‹ Gouttes de véritéChapitre 77 sur 130 · PANTHEISME · texte numérisé non relu

PANTHEISME

His quidam signis, atque kœc exempla secuti, Esse apibus partein divinœ mentis et haustus ^theros dixere : Deum, namque ire per omnes Terrasque, tractusque maris, cœlumque profundum : Hinc pecudes, armenta, viros, genus om,ne ferarum Quemque sibi tenues nascentem arcessere vitas : Scilicet hue reddi deiride ac resoluta referri Otnnia; nec m,orti esse locum; sed viva volare Sideris in numerum, atque alto succedere cœlo.

Virgile. Georg. L. 4. w. 219 - 227.

Virgile expose, en ce passage de ses Géorgiques, le sentiment des panthéistes anciens. Retranchons-y la répartition de la nature divine exprimée dans ce vers : Esse apibus partem divinœ 'mentis, etc. Interprétons dans un sens chrétien, les vers suivants, nous aurons une poétique exposition des dogmes de l'omniprésence de Dieu, de sa puissance créatrice, et de l'immortaUté de l'âme. Ne croyons-nous pas que Dieu est partout, et pénètre tout, que c'est de lui que nous tenons nos petites vies, et que l'âme, principe de la vie humaine, ne meurt pas, mais s'envole à travers les astres, et fait retour à Dieu qui l'attend. Tant il est vrai que souvent, au fond de l'erreur, gît une vérité dénaturée.

164 PASSIOXS

PASSIOXS

La passion est un verre grossissant qui exagère bêtement les qualités ou les défauts de ce qui nous plaît ou nous déplaît. L'homme spirituel n'a pas de repos qu'il n"ait brisé cette lentille, pour échapper à la tentation et au danger de regarder au travers

Toutes les passions ont leurs grands et leurs petits profits.

L'orgueil hume le parfum des louanges, et s'encense lui-même, à défaut d'autres thuriféraires.

La colère se donne le plaisir de faire peur, si elle ne se satisfait pas dans la vengeance.

L'avarice tressaille au contact de l'or, comme un vieux chat qu'on caresse au soleil.

La luxure procure au misérable corps qu'elle épuise, la plus intense des voluptés.

La gourmandise se gorge de poisson et de bonne chère.

La paresse s'affranchit, autant qu'elle peut, de toute corvée pénible, et se saoule de repos.

Mais à quoi sert l'envie ? — C'est une valeur sans coupon et sans dividende, et qui nous

FASSIOXS 1(5"

coûtera cher si Dieu la trouve entre nos mains, au jour de ses règlements

Telle est la fureur de la passion qu'elle ne se contente pas d'user des corps tels que Dieu les a faits ; elle en extrait ce qu'il y a de plus subtil, Vesprit, pour porter à la raison, des coups plus sûrs et plus terribles

« Jupiter, dit le vieil Homère, prive de la moitié de leur intelligence, ceux qui tombent en esclavage. » (Odyss. XVII, 332). Nous connaissons tous ce Jupiter-là.

Son Olympe est dans nos entrailles ; on l'appelle passion. La passion va plus loin que le vieux maître des dieux ; quand elle a fait de l'homme, son esclave, elle l'abrutit totalement.

Toutes nos passions peuvent devenir excessives, mais seulement Cj^uand elles se portent sur des objets qui ne veulent pas d'excès. Les choses créées ne peuvent nous solHciter qu'avec mesure. Si Dieu nous sollicite, il n'y a plus d'excès ; en lui, les passions humaines, peuvent se dilater à l'infini

166 PARLEMESTARISME

PARLEMEXTARISME

Le parlementarisme n'est pas dliier.

Démosthènes nous en donne un croquis dans sa deuxième Olynthienne. »( Un orateur, dit-il, s'empare de celui-ci et de celui-là ; le général et les trois cents sont sous sa coupe. » * Et il ajoute, s'adressant aux Athéniens : « Vous autres, vous appartenez, qm, à ceux-ci, qui, à ceux-là. »

Le parlementarisme crée des partis qui se disputent la cavale du pouvoir, à qui la montera. Arrive un Philippe qui enfourche la bête, et chasse à coups de fouet, les querelleurs. Ce n'est pas toujours malheureux

PA TJENCE

Pour avoir le droit d'appeler Dieu à son aide, dans la persécution, il faut pouvoir dire, comme le Psalmiste : « Si reddidi retrihuentihus miki mala » [Ps. VII). Rendre le mal pour le mal, c'est déflorer son innocence, et participer

PARDOX 167

à l'injustice dont on est soi-même victime.

De Dieu vient la souffrance : de Dieu aussi, la vertu qui soutient Tàme affligée.

Le mot patientia peut s'entendre des deux manières ; dans ce verset du psaume 61 : Verunitamen Deo subjecta est anima mea; quoniam ab ipso patientia mea. — C'est-à-dire : être soumis à Dieu dans l'affliction, parce que c'est lui qui afflige ; — être soumis à Dieu, parce que c'est lui qui donne la vertu dont la force multipliée par la grâce, contient la douleur, l'empêche de déborder, et de nous noyer dans ses flots.

PARDOX

Je suis faible, j'oublie trop facilement les offenses, je les pardonne trop vite et trop largement. Pour les uns, c'est manquer de dignité ; pour les autres, c'est platitude et lâcheté. Il faut voir comme ils sont augustes et subhmes dans les dédains qu'ils prodiguent à leurs offenseurs. Impossible que j'arrive à cette grandeur d'âme. Lorsque j'ai offensé le Bon Dieu, et que je me suis humilié devant lui, je sens si bien à la paix de mon cœur, qu'il me pardonne tout de

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