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Grammaire anglaise simplifiée à l'usage de toutes les classes

Ce "petit livre a été écrit pour vous, exclusivement p)Our vous, et voici comment. Le professeur qui Va composé vit depuis longtemps avec vos camarades. De ta classe de troisième à la classe de philosophie, il corrhje leurs thèmes quand Us ont treize ans, leurs compositions anglaises quand ils en ont seize, il lit des livres anglais avec eux. Infaiigallement il fait de son crayo7i rouge des traits petits ou gros sous des fautes : il soidigne des verdes à la troisième personne du présent où il n'y a pas d's, des piarticipes passés sans ed, des verles dèfectifs suivis de to, des interrogations ou des négations sans auxiliaire; il voit des élèves emMrrassès à la veille du baccalauréat devant des difficultés qu'un Ion élève de sixième résout sans hésiter. Il en entend qui parlent couramment Vanglai^ mais le parlent avec des incorrections choquantes. Éternellement il répète une question trop naturelle : vous ne savez donc pa>< la grammaire? et souvent vient la réponse : non, Monsieur, je n' CCI jamais appris la grammaire; ou hien : Monsieur, fai été un an en Angleterre, on n'apprenait pas la grammaire; ou bien : Monsieur, fai eu une institutrice anglaise, elle ne )n apprenait pas la grammaire ; ou iien .-Monsieur, fai été à l' Ecole Berlitz. La conclusion dans l'esprit du professeur est qu'il est urgent de faire apprendre la grammaire non seidement pour que les élèves fassent moins de fautes, mais p)our qu'ils n'aient plufi l'expression anxieuse qi^on leur voit quand on lexir révèle qu'il y a une grammaire anglaise et qu'il faut la savoir, et quand ils se disent avec inquiétude que peut-être ils sont guettés à chaque tour de phrase par des difficultés dont on ne leur a jamais rien dit.

Mais les heures sont brèves et les choses à faire nombreuses : il ne faut i^as a2)prendre que la grammaire , il faut appreyidre les mots, s'exercer à la conversation et lire les auteurs. Il n'y a de temps que pour ime grammaire courte. Ce n'est pas tout; le professeur se souvient qu'il a été élève lui-même : en ce temps-là on lui faisait apprendre la grammaire, mais justement il n! aimait pas cette étude : la grammaire était tantôt sèche, tantôt confuse; souvent elle se servait de termes difficiles à comprendre : on aurait dit que V auteur au lieu d'aider l'élève se donnait le facile plaisir de l'éblouir ou le cruel passe-temps de Viiitimider. Car les enfants regardent les grammaires comme des codes et les grammairiens comme des législateurs j tandis qu'ils ne sont que des témoins dont les dépositions devraient être aussi claires et aussi courtes que Ijossilje. C'est en se souvenant de ces impressions et en s' efforçant de répondre aux questions les plus fréquentes de ses élèves que l'auteur de ce petit livre a été amené à le leur dicter par fragments , assez brefs pour que quelques minutes suffisent à les écrire et à les apprendre, assez complets pour qu'ils ne laissent l'esprit dans Vincertitude sur aucun point important, et autant que possible dans la langue de tout le monde et sans raideur grammaticale.

Tout élève d'intelligence moyenne qui se donne la peine — et elle n"* est pas grande — d'étudier ces pages voitrapide^nent diminuer ses hésitations en traduisant, et quelques semaines suffisent à le convaincre que nulle grammaire n'est moins compliquée que celle de la langue anglaise, pourvu qu'on l'apprenne : l'auteur a vu maintes fois des commençants ou des élèves en retard se mettre en possession de ces principes essentiels en moins d'un trimestre : il ne faut que les étudier avec intelligence, c'est-à-dire en regardant les exemples plus longuement que les préceptes et en se persuadant que ce qu'on ap)pelle une règle de grammaire n'est que l'explication d'une 7nanière de parler qu'il faut comprendre et non répéter comme un perroquet.

Vous me demandez pourquoi cette grammaire a la forme enfantine d'un questionnaire. C est premièrement parce que toutes ces questions, quelques-unes presque absurdes, ont été posées à quelque moment par vos camarades^ et deuxièmement parce qice rien n'éveille V attention comme une question.

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