Mémoires, t. II, p
a. Sur la mission de Mallet du Pan, voir outre ses Mémoires, Malouet, Mémoires, t. II, p. 210, 219 ; sur celles du baron de Breteuil, Malouet, Mé' moires, t. II, p. 2i5 ; de Flammermont ; Négociations secrètes de Louis XVI » et du baron de Breteuil auec la Cour de Berlin *( décembre 1 791 -juillet 179a), Paris, i885.
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lers n'ont ni ]e sens ni le sonfile qne réclame l'occasion '. » Jamais parole n'a été plos prophéti<]ae.
Beaucoup (Jos tard, il écrira à Rafos King, le a3 octobre r 793 : c En réduisant l'aatorité royale au-desaoas de toute mesure raisonnable, les auteurs de la Constitution araieni rendu moralement impossiUe que le peuple pût croire le roi «sincère dans son acceptation, alors même qu'il eût été possible qu'il pût sans regret se v(Mr. de la place la plus baute qui soit accordée à l'homme, réduit à un état si abaissé que d'être pxposé à l'insulte Tenant des plus bas^. » Ajoutez à cela que l'entourage du roi ne semblait laisser aucun doute, c Le palais, dit encore Morris, dans la même lettre, était toujours plein de gens dont le langage, la conduite et les manières riaient si diamétralement contraires à tout ce qui rappeUe la liberté, qu'il était aisé de persuader au peuple que la Cour voulait ruiner la Constitution par la stricte observation de la Constitution elle-même. Le roi, dont l'intégrité n'aurait jamais admis rien qui ressemblât à la violation de son serment, avait néanmoins la faiblesse de laisser approcher de sa personne ceux qui, ouvertement, professaient des sentiments anticonstitutionnels, et de les admettre dans son intimité. La reine était la plus prudente des deux '. » Il est clair pour Louis XVI que, pourvu qu'il ne violât, dans sa lettre, aucun article de la Constitution, il était convaincu 1' <iu*il tenait son serment, et cela alors qu'en même temps il 7 négociait avec les souverains étrangers ligués contre la France |K)ur que « le sort des armes lui fit rendre la liberté nécessaire à l'exercice de la puissance royale * ».
A côté de ces redoutables négociations, de misérables intrigues se nouaient constamment à la Cour : « Ajoutez à cela, dit Morris toujours dans la même lettre, que la Cour était engluée dans un esprit de petite, méprisable intrigue, indigne de tout ce qui est au-dessus des valets de pied et des femmes de chambre, ('chacun ou chacune avait son petit projet
I. T. I, p. /i50. — a. T. I, p. Ooo. — 3. T. I, p. 602. 7i. Mémoire pristnlé par Mallet du Pan aux souverains alliés de la part de Louis XVI, rédigé par Mallet et corrigé par le roi. Mémoires, t. I, p. 44o.
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et chaque petit projet avait ses approbateurs ^ » Et Malouet: « Hélas I je dois le dire en le déplorant, une multitude d'in- Irigants et de gens officieux entouraient la famille royale; leur zèle aveugle, indiscret, sans moyens, créait sans cesse des espérances de contre-^révolution '. » Maillet du Pan : « Chacun d'eux avait ses demi-confidents, ses agents, ses négociateurs, qui ne pouvaient se concerter sur rien et devaient souvent se contrarier ^. » En voici quelques exemples que fournit le Journal: « Aujourd'hui (7 décembre 1791) causant avec M. de Laborde, nous allons d'un sujet à un autre, jusqu'à ee qu'enfin il me communique un journal, qu'il écrit et qui est envoyé aux frais du roi à toutes les loges de francsmaçons du royaume. Il dit que le roi et la reine, M. de *La Porte et lui -sont les seules personnes dans le secret*. » Le 18 octobre 1791 : « Je dis à Montmorin que je suis informé que le roi reçoit souvent de ses frères des lettres qu'il ne communique pas. l\ dit que cela est vrai, mais qu'il lui lit les ^parties relatives aux affaires publiques. Je lui dis, qu'à ce que je comprends, la reine reçoit des lettres de l'Empereur concernant les alTarres d'ici. Sur ce point il ne paraît pas tout à fait fixé et dit qu'il appréhende que le dernier changement ne vienne 'des 'Conseils autrichiens. Il me recommande le plus gr^nd secret dans un style qui semble implorer ma pitié pour tant de faiblesse humaine^. » Le 26 novembre 1791, lorsque Montmorin quitte le ministère des Affaires étrangères, voici ce qu'il raconte à Morris : a II me dit que la -véritable cause qui lui a fait quitter -le ministère, c'est qu'il n'avait pas l'entière confiance de leurs majestés ; qu'elles étaient gouvernées par des conseils venant tantôt de Bruxelles, tantôt de Goblentz ; il s'est efforcé de les convaincre, qu'à moins d'avoir un plan arrêté, il leur serait fait beaucoup de mal, mais en vain ^, »
I. T. I, p. 6oi. — a. Mémoires, t. II, p. 2i4. — 3. Mémoires, t. II, p. 22G. 4. T. I, p. 485. — 5. T. I, p. t^m. — G. T. I, p. 482.
