NOTIONS PRÉLIMINAIRES
570. D'après Al-Ari, dans ses notes sur la grammaire intitulée AI-Djaroumiah i^jyll, Ali-ben-Abi-Thaleb serait le
premier qui aurait donné des règles de syntaxe. En livrant son travail à Abou-1-Assouad, il lui aurait dit : .à\ la* -^^ Suis cette marche, agis selon cette manière. De là, le nom de j^ donné à la syntaxe. Abou-1-Assouad composa alors son traité sur Tadjectif sl^lîl, la conjonction ^L3i, sur Tadmiration ..Jst^ \ et l'interrogation ^Qr^V^ •
Abou-1-Assouad eut des disciples, et c'est d'eux qu' Al-Khalil apprit la grammaire; mais il ne tarda pas à dépasser ses maîtres. Sibaouaïhi fut l'élève de ce grammairien; il éclipsa tous ses devanciers et nul chez les Arabes ne l'a surpassé. Il a le titre d'Iman des grammairiens et son livre se nomme le livre par antonomase v^l::50i ; son sentiment fait loi et l'em-
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porte sur tout autre. Sa grammaire a été commentée par As-Sirafi (a).
571. La syntaxe repose sur la logique, et, par conséquent, dans ses principes, elle est commune à toutes les langues. La langue arabe subit cette loi de la nature. Il j a donc nécessairement dans toute proposition en arabe un sujet f-yicy, un verbe J«5 et un attribut J^*.^ •
Toute proposition est principale ou incidente ou circonstancielle.
La proposition principale est celle qui ne dépend d'aucun terme antécédent: Ici^JJ jl>'3 Zaïd n'est pas généreux. Elle est simple, quand elle renferme un premier jugement, et elle est coordonnée, quand elle contient un second jugement : j\dl/I[ •y^.î^ Vj G 5^ y>.Ii a>* j Zald n'est pas généreux et il ne fait pas V aumône à V indigent.
La proposition incidente est celle qui est unie au sujet ou à l'attribut, soit pour les déterminer, soit pour les expliquer; ainsi dans cette phrase Cy/ jiCs% (iill ji^l l'homme, qui s'enorgueillit, est odieux, la proposition j^SZj:i i^j\\ est une proposition incidente déterminative. Si je dis L>.^1 I Jb- c-Â) rt Â^jj^ ^ aÂiI 4IU. <^ai I i homme, que Dieu a créé à son image, est très noble, la proposition <7 j^^ Te i^ iïU (iâU est une proposition incidente explicative.
Enfin, la proposition circonstancielle est une proposition qui
(a) Germanos Farhât, Qram, arabe, pag. 134.
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dépend d'une autre proposition tout entière : ôl -a.»»^ ô\J^ V 1 slu^- ojv^ jL l'homme est heureux, si sa conduite est louable. Il y a en outre, dans une proposition, des mots ajoutés soit au sujet, soit au verbe, soit à l'attribut pour en compléter le sens; c'est ce qu'on nomme complément logique; c'est à lui que se rattache spécialement le régime jy^\ . Ainsi dans cette phrase jljjl (3 j> 3 ûo ^^i<^ e7«2V à la maison, jUI (3 est un complément logique, et dans celles-ci «ûlp ^s.^^ ^l s'est irrité contre lui et ^^1 ,^^ il aime Dieu, les mots ^ui^ et ^llp sont deux compléments logiques.
Certains mots signifient une substance ou un objet consi-
déré comme une substance; de là le nom de substantif 0**:li
ou ^yCji 1. D'autres désignent une qualité ; ce sont les adjectifs ^^^1 ou iUJI. Certains termes remplacent le nom et se
> cl
nomment pronoms juJJL
Il y a aussi des mots qui tiennent du verbe et du nom : ce senties noms d'action ja,a^; d'autres, du verbe et de l'adjectif, ce sont les participes UUII ^1 et Jyull <^4- Des mots enfin indiquent une relation entre deux termes ou une modification dans la proposition ou une affection de l'âme : ce sont les particules, ^'J-l , c'est-à-dire l'adverbe ^'-lâil, la préposition jli- 1 , la conjonction ^^iL»!! , et l'interjection tla31«
Un mot peut être déterminé ou indéterminé ; s'il est déterminé, il est généralement accompagné de l'article ^^1 Si^l, et, s'il est indéterminé, il porte d'ordinaire le tanouïn.
