‹ Grains de mil: poesies et penseesChapitre 110 sur 128 · CXXXI. — LA FORGE DES CHOSES · texte numérisé non relu

CXXXI. — LA FORGE DES CHOSES

La force des choses, c'est le doigt de Dieu dans l'histoire. Implacable exécutrice des hautes-œuvres de la souveraine justice, elle abat avec la hache toutes les résistances. Laissez passer la justice de Dieu. Ses desseins s'accomplissent inexorablement, mais c'est la faute de l'homme si cette Puissance irrésistible, dont la droite est armée du glaive exterminateur et la gauche pleine de palmes, doit punir ou couronner. L'homme décide de sa destinée ; il fait la route sanglante ou facile, il peut barrer, faire dévier ou écumer un instant le fleuve de l'histoire, mais il ne lui fait pas rebrousser chemin, il ne peut faire fléchir les décrets de la Providence. Le but est inévitable, prédestiné , mais le moyen dépend de l'homme. Sans lui , avec lui ou malgré lui, la volonté suprême s'accomplit.

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