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LES TAPISSERIES

Le roi Philippe V apporta en Espagne le goût des tapisseries, qu'on demandait jusque-là aux Italiens et aux Flamands, et fonda à Madrid une .Manufacture Royale de Tapisseries. File s'élève encore aujourd'hui à L'entrée <K- la pmmenade de los Altos ou de Cliambéry, et pinte le nom de Manufacture de Sauta-Barbara,

La dale d<> la fondation remonte à 1720; le roi avait tait venir d'Anvers un praticien célèbre, Jean Vergotin, ses lils lui succédèrent dans la direction de l'établissement el monopolisèrent les moyens d'exécution et les traditions. On faisait à Santa-Barbara des lapis et des tapisseries de liante et basse lisse; on copiait des sujets relij;ieu\, des tableaux de genre, des toiles historiques,

*m*n ifaNMtiMh ir rt fe^fa phiUppe V jusqu'à Ferdinand VII tous les

mis mirent leurs soins à développer cette industrie.

Charles IV, plus que tout autre, donna l'essor à la Manufacture de Santa-Barbara,

la

et imagina de décorer des palais tout entiers avec les tapis sortis de celte fabrique nationale; il convia les peintres de son temps à chercher des sujets propices à cette industrie, et confia à ses tapissiers les plus beaux tableaux flamands de sa galerie pour les reproduire.

En 1779, Goya, dont on ne connaissait pas encore toute la valeur, et qui s'était surtout fait remarquer par des toiles de genre pleines de gaieté, spirituelles dans l'idée comme dans la touche, reçut une commande considérable de cartons destinés à être reproduits par les métiers de Sauta-Barbara. Goya, rompant avec la tradition, et probablement guidé dans cette voie par l'exemple des Teniers, des Hrauwcr, des Jean Steen et autres de la même école; voyant d'ailleurs qu'on lui laissait le choix du sujet, et que ces tapis étaient destinés à orner les appartements des rendez-vous de chasse et des palais d'été, eut l'idée de prendre tous ses sujets dans la vie de chaque jour, les promenades, les jeux, les épisodes de la vie élégante.

Les cartons de Goya existent encore; ils sont traités très-largement, exécutés quelques-uns à l'essence, la plupart à l'huile; c'est tres-éclatant et volontairement heurté comme effet. Ge sont des déjeuners sur l'herbe, des chasses, des pêches, des promenades aux fêtes, des rendez-vous, par-ci par-là quelques coutumes nationales et des jeux d'entants. Les figures sont toujours vêtues d'étoffes brillantes; les rouges, les bleus, les verts dominent et font opposition à des blancs gris très- veloutés et doux à l'o'il.

lie nombre des cartons de tapisseries exécutes par Goya est considérable, seulement au Pardo on compte trente grands lapis, et l'Kscurial en renferme au moins autant ; Aranjuez, la Granja, Madrid, la Casa de Gampo et les autres résidences doivent en contenir évidemment quelques autres.

TAPlSSF.niES TtV PARDO.

Le Pardo est une résidence royale située entre deux collines, sur la rive gauche du Mançaiiarez , à deux lieues de Madrid. On suit pour y aller la mute poudreuse qui, conduisant au chemin du nord, passe devant la Morida.

G'est une ancienne maison de chasse avec une grande forêt, elle existait avant que les rois eussent fixé leur séjour à Madrid. Charles l rr la rebâtit, Philippe II l'embellit, et Charles III, grand amateur de chasse, l'agrandit considérablement. Vingt lieues de bois, ceux de Vinuelas, du duc d'Arcos et de la Sarzuela, rendaient ce séjour précieux pour un aussi fervent chasseur. Charles IV, qui avait les mêmes goûts que son père, ajouta encore à l'importance du Pardo et le fit décorer.

Il n'existe pas de catalogue au Pardo, et nous nous sommes proposé dans la visite que nous avons faite récemment de séparer les tapisseries de Goya , de celles qu'on lui attribue à tort. Des ciccroni naïfs confondent à tout moment les plus vul-

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