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LES ÉTATS GÉNÉRAUX. L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE i4i
leurs chefs. Le parti du juste-milieu serait le plus fort si la nation avait de la vertu ; mais hélas ! ce n*est pas le cas et par conséquent je crois qu'il servira simplement de planche à ceux qui trouveront opportun de changer de côté * . »
Plus loin, en étudiant les faits qui ont précédé et suivi la fuite de Varennes, nous verrons qu'elle fut en dernier lieu la conduite des Jacobins de rAssemblée constituante.
Morris est un de ceux qui ont jugé le plus sévèrement la Constitution de 1791 ; nous le savons déjà^. Dès les premiers jours, avant même que les États généraifx se fussent transformés en une Assemblée constituante et souveraine, il avait vu et défini la Constitution que celle-ci ferait et qui,- pour ainsi dire, était dans l'aire
Cependant après le 28 juin et le ï4 juillet 1789, il garde encore quelque espoir, et tache, dans la mesure de ses forces, de mener à bien l'entreprise. Le 28 juin même il dîne avec La Fayette: « Avant de le quitter je saisis l'occasion de lui dire que si le tiers est maintenant très modéré, il triomphera probablement ; mais s'il est violent il échouera inévitablement*. » Le 28 juillet, il revient à la charge : « Je le presse de prendre des mesures pour que le roi soit à l'aise ^; sur quoi il est désireux de connaître mes raisons. Je lui dis qu'elles dérivent d'une communication secrète, et que, par suite, je ne puis m'avancer davantage. Je lui propose une alliance pour protéger ce prince et déclarer ennemis publics et privés ceux qui l'insultent. Je lui propose un plan pour écarter la difficulté venant de l'Assemblée nationale, qui s'est engagée à ne pas établir d'impôts avant que la Constitution soit finie et qui, par suite, est pressée par le temps. J'insiste fortement sur les dan-