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nient au despotisme et sera diminuée par l'adoption d'un meilleur gouvernement. Je le presse, dans la grande division des partis, à s'attacher à celui du roi, le seul qui puisse prendre le dessus sans danger pour le peuple*. ».
Ce qu'il répète aux Français il le dit aussi à ses compatriotes, à M. Short par exemple, à qui il écrit le 26 juillet 1 790 : « L'observation que vous avez faite sur la conduite dissolue des Fédérés, je l'ai faite depuis longtemps sur la nation entière. Il faut le solide estomac de la monarchie pour digérer des mœurs si gâtées. Quant à l'amour instinctif de ses princes, dont vous parlez, il est, en effet, instinctif et l'animal ne se débarrassera jamais de son instinct. Le Français vous dira que ses compatriotes ont des têtes exaltées et leurs manières, habitudes et idées sont toutes à l'avenant. Un Français aime son roi, comme il aime sa maîtresse, à la folie, parce qu'il considère comme grand et noble d'être fou. Puis il abandonne à la fois l'un et l'autre d'une façon ignoble, parce qu'il ne peut pas supporter plus longtemps l'action du sentiment qu'il s'est suggéré à lui-même de ressentir ^. »
Dès le mois de novembre 1789 il croit pouvoir constater de nouveau la fidélité monarchique deS provinces : « Rendu visite à Mme de Ghastellux... La duchesse (d'Orléans) arrive ainsi que le Maréchal de Ségur. Il médit qu'un changement soudain s'est produit en Bretagne ; la noblesse et le peuple sont unis et veulent rejeter les actes de l'Assemblée. M. de Thîard nous avait dit que quelque chose de semblable arriverait. Les Gambrésiens (Cambrises?) sont également mécontents. De là allé au Louvre. Mme (de Flahaut) est au lit. L'évêque (d'Autun) arrive ; il pose sa canne et son chapeau et prend un fauteuil de l'air d'un homme déterminé à rester. 11 conûrme les nouvelles de Bretagne et dit que du côté du Cauchois le ciel s'assombrit. Cela me remet à l'esprit quelques sombres insinuations que m'a communiquées le comte de Luxembourg au sujet de la Normandie. Je lui dis en réponse à ses appréhensions, quant au démembrement du royaume, que, si la Normandie, la Picardie, les Flandres, la Champagne et
l'Alsace restent fidèles au roi. Sa Majesté peut aisément réduire le reste de son royaume*. »
A la fin de septembre 1791, lorsque se terrtiine la session de l'Assemblée Constituante et que la Législative, déjà élue, va se réunir, la perspective est plus sombre. Morris croit pourtant pouvoir tracer encore une carte de la France monarchique: « La nouvelle Assemblée, autant qu'on peut en juger à présent, est profondément imbue de principes républicains, ou plutôt démocratiques. La partie méridionale du royaume est dans la même disposition ; le INord est de tempéramment clérical {eclesiasiicaï) ; l'Est est attaché à l'Allemagne et se réunirait volontiers à l'Empire ; la Normandie est aristocratique, ainsi qu'une partie de la Bretagne ; l'intérieur du royaume est monarchique. Cette carte est exacte (vous pouvez vous y fier) car elle est le résultat d'une grande et coûteuse enquête faite par le gouvernement et je pense que, grâce à elle et aux quelques observations qui précèdent, vous pourrez comprendre bien des choses qui autrement ne seraient pas facilement débrouillées*. »
Nous verrons qu'après le 10 août 1792 Morris a une hésitation à cet égard, car il est de bonne foi et ne ferme jamais les yeux à la lumière. Il croit un moment à la possibilité d'une république, durable en France. Mais bientôt l'idée ancienne reprend le dessus. Le 19 avril 1793 il écrit à Jeflerson : « Ici on pend les gens (c'est-à-dire on leur coupe la tête) pour avoir donné leur opinion en faveur de la royauté: mais on me dit qu'une telle opinion est ouvertement avouée et approuvée dans les rues. On médit qu'il y a une majorité même dans la Convention qui juge un roi nécessaire, mais comme ils voient la perte de leur vie liée au rétablissement du trône, il est à supposer qu'ils se garderaient bien d'émettre de telles idées. Le temps montrera qu'il y a parmi eux quelques faux frères, et
I. T. I, p. a3i. L'ccliteur américain a mis « The cochois looks black ». Je crois qu'il faut lire Cauchois : Morris écrit les noms propres comme il les entend et Ton retrouve souvent dans ses transcriptions, la trace de sa prononciation anglaise. Ainsi CambriseSy donne Cambrésis en prononçant, à Tapglaise, i : at et c : i.