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D*aulfe part, le parti dominant dans la nouvelle Assemblée était républicain. Dès le 3o septembre 1791 Morris signale le fait à Washington : « La nouvelle Assemblée, autant qu'on peut la déterminer actuellement, est imbue des principes républicains ou, plutôt, démocratiques *. » C'était une Assemblée toute nouvelle, puisqu*aucun membre de la Constituante* n'avait pu être réélu. Ses membres appartenaient presque tous à la bourgeoisie. L'ancienne haute noblesse en était totalement exclue et, par là, la représentation de la grande propriété foncière. La Marck disait : « On a calculé que les nouveaux députés ensemble n'ont pas en biens fonds Sooooo livres de rente. » Le clergé y figurait, constitutionnel bien entendu, par un certain nombre de ses membres. Ce qui dominait, c'étaient les hommes de loi, les avocats de province. Elle comprenait d'ailleurs un grand nombre d'hommes remarquables : les anciens Constituants et les membres de la Législative fourniront les principaux éléments de la Convention.
La majorité, comme l'avait dit Morris le premier jour, y fut républicaine, et cela était logique. Les principes déposés dans la Constitution de 1791, l'égalité, la souveraineté du peuple, conduisaient naturellement à la République et, en les accommodant à la Monarchie, les Constituants avaient volontairement commis un de ces illogismes, qui sont parfois féconds, comme au xvi® siècle la Réforme et le protestantisme. Les nouvelles couches, qui avaient fourni la Législative, poussaient la logique à fond. Le 4 février 1792 Morris écrit à Washington : « J'ai mentionné le parti républicain. Il est sorti tout naturellement de la vieille secte jacobine ; car. lorsque les chefs, trouvant que tout était à peu près ruiné par le manque d'autorité, se furent mis eux-mêmes sérieusement à Tceuvre pour corriger leurs propres erreurs, beaucoup de leurs disciples, qui croyaient à ce qu'avaient .prêché leurs apôtres,
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et beaucoup, qui voyaient dana le rétablissement de l'ordre la perte de leur importance, résolurent de rejeter toute soumission aux tèfes couronnées, comme indigne d'un peuple libre, etc. Ajoutez à ceux-là le nombre dea mendiant,', des mécontents soupirant après un temps de péle-nirli>, lir |>ill:iL'i' et de confusion'. 0 Après le to août il écrit h lliilii- kîii,;; : s La dernière Révolution a pour cause prcmièri' ccl csii's du tempéramment humain qui pousse les hommes etu\ evtrénies, s'il n'est pas réprimé et contrôlé '. a
Cette poussée républicaine ne déployait pas l'iii'orc ouvcrteinent le drapeau de la République. Cependant tous les lininmps qui suivaient ce mouvement considéraient comnir nncpreinièrt? ébauche la Constitution de 179 [.qui était, sinon cllii-accnient. du moins sincèrement monarchique. Les droils du roi ne leur semblaient aucunement respectables; cl. de tT cùlf aussi, on avait le désir, quand cela serait possibli-, de décliirer la Constitution.
