CHAPITRE II
Observations sur les signes.
Nous donnerons dans ce chapitre des explications sur chacun des signes usités en arabe, et, dans le chapitre suivant, sur le ^j ou pause qui termine les phrases.
Du signe oj^- •
111. Toute consonne peut recevoir ce signe, excepté: Pi ^ ^^ de prolongation, ex. : Jd feu, j^ lumière, > joug ; 2° le ^^ nommé S u^^ Jl (104), ex.: ^j zY a jeté ; 3^ l'I qui suit le j final de la 3"^® déclinaison (14) ou de la conjugaison, comme ji)°3 \yjcpceux qui frappent Zaïd; \jj^ ils ont aidé; 4^ le J de l'article suivi d'une lettre solaire (105) marquée d'un SjL^ , comme L*Ji le sable; 5^ toute consonne précédant son analogue (107) affectée d'uns^, comme Vi ^1 iz ^ Cj* r^V* votre récompense vient du Christ seulement ; i-JU-l ^^^«^5 avez pris.
Les lettres j et (^ reçoivent le — , quand elles sont consonnes, ex. : ^y un jour, Jj une nuit.
Un mot ne commence jamais en arabe par un — ; aussi quand un mot exotique, dont la lettre initiale était une consonne muette, s'est introduit dans la langue, ou quand une forme aurait dû avoir une première consonne sans voyelle,
[n^^ 111-112 Deux. part. Ch. II. Des signes. 95
on a ajouté à ce mot ou à cette forme un \ accentué d'ordi-
naire avec un — : -f^l éponge du grec cnôyyo^ ; i^^^<i\ Platon niârcov; ^ \\ Franc, Européen; fj^i>\il a pensé pour ^^1:5; Lj^[ frappe pour Lyb [a).
Quelquefois cet I initial n'est pas employé ; mais alors on donne une voyelle à la première consonne du mot : ^^'^ li François; 'iSa France; dX J franc {mormsiie). ^
Du signe lj,t ♦
112. Ce signe indique que la lettre, sur laquelle il se trouve, est redoublée, ex. : C il a fui, au lieu de j^i ; ^^J^ il a frécfîienté^ au lieu de ^:>^y*
Il peut se placer sur une consonne, quelle qu'elle soit, y compris le ■^, ex. : ^Mt savant , JlV joailler, ^\^ établir chef.
Il se place en particulier : P sur deux lettres contractées en une seule, comme ^^ pour ^^^ il a sucé, -^ soyez (fém.) pour Jîf ; 2^ sur les lettres solaires (105) qui suivent l'article Jl, comme ^>.J1 le miséricordieux ; 3° sur la consonne précédée d'une lettre identique ou analogue (107), comme O^jl j'ai voulu; i^pÀ'C- ^ 3 1a ^JXS l plût à Dieu que vous fussiez morts et que vous n'ayez pas péché! 4P sur les lettres -> J ^ J L$ placées après un mot, dont la dernière lettre porte
(a) Sib. 2« part, n» 484 p. 294.
90 Deux. part. Ch. II. Des signes. [ n" 112-114
un tanouïn, comme ix^ ^\:^ livre utile; prononcez comme s'il j avait -lâ^» o •
Les deux dernières exceptions ne sont point absolues, et l'on dit communément u^i^ Vj 'Ù °JCSJ> L et jJa^ U^ •
Quelquefois deux J se contractent ; alors on supprime Tun des deux, comme dans le pronom relatif iS^ I au lieu de t^M .
Parfois trois J se suivent à cause de la suppression de V\ de l'article; en cette occurrence, l'un des J disparaît, ex. : ^ à DieUy au lieu de ^^Li! provenant de i^^ ; JJ à la nuit, au lieu de jjli à la place de jliiV-
Du signe ly^ ,
113. Le — t'^est appelé improprement signe, puisqu'en réalité il est la première lettre de l'alphabet. Il se nomme quelquefois lj(> [élévation).
Il ne s'unit pas ordinairement avec la voyelle qui le précède; de là son surnom de À^\]{'^^ [piqûre de la coupure). l\e^i cependant des cas où l'union doit se faire, sans que le — s'articule; on le remplace alors par le signe J^j ; il en sera question plus bas.
Support du Z\^ .
114. Sauf certaines modifications indiquées au chapitre de la permutation des lettres faibles, son support ordinaire est l'I avec le —, ou le j avec —, ou le ^ avec — ; dans ce cas le ^ perd ses deux points, ex. : Gjjj miséricordieux; 1^ il a
no 115 ] Deux. part. Ch. II. Des signes. ^1
'pris en dégoût ; JL il a interrogé ; JL> il interroge; ^, j
chef; ^^J — ç*j[i il a été vil.
Au commencement des mots, le support est nécessaire, et
c'est toujours un 1, ex.: jZJ»\ pense, ^^A tuyau, J<^l
racine, JJû [ couronne,
Dans le corps des mots le — est écrit quelquefois sans sup-
port, ex. : ^^^ usage, pour l^bl^j-j'o ^e^e^,, pour ^j};;
Ll i il interroge, pour JL.i •
A la fin des mots le support se supprime : P après 1 ou ^
de prolongation, ex. : ît il a voulu; ^t — i.^ se lever ; -i^^ mal;
î >. o^i est venu ; 2P après un Sa^, ex. : -^i^^ ciel; et 3^ après
le — dans les noms, ex. : -ix commence ment , ^ :>. partie et
'^^^ chaleur.
