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LA DIANE

A M. Albert Richard.

Bats tambour !

Bats tambour !

C'est pour moi le dernier jour :

Quand sonnera la trompette, Camarades, c'est ma fête.

Adieu, vieux, et demi-tour!

Drôrdejeu!

Drôr de jeu Que la vie!... on y rit peu :

Lundi, parade et grimace :

Mardi, par terre et de glace ; Mercredi, sous terre, adieu !

Cuirassier,

Cuirassier, C'est fâcheux pour ton acier !

Aujourd'hui luit comme foudre.

Demain rouillé dans la poudre...

Pauvre gars qu'un cavalier !

Au combat !

Au combat!

Sans soucis et sans débat :

Quand a parlé la patrie.

Suffit, on donne sa vie ; Ainsi meurt le bon soldat.

Bats tambour!

Bats tambour !

C'est pour moi le dernier jour.

Quand sonnera la trompette, Camarades, c'est ma fête ; Adieu, vieux, et demi-tour l

CHANSON D'ESCtLtDE.

Aux Genevois à l'étranger.

L'heure a sonné, les échos de Genève Ont dît : Savoie ! et, plus prompt que le vent, Ce cri, parti du pied du vieux Salève, Éveille au l^ord un autre écho vivant.

Du bleu Léman nous séparent cent fleuves ; De TEscalade, un long passé qui dort ; Mais pour chanter son lac ou nos épreuves.

Du Genevois le cœur palpite encor.

Qu'importe au cœur, ou le temps ou l'espace ! Dans leurs prisons il ne s'enferme pas :

Aigle planant plus haut que ce qui passe, Son vol royal dédaigne tout compas.

Philtre certain, tant que dans sa poitriue Bout un sang pur, l'homme est sain, jeune et fort ; Qu'il tienne plume, outil ou carabine.

Du Genevois le cœur palpite encor.

La vie aussi toujours plus nous sépare ; Vers rhorizon mènent mille chemins :

Chacun va, vient, revient, cherche et s'égare ; Où pourrons-nous nous revoir, pèlerins?

Dans les forêts il est une prairie ; Tous les sentiers s'y rendent comme au port; Grûtli boisé, ce lieu c'est la patrie :

Allons-y tous, notre cœur bat encor.

Patrie, ô mère auguste et vénérée, Dans tes enfants l'amour n'a point failli ; Quand ton appel retentit, voix sacrée, A cet accent, mère, ils ont tressailli.

Et, sur ton sol comme au lointain rivage, Humble ou puissant , dans la gène ou dans l'or, Jeune ou blanchi par les neiges de l'âge.

Du Genevois le cœur palpite encor.

Du Temps, amis, chaque battement d'ailes.

Efface, efface et nos mœurs et nos traits ; souvenir, sans les âmes fidèles, Toi-même, hélas! aussi disparaîtrais.

Ah ! serrons-nous autour des vieilles fêtes.

Sous leur drapeau, du temps bravons l'effort : Que des aïeux, pour sauver les conquêtes.

Du Genevois le cœur palpite encor !

Dans le sépulcre où vont les cités mortes, Tu vas, dit-on, cité de nos aieux; Oui, l'ennemi, Genève, est à tes portes !

Debout, patrie, et réveille tes dieux ! Tout n'est pas dit : la pierre de la tombe N'a pas encor sur toi scellé la mort :

Sur le déluge a passé la colombe....

Du Genevois le cœur palpite encor.

Il est toiig'ours sur cette vieiUe terre Des frotits brillant d'honneur et de fierté ; De nobles cœurs que rien de vil n'altère, Que rien de grand n'a jamais déserté.

Rien n'est perdu : Dieu nous laisse une chance : On peut dompter ou détourner le sort.

Jurons de vivre ! amis, bonne espérance !

Du Genevois le cœur palpite encor.

BerUn, 1846.

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