‹ Grains de mil: poesies et penseesChapitre 121 sur 128 · CL. — CAPTIVITÉ DU CCEUR · texte numérisé non relu

CL. — CAPTIVITÉ DU CCEUR

Le bien que nous leur avons fait ou qu'ils pensent de nous est encore ce qui nous engage le plus et nous lie le plus aux autres. Par la reconnaissance et l'affection, les hommes et même les animaux nous constituent de cœur leurs prisonniers. Donc en nous faisant aimer nous nous forgeons des chaînes ; mais, comme le citoyen libre des an-

ciennes républiques, nous seuls mettons ainsi la main sur notre liberté. Cependant la plus douce contrainte est encore de trop dans la sphère du sentiment. La reconnaissance force, il est vrai, l'affection, mais l'affection n'est entière et parfaite que lorsqu'elle n'a plus un seul élément de résignation et que cette captivité du cœur, déjà doucement consentie, devient gaie, désirable et désirée.

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