Remarque. Quelquefois, mais rarement, on rencontre ja- pour 'iy^ et \j>.
pour j». ou encore j»j.aL l — (SJ^ 1 — IJ aJ- \ .
Si le — final est précédé d'une lettre accentuée, il prend un
- ^ --« fc 1 pour support, quelle que soit sa voyelle : ILi-l la faute.
«■ Le — n'a pas de support, lorsqu'à la fin d'un mot il est
suivi d'un ; et qu'il est précédé d'un 1 ou d'un j, ex. : l-^j ^ hu-
manité, o«l .5 lecture [a).
Dans les noms terminés par »l —, le — reçoit un ^ pour support au nominatif, et un ^ au génitif, quand il est suivi d'un pronom affixe: tjl^j notre espoir, il'C-j de notre espoir.
L'accusatif n'a pas de support t^l^j notre espoir.
(a) Sibaoua'ihi, 2° part, n» 411 pag. 171.
98 Deux. part. Cli. II. Des signes. f n» 115-116
Le pronom possessif ^j — prend un ^ pour support : J, t-j 7)1071 espoir. Il s'écrit aussi sans support (^«^U-j*
Quand un mot, terminé par un — , précède un second mot commençant aussi par un — , le second — peut disparaître après le signe i^j, dont il va être question, et son support, qui reste, peut se changer en I ou en j ou en ^ suivant la voyelle du premier —, ex. : la, j jj\ ^^j^ [ ou jj)\ ^jlï L ô lecteur,
fortifie Zaïd; 4 rjl J^jIaII ou «u I (^jlHl va trouver le lecteur;
j:^'1 ou ^I '^jUIIj amène le lecteur. La même chose s'ob-
• serve pour le support après un mot terminé par une voyelle:
duc Jp--^l ci ti ûi>j' jv^V L- ^ ô prince, permets-moi (V en-
^r<?r c/i^^ ^Oi; -Il ^'^ celui-ci fut jugé fidèle ; ^j\\i Cj)/
v^ji fai passé à côté de celui qui a été jugé fidèle.
Les particules jointes à un mot n'exercent en général au-
cune influence sur le support du — , ex. : J^ à l'instar d*u7ie mère.
Il y a cependant quelques exceptions : >fâ pour 7ie pas, au lieu de VV; XLs- alors, au lieu de j;\^ et .jl; ^U — ^Ij ordonne ; ôI oU a/Ze^; /oz/s r/^z/^c /e trouver, au lieu de
Addition du o V^ •
116. Le — peut remplacer un j initial : jj^ il est rze pour jjj; o^l figures "^owv o^j»
On dit j^^ pour o^j ?m, unique.
n° 116 ] Deux. part. Ch. II. Des signes. 99
Quand deux j se suivent, le premier peut porter un — : Jjy loquace pour Jjy ; JU. oncle maternel Jj^^ iy^^ pour '^Jj>- ujj>- » ^Jy g'^cind dormeur pour *jj; ; iJj^^ vivres pour *uj^^ («).
Dans la forme plurielle O' ^ le j peut avoir un — : j\^
j maison jjy; JL- cuisse Jj^i .
Le participe en jT I5 des verbes de la forme jlj reçoit un — sur le (^ : l'ii disant, p^ vendant, ^'^U. craignant.
Le — avec son support se supprime dans certains participes en 5^ : fjb «r/?2e (/e pied en cap, pour dltli ; ^ entrelacé ]}our ^'V (ô).
On en excepte aussi le participe des verbes qui gardent leur j ou leur (j radical: ju^ être morveux, j^U» étant morveux; j.p e^re borgne, jjU e7an^ borgne [c).
Dans la forme jjl^=e3 le ^ prend un — , quand la lettre
faible, qui occupe la troisième place, n'est pas radicale : X^
miracle ^fe^, du verbe ,^^ être étonné; jj^ vieille fem-
me Ji^ , du verbe j^ vieillir; ^Lj^"*^ boucle de cheveux > t. ^ z ^ ^ " ^'' ^ >-^ ^^-'
^^Lw^, du verbe ^ essmjer; :OLj e/)?Vr^ J! Lj.de J^j
envoyer un message; Z^ pigeon f}^'^ *^«rW^ poule /U^; ^iuT carquois •j,lo •
On dira donc :;^ Ll^ voyage 1^}^^ , du verbe t-L — -^""-i voyager; ^^ matou ÔJL^: J^^ langue JjIa^, de Jl5 —
(a) Sih. 2° part, n» 531 p. 391. (b) Sibaouaihi, 2^ part, n^ 547 pag. 419.
(c) Sibaouaihi, 2« part, n» 538 pag. 406.
100 Deux. part. Ch. II. Des signes. [ n^ 116-117
J^i parler; luLu^ subsistante y vivres lii«^,de JlU— lx«.) vivre. Cependant le mot 4^jua^ malheur, dérivé de ^U> — ^j^^ tomber, fait communément ^^tl.,^^* contrairement a l'opinion de Sibaouaïlii, qui regarde comme fautive cette orthographe {a). Le substantif Sjll* fanal, venant de j\, — ^^ luire, fait indifféremment jjll« et J ll^ .
Quand le j ou le ^^ radical porte un —, le — se met à la forme ^jlsCli *• ,]^\ premier l'ijl ; ^ plein d'yeux j\^ (b).
Le ^ reste sans — dans le pluriel de ) .z, lâche, ^v-jjLL paon, ^j-jjl* cercueil, Oj^ mortier; vous dites donc
Le pluriel de ^^^ yo?^r est quelquefois 4rjl ^ .
Retranchement du S *^ •