CHAPITRE VI
Morris n'a vu le Directoire que du dehors, comme tout ce qu'il verra de la France désormais. C'est en mai 1796 à Altona qu'il entend parler pour la première fois de la nouvelle Constitution que l'on prépare et qui devait être un jour la Constitution de l'an III : « Les nouvelles de Paris, qui ne sont point de fraîche date portent que l'on songea adopter la Constitution américaine ; on parle de Pichegru et de l'abbé lie Siejès comme président. Le premier a son quartier général à Versailles. » Ces renseignements sont accompagnés d'une autre nouvelle h grand elTet : « Mon Itôtesse me dit que li; bruit court en ville que le jeune roi de France et sa sœur ic sont échappés du Temple et l'on suppose qu'ils sont allés rejoindre Charrette' . s
La première nouvelle n'était pas plus exacte que la seconde. La Constitution de l'an III, il est vrai, comme celle de 1791, ressemble à la Constitution américaine, plus, encore que celle-ci ; elle a plus rigoureusement qu'aucune autre appliqué le principe de la séparation des pouvoirs. Mais elle en dillère aussi profondément par d'autres côtés surtout par le point (|ue visait Morris. Ce n'est point ur régime prêsidenliel, mais un régime directorial qu'elle établit pour le pouvoir esécutif. Il était alors impossible qu'il en fût autrement. L'idée de République élaît liée à celle d'un csi^riitif collégial. Un