a. T. I, p, 457, lettre à Washington, 3o septembre 1792.
fiD GOUVERNEUR MORRIS
certaiiiemenl les plus intelligents doivent être
les vertus républicaines ne croissent pas sur le sol de la
Gaule ' . D
La facilité avec laquelle les anciens Conventionnels devinrent en grand nombre les serviteurs du premier Consul, puisde l'Empereur parait donner raison à Morris, quant à cette dernière observation. SI l'on se reporte cependant à la date à laquelle elle fut écrite, je ne la crois pas exacte. Nous retrouverons cette question plus loin.
Le a3 août 1796 Morris écrit encore à Washington : « Le parti des royalistes est en grande Torce, et, s'ils connaissaient leur nombre dans la France entière (ce qu'il leur est très difficile ou à peu près impossible par suite des mesures prises pour empêcher la communication des opinions) ils auraient vite renversé le pouvoir existant. . . Même en supposant qu'ils adoptent une bonne Constitution, ce qui parait invraisemblable, à mon avis ils ne seront pas k leur aise sous elle, car ils ne m'ont jamais paru avoir l'éducation nécessaire ni le tempérament voulu pour un gouvernement libre. Je continue h. être persuadé qu'ils tomberont sous la domination d'un despote unique^. »
Morris, nous l'avons dit, apporlait d'Amérique ses idées sur le tempérament Irrémédiablement monarchique des Français : mais elles se confirmèrent en France, dans le milieu où il vécut jusqu'au 10 août 179a. C'est ce milieu, a la fois mondain et politique, qu'il faut étudier maintenant.
Lorsqu'il vint en France, ce qui l'y attirail, outre ses inlérèta commerciaux et financiers, c'était le désir de voir la société la plus rafrméc et la plus polie qui fût alors dans le monde entier. Il arrivait muni de nombreuses lettres de recommandation, dont beaucoup lui avaient été données par Wasbinglou. 11 connaissait les Français distingués qui, avec
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LES IDÉES DE GOUVERNEUR MORRIS SUR LA FRANCE lu
La Fayette et.Rochambeau, étaient venus combattre, à côté des Américains, dans la jçuerre de Tlndépendànce. Toutes les portes, tous les salons lui étaient ouverts à Paris et à Versailles. Il en profita largement. G*est en toute sincérité qu'au bout de quelques jours il écrivait à M. de Mouslier, ministre .de France en Amérique depuis la fin de 1787 : « Plus je vois Paris et plus je sens tout ce que vous avez sacrifié en le quittant pour traverser un grand Océan et pour vous établir cbez un peuple encore trop nouveau pour goûter cette société qui fait ici le^harme de la vie * . » En parcourant le Journal, pour les années 1789, 1790 et 1791 on voit que la plupart des journées de Morris sont consacrées à des visites ; il est rare qu'il ne dîne pas en ville, ou parfois au cabaret en bonne et aimable compagnie. Parfois ce sont deux ou trois salons qu'il visite de suite ; on le voit souvent à ces soupers qui étaient si fort à la mode.