Mais dans la masse on peut distinguer plusieurs courants. deux principaux. Ils sont bien marqués sur la « cavlo politique » qu'a <r crayonnée » Mallct du Pan d;iiis le Mi-molrr qu'au nom du roi il remit en juillet 1792 nii\ snuvi'raiiis allies contre la France.
Le premier groupe comprend IcsGirondins cl Iob IJrlssolin*. auquel Mallet donne Sieyès pour chef : « La scilion actuellement dominante est présidée en chef par l'abbi- Siojè.s qui la gouverne avec Brissot. Condorcet. Pétion. Genaonné, Vergniaud, Guadel et Manuel. Cette cabale avait fori ministère'. Outre ses propres adhérents, cll< ordinairement à ses décisions la majorité des iTio fourbes, politiques ou poltrons, classés dans l'Assemblée niilionale » le nom d'indépendants'. » 11 caractérise d'aillr'iirs fort nel ment les Girondins :« Elle a (cette faction) l\i\nutDge raffinements, des talents et d'un plan dont les liissiuit lendu par l'abbé Sieyès. » Morris, le lo juin 179a. li^in'' une Ictti à JcITerson, signale aussi les Girondins comni'-
rbes, J^
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parti Jacobin ; il les envisage, en tant qu'Américain, sous un jour tout particulier : « A la tête de la faction jacobine se trouve la députa tion de Bordeaux, et cette ville, comme vous le savez, est particulièrement mal disposée pour nos intérêts commerciaux ^ »
Ceux-là ne professaient point ouvertement le dessein d'abolir la monarchie : « Le projet de cette cabale, dit Mallet du Pan, n'est pas la République nominativement, mais la République de fait, par la réduction de la liste civile à cinq millions, par le retranchement de la plupart des attributs laissés au roi, par un changement de dynastie dont le nouveau chef serait une espèce de président honoraire de la Répu- • blique, auquel ils donneraient un Conseil exécutif, nommé par l'Assemblée, c'est-à-dire par leur Comité. »
Ils ne se déclaraient pas non plus les ennemis de la Constitution et affectaient, au contraire, de l'appliquer et de la défendre. Ce sera là dans la suite un des principaux griefs des Montagnards contre les Girondins. Morris explique cela à Jeflerson le 28 octobre 1792 : a Les Brissotins prétendent que l'attachement qu'ils professaient pour la Constitution défunte était seulement simulé et était nécessaire pour couvrir leurs attaques contre elle ; que dans leurs divers décrets ils ont eu constamment en vue l'avantage qu'on gagnerait à obliger le roi soit à sanctionner ce qui (bien qu'agréable au peuple) était contraire à la Constitution, auquel cas la Constitution serait devenue lettre morte et aurait laissé le champ libre à la lutte entre le roi et la législature — ou, si le roi refusait sa sanction, cela tournait contre lui la voix du peuple et par conséquent l'exposait à une attaque avec chance de succès, lorsque le moinent favorable se présenterait ; bref, que c'étaient eux qui avaient formé le plan d'une armée de vingt mille républicains sous les murs de Paris et qui prirent des mesures privées et efficaces pour mettre cette armée en marche si (comme on l'appréhendait) le roi mettait son veto au décret ; que c'était grâce à ces mesures que les Bretons, les ^larseillais et autres fédérés étaient sur les lieux pour exécuter
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le plan du lo août^. » La tactique indiquée dans ce passage était-elle le plan dont Sieyès aurait tendu les fils ? Quoi qu'il en soit Morris en affirme encore la réalité à Rufus King : « Les républicains (qui avaient aussi leur plan pour détruire la Constitution par la Constitution) fondèrent sur l'intégrité personnelle du roi leurs manœuvres pour détruire son renom d'intégrité et pour le présenter au monde comme traître à la nation, qu'il avait juré de protéger. En conséquence, ils saisirent toutes les occasions de faire passer des décrets qui étaient inconstitutionnels. Si le roi usait de son veto, il était accusé de désirer une contre-révolution ; s'il sanctionnait le décret, il se perdait dans cette mesure avec ceux que lésait le décret, et naturellement il devenait de jour en jour moins protégé. Le succès de ses ennenis a dépassé leur espérance *. »
