CXXXIX. — TÉMOINS ET COMPUCES
Vertus, fautes et crimes s'entendent sur le compte des témoins, que tous les trois, par modestie, honte ou peur, évitent également, mais non sur l'article des complices, que les crimes redoutent comme une menace, tandis que les fautes les recherchent comme une excuse et que les vertus les aiment comme une récompense.
cxL. — l'asile.
Il n'y a pas de parfums, de vertus, de trésors, qui n'aient besoin d'être renfermés ; n'ouvre pas poi^ tes et fenêtres à tous les vents du ciel, à tous les
oiseaux de la forêt, à tous les passants de la terre ; aie en toi un sanctuaire, une chapelle intérieure qui soit aussi une citadelle et un lieu fort; caches-y ton secret, ta vocation, tes principes, les archives de ton âme, Feau lustrale de la religion, les armes de ta volonté, Tex-voto de ta suprême idée ; reviens-y quotidiennement te retremper par la prière et la contemplation ; viens-y demander la foi et la fidélité à toi-même. Le recueillement, le retour au divin, il ne faut pas moins pour traverser la vie, ses tentations, ses dissipations, sans s'évaporer, se dissiper ou se corrompre. Et cette foi intérieure demande à être renouvelée tousles jours.