I. T. 1, |j l'io. — a. T. I, p. 375. — 3. Ci-dessus, p
/|. I)(Vret (li'N io-a; lunrM 1791, Duvcrgier, II, P^tfMMtt* T. I, p. 37G.
LES ÉTATS GÉNÉRAUX. L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE i33
rellement il s'était adressé, avait proposé qu'il fût entendu, mais la proposition fut repoussée à raison de l'intérêt que Morris avait dans l'affaire*. Cependant celui-ci s'attache à La Fayette qui, comme il le dit un peu plus loin, « cherche à paraître l'Atlas qui supporte les deux mondes^. » Il va jusqu'à lui proposer, lorsque la décision est prise, d'amener le roi à y opposer son veto. C'est le i3 février: « Je dîne chez M. de La Fayette et lui parle des droits énormes qui ont été mis sur le tabac importé sur des vaisseaux américains. 11 désire que je lui donne une note sur ce sujet. Je lui dis que je ne veux pas me mêler des choses qui s'écartent de ma ligne. Il dit que Mirabeau lui a promis de parler là-dessus et il s'attend à ce qu'à la fois le tabac et les huiles soient repris par le comité diplomatique. Je lui demande s'il ne voudrait pas répondre pour le roi, afm que celui-ci pût suspendre le décret et en donner les raisons. Il dit qu'il désirerait que les Américains fussent obligés envers la Nation plutôt qu'envers le Prince. Je lui dis que je tiens de personnes bien informées que, s'il avait parlé sur la question, elle aurait été autrement décidée. Il dit qu'au contraire elle a été enlevée en dépit de lui-même et que les aristocrates en particulier ont fait de l'opposition uniquement pour cette raison. Mme de Ségur, que je rencontre, me confirme que ce sont les aristocrates qui ont fait perdre l'affaire du tabac. Je pense qu'un motif additionnel de leur vote a été la haine qu'ils ont vouée à l'Amérique pour avoir été la cause de la Révolution^. »
Morris ne se décourage point. Non seulement il écrit à Jefferson et à Washington sur ce sujet*: mais il remet des mémoires, cherche à gagner à sa cause M. de Montmorin ^. A un moment il croit avoir conclu un traité avec le contrôleur (général?)^. Puis tout est perdu définitivement : « Swan vient me voir (12 mars) et me dit que les motions et les résolutions de Roederer ont coupé la régie dans sa racine ; c'est ce que je lui avais fait prévoir^. »
iVi GOUVERNEUR MORRIS
Mais au cours de ces négociations il a noté certains traits : « Swan m'a dit ce matin (3 février 179 1)* ^ propos de la question du tabac* qu'il y a dans l'Assemblée un groupe d'hommes qui disposent de toutes choses comme il leur plaît, et qui mettent tout à profit. Il parle de leur corruption avec horreui^*. » — «Je montre à Short (26 mars 1 79 1 ) le Af^mojre elles notes que j*ai faits au sujet du tabac. Parlant des faits et gestes de l'Assemblée à cet égard, il dit, que le duc de La Rochefoucault est mené par Roederer et par Gondorcet qui sont deux coquins Çrascals). Je lui rappelle que depuis longtemps j'ai jugé ce dernier d'après son attitude ^. » Mais ce sont là les propos de deux étrangers déçus dans leurs spéculations : la mémoire de Gondorcet n'en saurait être ternie.
Ge qui intéressait surtout Morris, c'était la lutte des partis dans l'Assemblée et la Gonstitution. 11 n'a point cependant étudié les efforts du premier Gomité de Gonstitution, avec lequel on avait voulu l'aboucher et où siégeaient à côté de Sieyès et de Talleyrand. Mounier, Bergasse et Lally-Tollendal. Ils proposèrent et défendirent l'institution d'une seconde chambre, un Sénat non héréditaire, et, au profit du roi, le veto absolu. 11 n'a pas suivi et noté les mémorables débats qui se déroulèrent aux mois d'août et de septembre 1789, et au cours desquels sombrèrent ces propositions. 11 était en Angleterre où il a passé la plus grande partie de ce temps ^. D'ailleurs la Gonstitution que proposaient Mounier et Lally- Tollendal n'était point celle de Morris : ils seraient allés, cela paraît certain, jusqu'à admettre, comme seconde chambre, un Sénat élu à temps par les provinces.
Vaincu, le premier Gomité donna sa démission, et, seuls de ses membres, furent réélus au nouveau Gomité de Gonstitution, Sieyès, Talleyrand et Ghapelier. Avec eux y entraient Desmenniers, ïhouret, Tronchct, Target et Rabaud Saint-Etienne. Gependant entre les vaincus et les vainqueurs la scission n'était pas définitive ; la preuve en est que Mounier présidait