‹ Grains de mil: poesies et penseesChapitre 43 sur 128 · XV. — UNE CROIX · texte numérisé non relu

XV. — UNE CROIX

Être méconnu même par ceux qu'on aime, c'est la coupe d'amertume et la croix de la vie ; c'est là ce qui met sur les lèvres des hommes supérieurs ce sourire douloureux et triste dont on s'étonne ; c'est la plus cruelle épreuve réservée aux hommes

qui se dévouent; c'est ce qui a dû serrer le plus souvent le cœur du Fils de Thomme, et si Dieu pouvait souffrir, c'est la blessure que nous devons lui faire, et tous les jours. Lui aussi, lui surtout, est le grand méconnu ; le souverainement incompris. Hélas ! hélas ! Ne pas se lasser, ne pas se refroidir, être patient, sympathique, bienveillant; épier la fleur qui naît et le cœur qui s'ouvre ; toujours espérer, comme Dieu ; toujours aimer, c'est là le devoir.

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