Il se plaît et s'acclimate vile dans ce milieu mondain, se familiarisant avec notre langue. Ce n'est pas que le luxe Téblouisse; il le trouve souvent médiocre et le comfort insuffisant. Le 3 mars chez la comtesse de Beauharnais, où il est invité à dîner à trois heures, il arrive à trois heures et quart. Personne encore, on allume un feu qui se met à fumer. « Pour chasser la fumée on ouvre une fenêtre et, la journée étant froide, je jouis d'autant d'air frais qu'on peut raisonnablement en espérer dans une grande ville. Vers quatre heures les convives arrivent et je commence à soupçonner que. Madame étant une poétesse, j'aurai l'avantage de dîner avec cette excellertte partie de l'espèce qui se consacre au culte des Muses... Vers cinq heures Madame entre pour annoncer le dîner et les poètes affamés avancent à la charge. Gomme ils apportent un bon appétit, ils ont certainement une raison suffisante pour louer le festin, et je me console en pensant que cette fois au moins j'éviterai toute indigestion. J'y échappe à peine, car certain beurre rance que le cuisinier avait mis très libéralement me remplit de crainte. Si le repas n'est pas abondant la conversation ne manque pas ^. » Au commen-
muent d'avrï! ■ à Vieil», le château de M. de Xorrange. nniiKnvons, écrit-il, une nombreuse compagnie et un petit dîner ', •>
Le aa janvier C790 il dîne chez M- de Montmorin : s On venait de recevoir une belle truite du lac de Genève et la question ^Ltil de savoir quand nous dînerions de nouveau pour la inanfj^r. Le maître d'hôtel fut mandé et l'on fit comparaître lu truite, une belle pièce qui pesait au moins vingt livres et pnrrnSteiiienl fraiche, a^'ant été apportée par le courrier. Le mnllrc d'Ldtel dit qu'il Taut l'attendre jusqu'à mercredi «pour ^Ire morlifiée ■ : mais ce jour-là ne convient pas à la compagnie, et la pauvre Mme Truite (Monsieur Troul) doit être mortJlii^ deui jours de plus : je ne puis que compatir à ses «nijciions... Vendredi (39 ja,nvitir) je vais chez M. de Monttnorin (tour manger la truite. Elle était si e mortifiée» qu'elle rerusa d'assister au repas, c'est-à-dire en bon anglais qu'elle ^lait pAlée depuis plusieurs jours*. » Il n'a pas de chance d'ailleurs avec le poisson, carie ifimai 1789, allant voir M. Le 0>ultcn< à sa maison de Lucennes(?), voici ce qui lui arrive: ■ Lui et sa lamille sont attendus depuis deux jours, mais pcrsoiirii^ ne vient et, comme le cuisinier ne fait pas son appurilioii, il est probable qu'il ne sera pas là pour dîner. Je vais au cabaret, et la, malgré des apparences très cnga- ^anles. tout ce que la maison peut fournir, c'est un maquereau, un pigeon, des œufs frais cl des asperges. Le premiera i probiilil liment voyagé trop longtemps, car il a acquis trop de tviat ijiiiit pour un simple Américain. Cette circonstance occa- ■ionnii 1.1 mort d'un pîgcon solitaire, qui est ainsi délivré de la réclusion dans laquelle il mourrait de faim. La cuisine et les provisions se valent, de sorte qu'aujourd'hui je ne mourrai pns d'indigestion. Mon hôte, dans un zèle louable pour l'bonncnr do su maison, ajoute à la note ce qui manquait au dîner. Dcccllt< façon tes plats font très respectable figure. Le pauvre pulil pigeon est compté un peu plus d'un shilling et la boite d'iisjiergcs fluettes environ trois shillings, ce qui n'est ■pai déraisonnable, considérant que les œufs sont à six sous".»