L'autre groupe, le parti républicain avoué et décidé, est ainsi présenté par Mallet du Pan : a La seconde ligue qui partage les Jacobins est cohiposée des agitateurs grossiers, les républicains impatients qui, ne pouvant supporter aucun gouvernement, désirent l'éternité de l'anarchie. On ne leur découvre d'autre principe que celui d'une application immodérée et à rigueur des Droits de l'homme, . . Robespierre, Danton , Chabot, Merlin, Bazire, Thuriot et cent autres de cette trempe,* soutenus par le club des Cordeliers et par les sociétés fraternelles, administrent cette faction désordonnée, qui conserve un parti très nombreux dans le club des Jacobins, qui dispose de la plupart des libellistes populaires, des gens à piques et de l'écume de la capitale. »
Les deux groupes, on le voit, avaient pour organe commua et principal le club des Jacobins; c'est là qu'ils se rencontraient. Il en sera ainsi de tous les républicains jusqu'en thermidor. L'exclusion de cette société deviendra l'arme usuelle pour frapper un adversaire ; et les épurations marqueront les grandes crises dans la lutte des partis. Les républicains avoués de 1792 avaient déplus, pour organe particulier, le club des Cordeliers. Dans cette phase de la Révolution il n'y a pas de parti vraiment distinct sans un club spécial.
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Les doux groupes, unis en i yya , tendaient à un même but : mais des germes de division et même d'hostilité existaient déjà : « La jalousie, dit Mallet du Pan. une diflerence d'opinion au sujcl de la guerre, jetèrent quelque discorde entre ces deux cabales : on vit le moment où. elles allaient se séparer, B Dans sa lettre fi JelTerson, du lo juin 1792, Morris va plus loin : « Il eiiste. dit-il, une haine mortelle entre les différents partis dans l'Assemblée'. »
Au cours du temps le Journal signale diverses entreprises des répablicains. C'est évidemment du premier groupe qu'il parle. le i4 octobre 1791. confirmant sur un point le témoignage de Mallet du Pan ; « Je dis d&s aujourd'hui k M. de Montmorin. après dîner, que les républicains ont l'intention de commencer leur attaque par la liste civile et je lui suggère les moyens de prévenir cela'. » Le aa octobre, toujours chez Montmorin. il a une conservation avec Mme de Beaumont ; « Je lui communique les plans des ennemis du roi, tels qu'ils m'ont été communiqués ^. n Le 36 octobre : « Brémond vient et dit que le parti républicain compte sur une tentative du roi pour s'échapper ; ils ont l'intention de la faciliter, et alors, , rejetant le blâme de tout ce qui arrivera sur le roi et sur ses nobles, ils suspendront les paiements et seront prêts a soutenir toute attaque'. 0 Le 17 juin 179a il écrit à Jcfferson ; a A la grande surprise de Dumouriez le roi a accepté sa démission, et ses amis, nouvellement nommés, s'en vont avec lui. Les Jacobins ont été occupés toute la nuit a soulever un tumulte dans la ville mais les précautions prises pour l'empêcher ont réussi jusqu'à présent. Pour tout dire, Monsieur, nous avons sous nos pieds un vaste volcan. Nous le sentons trembler. ' nous l'entendons gronder; mais comment, quand et où se fera l'éruption, et qui détrulra-t-elle, le découvrir, dépasse la portée de la prévision humaine °. » Le ao juin il note : s La Constitution aujourd'hui a rendu le dernier soupir. » Et le a^ juin: u Brémond vientce matin et me raccontc sa conversationavecServan, le ci-devant ministre do la Guerre, qui va
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prendre un commandement dans le Sud de la France. Il s'attend à ce qu'une grande République soit établie ici, et invite Brémond à prendre la direction de ses finances. Brémond compte par degrés devenir maître de leurs secrets*. S) Enfin, le 6 juillet : a Danton a dit aujourd'hui publiquement à propos des intrigues de la Cour qu'ils seraient débarassés de tout cela le i4. Les différentes parties de l'Assemblée sont unies et tout est amour et tendresse^. »
La Constitution n'avait-elle pas des amis et des défenseurs ? Elle semblait en avoir dans ceux qu'on appela alors les Constitutionnels ; mais eux-mêmes n'avaient pas l'intention de la respecter. v
C'était d'abord et essentiellement l'ancienne majorité de l'Assemblée constituante, comprenant, dans une alliance imposée par les circonstances, les anciens modérés et, comme dit Morris, les vieux Jacobins, qu'il distingue soigneusement des nouveaux et qui gardent à leur tête l'ancien triumvirat : Duport, Barnave et Lameth. Ils ont quitté le club des Jacobins et ont leur club particulier, celui des Feuillants.
