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NOVEMBRE

A M. J. Petit-Senn.

Beaux jours, vous n'avez qu'un temps, Et souvent qu'une heure !

Quand gémissent les autans.

Il faut que tout meure. —

Calme-toi, cœur agité ;

Fleurs, oiseaux, joie et santé.

S'en vont! — Dieu demeure.

Doux soleil aux rayons d'or Égayant la chambre.

Rive où le chagrin s'endort, Verçers couleur d'ambre,

Lac si pur, contours chéris.

Monts riants, sentiers fleuris.

Adieu ! — c'est Novembre.

solitude des bois, Calme et recueillie,

Aujourd'hui nue et sans voix, De brouillard remplie,

Mon cœur frémit en secret.

Car en lui monte, ô forêt, Ta mélancolie!

Frais lointains, aubes de feu.

Chants dans la vallée,

Couchants de pourpre, ciel bleu Et nuit étoilée.

Adieu! Novembre est vainqueur.

Tu te voiles dans mon cœur, Nature voilée !

Tout est gris, morne et désert :

Au ciel, plus de flamme.

Dans les champs, plus rien de vert !

Quel est donc ce drame? —

Nature, en tes traits pâlis,

L'œil humide, hélas! je lis L'histoire de l'âme.

Mais le printemps reviendra

Guérir qui se traîne !

La beauté refleurira

Sur ton front, ô reine ! — Dans ma nuit, ainsi que toi.

Je veux descendre avec foi,

Nature sereine !

Clarens, 10 Novembre ISHS.

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