LXXXHF. — LE FEU DE VESTA
Les hommes, comme le costumé masculin, sont devenus vulgaires , laids et uniformes dans toutes les classes ; toute la grâce et la dignité de l'espèce semblent se réfugier dans l'autre sexe : regardez au théâtre ou dans la rue, dans les salons ou les ateliers, il en est partout de même. A quoi tient ce résultat ? Entre autres à deux causes : à l'extrême spécialisation des acti\j^s qu'amène un siècle d'industrie, et à la bassesse des pensées qu'engendrent les préoccupations perpétuelles d'un siècle d'argent. La race s'affaisse ainsi toigours plus vers
la matière ; V Industrialisme et VUtilitarismCj élevés de simples tendances à la hauteur de principes, sont deux agents actifs d'abrutissement; et s'ils ne rencontraient des adversaires, ils auraient en deux cents ans dégradé la noble espèce humaine jusqu'au rang des castors ou des pourceaux. Et quels sont leurs adversaires? quels sont les champions de l'esprit contre cette propagande d'avilissement? Aujourd'hui ce sont particulièrement les femmes. Et d'où leur vient cette puissance ? C'est qu'elles sont encore les dépositaires de la poésie et de la religion. femmes, sauvez-nous de la barbarie, en gardant dans votre sein, brillante et sacrée comme le feu de Vesta, l'idée sublime de la grandeur humaine ! Le ciel peut s'obscurcir sur nos têtes, la civilisation peut replonger dans la nuit, mais tant que cette flamme divine palpitera encore sur l'autel, tout n'est pas perdu pour nous, l'histoire n'est pas finie, Tâme de l'humanité n'a pas encore quitté son corps ; cette petite flamme défendez-la bien, ô mères des générations futures, car elle est leur talisman !