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Ces notions préliminaires nous ont semblé utiles : car le système grammatical suivi par les Arabes diffère en plusieurs points du système commun aux autres langues. Nous croyons qu'il peut avantageusement être ramené au système général.
En effet, de même qu'il serait avantageux d'avoir une langue universelle, si faire se pouvait, et d'employer à d'autres travaux le temps consacré à l'étude des langues particulières; de même, quand c'est possible, et surtout quand on veut étudier plusieurs langues, mieux vaut s'en rendre compte par une méthode unique. C'est du temps gagné, et le temps c'est la science.
Nous suivrons donc, dans notre syntaxe, les principes de la
grammaire universelle, tout en faisant une large part aux
originalités de la langue arabe, et d'après eux nous traiterons
de l'article, du sujet, de l'attribut, de l'adjectif, de l'appositif,
du pronom, du verbe, du participe, du nom d'action et de la
particule.
Remarque. Avant d'entx'er en matière nous dirons, pour l'intelligence des grammaires arabes, de quelle manière leurs auteiu's divisent la syntaxe, comment ils analysent une proposition, et combien de sortes de propositions ils distinguent.
Selon eux, la syntaxe se divise en trois parties qui répondent à la triple division qu'ils font du mot, à savoii' le nom ^H\ le verbe J..«JL)i et la particule ^^jÀ. \ ,
Ile regardent la proposition dans son essence comme l'assemblage de
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deux termes reposant Tun sur l'autre: ^é^\ Juj Zaîd est ton frère;
^yX-i ^3JLiaî \ Bakr est parti (a).
La relation qui réunit les deux termes se nomme jU*.i attribution; le
terme sur lequel repose le second est dit <J\ JJ..^» attribué à lui (sujet), et le second qui repose sur le premier jj..^* attribué (attribut). La proposition offrant un sens complet par elle-même s'appelle aIÎo discours ou
âJL»-»- totalité; si une proposition a besoin d'une autre proposition pour
compléter sa signification, comme vi-^j vi^*j ô^ ^^ ^^ P^^^^ J^ partirai.,
elle prend encore le titre de ^•'L*»-, mais non pas celui de ^>o .
Il y a quatorze espèces principales de propositions, à savoir :
1° La proposition inchoative i^iJiJôV) ou <!ù II,— ^\ <JU-il: c'est toute proposition indépendante, ou qui, étant dépendante d'une autre proposition, ne commence pas par un verbe; ainsi il jJl.»» *i-.«J j \ J 315 il m'a dit : Je ne suis^ certes, point ton ennemi sont deux propositions inchoatives,et .li.ll.J'î a.^ <.*JUI1 jIJ ^*Î r^oc^.] cyJ ^■^\ je suis venu fe trouver à l'époque, où Al-Hajjaj était prince et Abd-aUMalek calife, en contient trois.
2<* La proposition nominale <^-^-Vl il«^fl, composée d'un sujet et d'un attribut; le sujet peut être un nom ou un pronom, et l'attribut, un nom, un pronom, un adjectif, un participe, un verbe et une particule, ex. ; ^ji-1 jj 3 Z(i1d est ton frère; J-âi Jj. j Zaïd est avare; ^VJa oj*j-'^'> » les coupables sont ceux-ci', ^^ Jui j Zaïd est wn m^ze^ J[jJLkJ\ Joj ^Taïcî est parti', wl-»l«l jjj Zaïd est devant toi.
Dans la proposition nominale le sujet se nomme ^YjJL^.Ji \ Vinchoatif et l'attribut, j\li. \ Vénonciatif.
3** La proposition productive <J Lio V\ iJLwLÎ • elle n'admet ni fausseté ni vérité et renferme un ordre (^-Vl ), comme '^ly \ p==*' honore <oyi ^ère e^ ta mère ; une défense ( ^ei.ù\ ) comme >U»l» ^\ p—lj >-ji.L^ V ne prends pas en vain le nom de Dieu; un souhait (^^,^1 )j comme J.») *».\j iJU espérons que ton père reviendra; une interrogation ( ^l^jLt-Vi ),
(a) Zamakhchari, p. 4.
