'est les soumettre, par des privations, au souverain empire de l'âme, et renforcer de leur énergie native, la vivante et toute spirituelle activité d'où procèdent la vertu et le mérite. « Mourons donc, car si nous nous faisons mourir, nous vivrons : Moriemini : Si enim spiritn facta carnismortificaveritis, vivetis. )> {Roîïi. VIII. 13) '
Dieu avait tout arrangé en nous, pour qu'il y eût paix et harmonie entre les deux substances dont notre nature est composée, l'esprit et la matière. Le péché a renversé l'ordre divin, et maintenant, c'est un duel à mort. Il faut que l'âme ou le corps périsse.... Périsse le corps qui tuerait l'âme, si on le laissait trop vivre.
Dans l'état où le péché l'a mise, la nature est ennemie de Dieu, et de notre perfection.
MUSIQUE loi
D'un ennemi on fait une hostie : hostia. La mortification qui immole cette hostie chaque jour et à chaque instant, devient un sacrifice perpétuel : Juge sacrificiuin
MISIOIE
Conduire un orchestre à tour de bras, mimer le morceau que l'on fait exécuter, c'est l'enfance de l'art. Plus le chef d'orchestre s'efface, moins on voit les signes par lesquels il se fait obéir et obtient un ensemble parfait, plus il donne, à mon avis, une haute idée de son savoir et de sa puissance.
Et voilà ce que j'admire dans le concert de la nature. Le chef est invisible, personne n'aperçoit les signes de son commandement, et cependant, quelle magnifique harmonie ! Donc, quel profond savoir ! quelle souveraine puissance !