‹ Grains de mil: poesies et penseesChapitre 36 sur 128 · I. — THÉODIGÉ · texte numérisé non relu

I. — THÉODIGÉ

Tous les hommes cherchent Dieu, même l'avare, le débauché, le scélérat ; mais Dieu pour Tun c'est Tor, pour l'autre la volupté, pour un troisième le sang; pour tous leur idéal, leur passion secrète, leur amour fondamental. — Chacun obtiendra ce qum cherche: c'est la manière dont Dieu punit et éclaire. — Si ce qu'il cherche est faux, le coupable y trouvera son enfer relatif.

n. — LE BONHEUR.

Le bonheur est forcément réciproque et ne se trouve guère qu'en se donnant.

m. — LA VICTOIRE LABORIEUSE.

De toutes les choses odieuses à la paresse humaine, la plus odieuse est de penser. Pour certaines natures , une seule chose est quelquefois plus dure encore que de penser, c'est de vouloir. Il n'y a sorte de ruses, de subterfuges, de travail même

que celte paresse n'invente et ne s'impose pour échapper à la tyrannie de ce double devoir. Ainsi l'homme se révolte contre la loi qui le fait homme; il ne s'élève à sa propre dignité que par une sorte de contrainte. Il n'accomplit sa destinée qu'à la sueur de son visage, et n'avance qu'à reculons. Chacun de ses pas est une bataille, chaque progrès une défaite, chaque liberté qu'il conquiert une violence faite à lui-même. Pourquoi cela? Parce que la liberté est le miracle de la vie, comme la vie est le miracle de la nature.

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