LA BRUNE
Vierge au pied leste, Au chant mutin, A la main preste, A l'œil lutin.
Au front hautain, Aavoyal geste, Sois plus modeste.
Songe au destin.
Vierge si preste.
Songe à demain !
La feuille tombe, ma colombe, Du rameau vert ; Le printemps chante, ma charmante...
Puis vient l'hiver.
Des feux d'Aurore Le ciel se dore...
Puis vient la nuit ; Un éclair brille, ma gentille.
Brille... et s'enfuit.
Fille superbe, La fleur de l'herbe.
Ton doux larcin.
Bientôt se fane, ma sultane....
Même à ton sein.
La pleine lune Bientôt» ma brune^ Perd son éclat ; La fraîche brise.
Quoique insoumise»
Bientôt s'abat.
L'horloge sonne, Sonne, ô mignonne...
Et puis se tait ; Tout passe vite, Vite, ô petite...
Et disparait.
Vierge au pied leste^ Au chant mutin.
Au royal geste, Au ton hautain, Rien ne demeure, Rien ici-bas ; L'heure après l'heure Presse le pas ; Et tel qu'un rêve S'envole au jour.
Ainsi» sans trêve Et sans amonr.
Qu'on le regrette, Enfimt, ou pas.
Tout, ma pauvrette, Nous quitte, hâas!
Ton oâl, bd ange, Vase ternir; Dans l'avenir Tout doit finir :
Aussi tout change.
Agneaux et loups.
Sages et fous Plaisir et joie.
Tout est la proie Du temps jaloux.
Partout il pille :
Autour de nous, A tes genoux; Sens-tu ses coups, jeune fille?
mm/mi^aa^^mimmm^m
Puis, sans espoir, Fruit, rose ou feuille Le Trépas noir Prend, fauche ou cueille Tout, un beau soir.
Sans perdre haleine Jusqu'au matin.
D'un pied badin Chassant la peine.
Danse, ô ma reine.
Aux cils d'ébène.
Mais dans l'arène, Enfant hautain.
Pense à la fin.
Pense au destin :
/ Vieille on se traîne ; Songe au chemin Vierge trop vaine, Songe à demain !