En 1792, chez Dumouriez, alors minisire des Affaires étrangères, ce n'est pas seulement la chère, mais aussi la société qui laisse à désirer : « Je rends visite h Dumouriez, chez iqui je dîne. La société est bruyante et de mauvais Ion ; le diner est encore pire * . »
Il ne comprend pas comment les Parisiens d*alors tenaient souvent peu au comfort. Le 8 janvier 1790, après avoir dîné chez la princesse d'Orléans, il rend visite à M. et Mme de Ghastellux, qui ont un logement au Louvre, à raison de leurs fonctions : « Dîné chez la duchesse d'Orléans, elle a changé son maître d'hôtel pour un meilleur, je le crois. Après dîner je rends visite au comte de Ghastellux et à sa lady, dans un pavillon du Louvre, au grenier, à près de cent soixante-six marches au-dessus du sol, dans de petites pièces (cabins) et qui sentent odieusement mauvais, grâce aux trésors accumulés par les ans. Madame me montre une boîte dont lui a fait présent sa princesse, qui avait envoyé un peintre au château de Ghastellux, exprès pour prendre les différentes vues. Il est situé dans la partie montagneuse de la Bourgogne, près d'une petite et claire rivière, où les truites abondent. Le comte et sa femme sont un couple domestique. Combien ils pourraient être heureux en respirant l'air de leur château, si les mortels connaissaient ce qui fait leur propre félicité 2. »
Il se plaint aussi du sans-géne des Français. Le 10 juin 1789 il est allé passer la journée à la campagne, au Raincy, chez la duchesse d'Orléans ; or voici dans quelle compagnie il revient : « Parti avant 8 heures en compagnie de la nourrice et de l'enfant de Mme de Ghastellux. La demande qu'elle m'a adressée de les prendre avec moi aurait paru étrange en Amérique ; je conclus qu'ici cela est tout à fait dans l'ordre, et j'y accède facilement, mais, au vrai, pour une autre raison. Je suis heureux de payer ainsi des attentions que mon cœur ne me permettra de reconnaître d'aucune autre manière^. »
Dans les premières années de son séjour, Morris, malgré ces ombres légères au tableau, trouvait à Pa.ris une société
GOL'VERNEUR MORRIS
chnrmante el légère, toute prête à l'accueillir. Celait d'ailleurs un Paris bien difTcrcnt du nôtre. On se ballait en duel le soir dans les Champs-Elysées. Le al janvier 1790 u pendant, ccnt-îl, que le comte Dillon et moi nous nous promenons aux Champs-Elysées, un coup de pistolet se fait entendre . le comte Dillon pense que c'est un duel, car il j en a beaucoup depuis quelque temps. Je ris à celte idée, mais présentetnenlje vois un homme qu'entraîne une troupe de soldats: allant h eux, nous apprenons qu'il vient de se tirer un coup de pistolet, mais il a mal visé, de sorte que la balle, qui est entrée par le front, est sortie au sommet de la tète. Le soldai dît qu'il ne sait pas quel est cet homme, et que lorsqu'on a tout perdu sans Tante de sa part, ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de se brûler la cervelle ' . s Le Boisde Boulogne était déjà le rendez-vous de la belle société, mais il avait des parties peu fréquentées ou jouaient les cerfs el les biches. Morris parle de ces relrailesa où nombre de daims bondissants fout un très vif contraste avec les belles et les beaux qui sont groupés dans d'autres parties^. »
La gaminerie est extrême, même dans la plus haute société; ou ne songe qu'à s'amuser. Voici, par exemple, la scène qui se pas.se au liaincy chez ta duchesse d'Orléans : " Après le déjeuner, nous allons à la messe dans la chapelle. Dans la tribune au-dessus nous avons un évéquc, un abbé, la Duchesse, ses femmys et quelques-unes de leurs amies. Mme de Cbastellux csl au-dessous h genoux. Nous sommes amusés en haut par une série de petits tours que font M. de Ségur el M. de Cubières avec une bougie qui est mise dans la poche de différents messieurs, l'évêque entre autres, et allumée pendant qu'ils sont occupés ailleurs (car il y a du feu dans la tribune), à la grande joie des spectatours. Un rire discret est la conséquence. La Duchesse garde son sérieux autantqu'elle le peu). Celte scène est très édifiante pour les domestiques qui sont en face el pour les villageois qui prient en bas. Celte cérémonie tennînée, nous commençons notre promenade, qui est " ingue et c\lrémcnient chaude. Nous montons en bateaux et