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comme v jQx-Jl» vi-.L«» 1 as-tu envoyé la lettre 1 ou enfin une exhortation (,/»^l), comme l^i. C^c^aj:;.» JJvT V] esf-ce que tu ne descendras pas'i car tu t'en trouverais bien.
4*> La proposition admii'ative 4 se.,*.:!! <A-»»aLiy ex. : Jj j <*.j Tt-^l U
çwe ^e visage de Zaïd est vilain !
5° La proposition qui suit la forme de la proposition circonstancielle adverbiale '^^^y 1 -JL— i \ xSj.^ *iJ^ \ ^■*-*- 1 ; c est une proposition qui a
une autre particule qu'une particule de lieu : jr .,. , J] p:j\ vous êtes au
• -• y y ■' ^ \* '"' '- >^ «i Christ \ "àj^h. Je V wJLU l^'^>.l c* est toi, et non pas un autre, qui dois
nous donner notre salaire.
6° La proposition circonstancielle <J li 1 <JL-J. ! , c'est-à-dire celle qui explique un terme d'une proposition précédente ; J^'j «i -^ Jl ■^J*"^ *V ^ow /rère e^? venu en proférant des menaces contre moi.
1^ La proposition énonciative âT ^.'j. 1 <.L.».aL \ , c'est-à-dire une proposition qui peut être vraie ou fausse en elle-même, indépendamment de celui qui l'émet : »ULL^J 1 ou le roi est mort; c'est l'opposé de la proposition productive i J Ijj 'il 1 .
8° La proposition qui a deux faces Cn^ji \ olj <l«-.i i, à savoir une proposition qui renferme un terme transporté : <4>U oU A| j le serviteur de Zaïd est mort.
9° La proposition conditionnelle ^-.lî^iH <U-.JLl, ex.: ll*J vi.^ ôi si tu te lèves, nous nous lèverons.
10"* La proposition adverbiale Â^ ..LU <i.*JLl, c'est-à-dire la proposition nominale, qui n'a qu'un sujet et qu'une particule de lieu ou de
temps : dlxit jj j Zaïd est chez toi\ iJê ^.i-Jl à demain le départ.
> i • »^ > '■» y.»i 11° La proposition verbale ^.*Jil \ ÂA-w-ali composée d'un verbe suivi
de son sujet : Jii j j^D 1 Zazrf es^ para.
Dans cette espèce de proposition , il n'y a que le verbe et le sujet ; celui-ci porte alors le nom de Jcli agent. De l'attribut, il n'en est pas question expressément.
12° La proposition majeure <iCn^ 1 <LJi\*^ c'est une proposition nominale, dont l'attribut est une autre proposition : "^«^ #^î [j»l^
no 571-572] Quatr. part. Ch. II. De l'article. 7
le frère de Pierre est croyant; et la proposition mineure iSjJcJi\ IX.^i-] celle qui sert d'attribut à la même proposition, comme par exemple : Cx*y* 'J^^ ^^^ f^^^^ ^^^ croyant. La proposition est dite également majeure et minem'e, quand son attribut est une proposition et quand elle est elle-même attribut d'une autre proposition : J <^ — »>l» 1 (iX-t Ul les biens de mon serviteur sont à moi. A partir de (il jusqu'à J ^ la proposition est majeure, puisqu'elle a une autre proposition pour attribut, c'est-à-dire J o >\*1 c5A-ft et celle-ci est une proposition mineure, en tant qu'attribut deul^ et majeure en tant qu'elle a pour attribut J <^=»x»l .
Une proposition, n'ayant qu'un terme pour attribut, n'est ni majeure, ni mineure : J^J^ ov^ Pierre est un apôtre. En effet ijjjj ne constitue pas à lui seul une proposition.
1 3° La proposition incidente <^JL>k^ \ <S.^J- \ • c'est celle qui n'est pas reliée à une autre proposition : <.♦.-! iJjLJ Âa\ 'JIj Dieu, que son nom soit béni ! a dit.
14*> La proposition qualificative *^.J>^} \ <.lu.i \ ; cette espèce de proposition est celle qui suit un mot indéterminé après lequel le pronom relatif c5JJ 1 n'est pas exprimé; U^^ û" J*"^. ^ Jj* /^^ passé auprès d'un homme qui était généreux.