‹ Gouverneur MorrisChapitre 41 sur 150 · I. T. I, p. 338. — 2. T. I, p. /Jag cl suiv · texte numérisé non relu

I. T. I, p. 338. — 2. T. I, p. /Jag cl suiv

lution : ce Je n*aî point vu de faction dirigeante, dit Malouet, pas même le club des Jacobins, qui vivait au jour le jour, comme le parti de la Cour. J'ai vu dans tous les partis un état de choses tellement désordonné en fausses combinaisons, en caractères faibles et violents, en prétentions et en oppositions insensées, qu'il devait en résulter tout ce qui est arrivé, même le crédit des Marat et des Robespierre. . . Quoi ! point de chef et point de plan dans le parti populaire ! Non ; ce qu'on peut véritablement appeler un chef, exécutant un plan combiné, soit par lui, soit par sa faction, je ne connais pas une telle chose. dans le cours de la Révolution jusqu'à la journée du dix-huit brumaire*. » Le club de ce temps était d'ailleurs une forme d'organisation particulière et rudimentaire. C'était bien une association, une société qui recrutait ses membres et n'admettait point indifféremment toute personne ; on le verra bien lors des redoutables épurations auxquelles le club des Jacobins procédera sous la Convention. Mais elle se bornait à discuter les questions politiques pendantes ou qui allaient être portées devant l'Assemblée nationale. Comme cette Assemblée, le club admettait je public à ses débats, et les tribunes des Jacobins n'étaient pas moins puissantes que celles de l'Assemblée. Là aussi, comme dans les assemblées, luttèrent les différentes fractions du parti dominant. Durant l'histoire entière de la Constituante, tout effort pour créer un parti nouveau se traduit par la fondation d'un nouveau club : ainsi celui des Impartiaux ou club monarchique que Malouet essaya de créer au commencement de 1790^, ainsi le club des Feuillants, qui résultat du schisme opéré dans la société des Jacobins au mois de juillet T791.

Ce qui fit la véritable force du club des Jacobins, ce furent ses filiales, les nombreuses sociétés populaires créées dans les départements à son image et qui lui étaient affiliées, recevant de lui le mot d'ordre el prêtes à appuyer ses volontés. C'est à cette organisation que Morris fait allusion dans les passages suivants : « Aujourd'hui (i5août 1790 a Londres) M. Bouinville dîne avec moi et me communique tout ce qu'il sait con-

I. Mémoires, t. I, p. 392. — 2. Mémoires, t. II, p. 28etsuiv.

ilio GOUVERNEUR MORRIS

cernant l'état des affaires de France. Il dit que les choses vont très mal à Paris et même dans toute la France. Le comité des- Jacobins (sic) prend des forces de jour en jour*. »

Le i8 novembre 1790, après un entretien avec l'abbé d*Andrezelle : « Il me parle d'une société formée pour correspondre avec les provinces afin de contre-balancer les Jacobins. Je lui donne quelques idées sur ce sujet, dont il se déclare fort obligé, et me demande d'assister à une de leurs réunions. Ce à quoi je consens^. »

Au commencement de 1791 il croit apercevoir un nouveau classement des partis qui se prépare dans l'Assemblée, un rapprochement entre les modérés et les Jacobins, qui en effet s'attestera avant même la mort de Mirabeau. En février 1791 il écrit à Washington : « Il y a toujours ici trois partis. Les enragés, connus depuis longtemps sous le nom de Jacobins, ont beaucoup perdu dans l'opinion publique, de sorte que dans l'Assemblée ils sont moins puissants qu'ils ne l'étaient ; mais leurs comités de correspondance (appelés sociétés populaires) répandus par tout le royaume leur ont donné une profonde et forte prise sur le peuple. D'autre part, les nombreuses réformes, quelques-unes pas nécessaires, et toutes rudes, précipitées et extrêmes, ont jeté dans le parti aristocratique un grand nombre de mécontents. — Le militaire, qui naturellement se tourne vers le souverain (look up to) est quelque peu moins factieux qu'il n'était, mais c'est plutôt une populace qu'une armée, et elle doit tomber, je le crois, dans la question ou du côté aristocratique ou du côté Jacobin. Les juste-milieu (middlemen) sont dans une situation bizarre. Dans le Sénat ils suivent les conseils des Jacobins, plutôt que de paraître ralliés à l'autre parti. Le même principe de fausse honte opère au dehors dans les grandes occasions, mais comme les autocrates ont été précipités par le torrent de l'opinion du haut de leurs absurdes prétentions et que les juste-milieu commencent à être alarmés, étant données les extrémités auxquelles ils ont été poussés, ces deux partis peuvent s'entendre, si ce n'était l'animosité personnelle de

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