Leur but, était bien simple. C'était de gouverner, sous le nom du roi et par l'organe de l'Assemblée, dont ils s'étaient exclus eux-mêmes. C'est ce que dit clairement Morris à Washington le 4 février 1792 : a Si la Constitution avait été praticable, ceux-là seuls qui auraient été au pouvoir sous son empire auraient eu une réelle autorité. Mais ce n'était point le cas, et, par suite, le plan des alliés fut de faire accroire à la Cour qu'eux seuls avaient assez de popularité dans le pays, pour défendre le pouvoir monarchique contre le parti républicain, et, d'un autre côté, de convaincre l'Assemblée que (ayant dans leurs mains l'autorité royale) toutes les faveurs, places et largesses passieraient par leurs mains. Ils se sont constitués, s'il est permis d'employer cette expression, les <c cource tiers gouvernementaux » dé la nation ^. »
Aussi d'abord tout est à la coalition. Le i^"^ octobre 1791 « Je rends visite à Mme de Staël, écrit Morris. Elle a une spciété bigarrée, qui vient, dit-elle, de faire un dîner de coalition. Il y a là Beaumetz, l'évêque d'Autun, Alexandre de Lameth, le prince de» Broglie, etc. Malouet arrive ainsi que le comte de La Marck qui cause avec Madame*. » Le ministère est d'abord reconstitué, au profit de la coalition, comme l'explique Morris à Washington dans sa longue et curieuse lettre du 4 février 1792, •dans laquelle, soit dit en passant, il traite assez mal son ami Talleyrand : « M. Duport (du Tertre) le garde des sceaux est une créature et un adhérent juré du triumvirat, lequel est un autre triumvirat Diiport, Barnave et Alexandre Lameth — qui sont les chefs des vieux Jacobins. Je dis les uieua: Jacobins, car les Jacobins d'aujourd'hui sont le parti républicain. Ce garde des sceaux communique immédiatement à ses coadjuteurs toyit ce qui s'est passé dans le Conseil. Le ministre de l'Intérieur, M. Delessart... a été l'un des sous-ordres de M. Necker, qui l'a poussé, et s'est lié avec le triumvirat, les ennemis de Necker. Duportail, le ministre dé la Guerre, dont j'ai prédit la conduite envers son créateur, M. ^e La Fayette, était aussi complètement asservi au triumvirat. M. .Bertrand de Mollevillc venait d'être nommé ministre de la Marine, place que M. de Bougainville avait refusée. 11 était poussé par les Quatre-vingtneuf qu'il méprise et il a dit au roi qu'il ne voulait pas entrer dans un ministère dont il savait que plusieurs membres lui étaient infidèles. M. Bertrand a été porté par la même influence, mais il est sincèrement attaché à la couronne. . . C'est par les intrigues de l'évoque principalement que M. de Choiseul avait d'abord été nommé au département des affaires étrangères ; mais il a préféré rester à Constantinople (comme ambassadeur), jusqu'à ce qu'il pût voir comment les choses s'arrangeraient-. »
Mais l'entreprise des coalisés était impossible. Il eût fallu d'abord que leur parti eût la majorité dans l'Assemblée. Malouet prétend bien qu'ils la possédaient. Parlant de l'algarade de La Fayette à la Législative, après le 20 juin : « M. de La