‹ Grains de mil: poesies et penseesChapitre 35 sur 128 · REFLEXION TARDIVE · texte numérisé non relu

REFLEXION TARDIVE

La nuit s'en va, gare au réveil !

Pour vous je crains, ô Poésies !

Par le jour vous serez saisies :

Malheur à la phalène au lever du soleil !

Son rayon t'est mortel, ô phalène élancée ; Pour toi , c'est un tombeau, bien qu'un tombeau ver-

— c Gomment fuir un destin pareil? » [meil.

— Si ta poésie est pensée.

£t vous, redoutez pareil sort,

Vous qui n'êtes point cadencées,

Fragiles et minces Pensées :

Le jour, à vous aussi, peut apporter la mort! Le soleil est cruel ; sa riche fantaisie, .

Qui fait naître en tout sol la beauté sans effort.

Détruit tout, excepté le fort.

Dont la pensée est poésie.

SO Décembre 1S53. *

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