les messieurs rament pour promener les clames, ce qui n*est en aucune façon un exercice rafraîchissant. Puis on se promène encore, ce qui fait que je suis extrêmement échauffe jusqu'à la chaleur de la fièvre. Revenu au château, je m'assoupis en attendant le dîner qui ne vient pas avant cinq heures. Nombre de personnes entourent les fenêtres et sans aucun doute se font une haute idée de la compagnie qu elles sont obligées de regarder à distance respectueuse. Ah I si elles savaient combien triviale est la conversation, combien plus triviales encore sont les personnes, leur respect serait vite changé en un sentiment extrêmement différent * . » '
Quant à la facilité des mœurs voici une anecdote topique, que Morris recueille le 4 mai 1789 ; en attendant le cortège royal on parle du bal de TOpéra : « M. de la Ville Blanche me conte une histoire bien caractéristique de leurs mœurs nationales. Sa femme, une amie de celle-ci et lui y furent ensemble. Au bout de quelque temps, ils se séparèrent, et, se rencontrant de nouveau, causèrent longuement, la dame ne sachant en aucune façon quelle était la personne qu'il avait accostée alors que c'était sa femme qui était avec lui. Lorsque le bal fut fini et qu'ils furent tous trois rentrés à la maison, ils raillèrent l'amie, sur ce qu'elle s'était si bien laissée prendre. Elle ne put donner d'autre raison de sa méprise, si ce n'est que Madame était dans la compagnie de Monsieur et que, par suite, elle ne pouvait supposer que c'était sa femme*. »
C'était surtout la société des femmes qui charmait Morris et nous voyons passer dans le Journal tout un essaim de grandes dames et de grandes bourgeoises. Des principales est Mme de Flahaut, sa « belle amie » qui se détache au premier plan. Nous l'avons déjà vue en pleine lumière. En admirant son esprit, en exaltant et utilisant ses talents, le jugement de Morris ne s'égarait point. Elle devait un jour illustrer les lettres françaises sous le nom de Mme de Souza, le nom de son second mari. Alors elle était la femme du comte de Flahaut, maréchal de camp, qui touchait à la
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soixantaine et qu'elle avait épousé fort jeune ' . Sainte Beuve, qui lui a consacré une étude, a eu soin de signaler ses relations avec Gouverneur Morris^. Mais l'impeccable critique parait cependant s'i>tre mépris sur les vues qu'elle avait à cette époque. Il dit en eiïet : « Mariée, logée au Louvre, elle dut l'idée d'écrire à l'ennui que lui causaient les discussions politiques de plus en plus animées aux approclies de la Révolution ; elle était trop jeune, disait-elle, pour prendre goût h ces matières et elle voulait se faire un intérieur '. » Cela ne concorde point du tout avec ce que nous trouvons dans le Journal. Mme de Flahaul est, au contraire, constamment et activement môlée à la politique. Elle travaille, il est vrai, pour la grandeur de Talleyrand, pour l'inTormation de Morris : mais aussi pour elIc-mËmc : ne l'avons-nous pas vue rêvant de gouverner la France avec Morris *■ ?
Après Mme de Flahaut, se place, dans le Journal, Mme de Chastellux, également logée Su Louvre, comme nous le savons ; l'une des premières connaissances de Morris, car déjà avant de quitter l'Amérique il était en correspondance avec le marquis de Chastellux ". Mme de Cliastellux le présenta à la duchesse d'Orléans, à la maison de laquelle elle était atlaclice. La duchesse, dit l'Américain. « a peut-être le plus beau bras de France, et elle a l'habitude d'enlever son gant et trouve toujours l'occasion de toucher quelque partie de son visage, de manière h montrer ta main et le bras a leur avantage ' 0. Il devint un de ses familiers et lui faisait ordinairement son thé''. Souvent nous le verrons près de Mme de Ségur, de Mme de Nadaillac ; chez Mme de Laborde, Mme de
1. Voirilo jiigemeal de Morris sur M. de Ftabaul, t. I, p. 379 (février 17IJ1) : a J'appiends qut M. FUbaut va mieux ; sa maladie « pour cause la dèrtglemeal de ses ofTaires pécuniaires. C'cet un misérolile (Wrelch), et le
]. Sainto-Bcuvc, PartraiU de fimmes, édit, Garnier, p. A5, note t : « On lit des détails nssez particuliers sur la vie el les (cnliiaenls de Mme de Flaliatit il cette époque dans lu JUimariai de l'Américain GaoverDCur Morris qui hirrivn & Pnrii an 1789 et ne larda i élre présenté chei ello(voirau I. I de lédmon fcançaito les p. i36, aïii , iSfl, sfij, ne pas oublier la p. a5o). » j
i. Porirails dt/immis. p. 45.— Ci. Ci-dessiis, p. 3^.