PRESSE
Mes opinions, mes convictions, mes sentiments, ma profession, tout ce que j'aime, tout ce qui m'est plus cher que la vie, peut-être sali, opprimé, broyé, écrasé, sous la plume d'un homme sans conscience et sans honnem\ Et je n'ai ni le droit, ni le pouvoir de défendre et de venger ce que j'aime, auprès du public devant lequel se commet cette grande iniquité. On appelle cela, la hberté de la presse !.... dites plutôt, le brigandage. On pourrait peutêtre dire que la presse est hbre, s'il m'était permis de me faire entendre à ceux qui ont avalé le mensonge au lieu même où on les a trompés ; mais on me renvoie à une feuille honnête qui ne sera lue par aucun de ceux à qui l'on a appris à me mépriser. Quelle tartufferie ! .
Un pauvre prêtre se mourant d'ennui et de dégoût, voulait quitter une paroisse impie
dans laquelle, il avait dépensé inutilement les dix plus belles années de sa vie. Son directem* lui conseilla d'aller frapper à la porte du tabernacle, et d'attendre la réponse du divin prisonnier. Il crut entendre comme un gémissement, et cette parole de tendre reproche : « Tu pars et' moi, je suis condamné à rester ! » Son cœur se brisa, il fondit en larmes, et promit de partager le sort de son Maître. Heureuse promesse qui fut bientôt récompensée par des conversions inespérées.
Prêtre, prends garde ! Le moment où tu vas céder au découragement est peut-être celui d'une grâce qui va payer au centuple les travaux et les soufifi-ances que tu croyais inutiles.
Prêtre ! sanctifiez-vous !
Sanctifiez-vous pour Jésus-Christ que vos mains touchent, et que votre âme reçoit tous les jours. Il se donne à vous, videz votre cœur, et élargissez-le pour le recevoir. Si vous êtes rempli des choses de ce monde, il n'entrera pas.
L'âme humaine ne se livre qu'à des âmes sympathiques. Il en est qui la repoussent éternellement ; il en est qui l'attirent à la première rencontre. Ainsi les âmes tièdes et lâches repoussent éternellement le Sauveur ; les âmes saintes l'attirent. — Jésus est tout entier dans
son évangile ; tout entier aussi, dans ceux qui mènent une vie évangélique.
Sanctifiez-vous pour les âmes que vous devez enfanter à la vie divine et à la vertu, par les sacrements et la communication de votre propre sainteté.
Le sacrement est dans l'ordre surnaturel, ce qu'est dans l'ordre naturel, l'énergie virile qui donne la vie, et que saint Thomas appelle le premier principe actif de la génération. L'âme sainte du prêtre est une sorte de matrice sacrée où le chrétien prend son tempérament spirituel. Lumières, affections, enseignements, conseils, exhortations, exemples, si tout est saint, le fruit de votre vie sera saint
Veni, sancte Spiritus, reple iuorum corda fklelium. — Prière de l'Église.
Da, pater, augurium, atque animis illabere nostris.
Prière d'un païen (Virg. En. lih. 3. v. 89). Témoignage d'une âme naturellement chrétienne, dirait Tertullien
« Tribitut tibi Dominns secundum cor tuum » {Ps. XIX). — Dieu nous exauce selon la disposition de notre cœur. S'il est tout spirituel, il nous envoie des biens spirituels ; s'il est tout charnel, il nous envoie des biens charnels et périssables. Mais alors, tant pis si l'on est exaucé
C'est de la bouche des enfants que Dieu attend une louange parfaite : « Ex ore infantium et lactentium,' perfecisti latidem. » {Ps. VIII) ; mais de quels enfants ?
Sans doute, des enfants selon la nature, de ces chers petits êtres dont l'âme naïve ne doute de rien ; mais plus encore, des enfants selon la grâce : de ceux qui n'ont pas craint de se faire humbles et petits, et de se pendre, avec l'avidité des nourrissons, aux mamelles de l'éternelle sagesse
Que de braves gens ne voudraient pas s'endormir sans penser à Dieu ! Les poltrons ! ils ont peur de la nuit. Quand ils s'éveillent, plus une ombre de religion. Et pourtant, si la prière est nécessaire, c'est au moment où sortant du sommeil, image de la mort, nous reprenons conscience de la vie ; au moment où commence une série d'actions dont nous rendrons compte au tribunal de Dieu, et dont nous ne pourrons
nous tirer d'une manière profitable pour notre salut, sans l'assistance de la grâce
« Auribus percipe orationem meam, non in labiis dolosis. » {Ps. XVI). La prière est souvent trompeuse sur nos lèvres : trompeuse, parce que notre cœur n'y est pas, et que rien ne vivifie les sons que notre bouche prononce ; trompeuse, parce que notre nature refuse à Dieu ce que
nous lui demandons. Parcourons le Pâte?-
Que de mensonges ! — Nous demandons à Dieu que son nom soit sanctifié, et notre vie pécheresse est un perpétuel blasphème ; — que son règne arrive, et nous restons les esclaves de nos passions ; — que sa volonté soit faite, et nous ne voulons pas renoncer à la nôtre ; que nos offenses nous soient pardonnées, comme nous pardonnons, et notre cœur est plein de haine et de rancune ; — que nous soyons délivrés de la tentation, et nous courons à sa rencontre. — Làbia clolosa ! labia dolosa ! . . . . . . .
La prière est le premier devoir et le principal office de la vie présente. — « Le ciel des cieux est au Seigneur, » dit le Psalmiste : « Cœlum cœli Domino ; — la terre est à nous : terrant autem dédit filiis hominum. » Mais, dans son ciel, Dieu est maître du temps ; nous, sur la terre, nous n'avons à notre service, que de courtes années.