V — DES ADJECTIFS
730. Je passe aux différentes espèces d'adjectifs et à leur formation, parce que tout ce que j'aurai à dire concernant les accidents des noms est commun aux adjectifs.
731. L'adjectif est destiné à ajouter au nom qui désigne un être par l'idée de sa nature une qualité qui est commune à des êtres de différentes natures; il ne désigne donc par luimême aucun être, et par conséquent, pour qu'il désigne un être quelconque, il faut qu'il soit joint à un nom. Néanmoins, on l'emploie souvent sans exprimer le nom, parce que ce nom est suffisamment indiqué par la suite du discours ou par des circonstances également connues de celui qui parle et de celui qui entend. C'est sans doute cette raison qui a fait si souvent confondre l'adjectif avec le nom. (*)
732. f Les Arabes, considérant tous les adjectifs comme des noms (no 594), n'ont point fait de l'adjectif une partie du discours distincte du nom. Cela est d'autant moins étonnant que l'adjectif est souvent employé avec ellipse du nom auquel il devrait être joint. Cette ellipse a lieu dans toutes les langues, mais peut-être plus fréquemment encore en arabe que dans beaucoup d'autres idiomes.
(1) Voyez, sur la nature de l'adjectif, son usage et ses différentes espèces, mes Prineipet de grammaire générale, 2' édition, p. 53 et suiv.
733. t Les Arabes nomment l'adjectif i-Ju© qualification ou vJ:^ épithète, en l'envisageant dans sa relation avec le nom susceptible de recevoir les qualifications et qu'ils appellent, sous ce point de vue, ^».«s^' ou c^»x;^ qualifié; mais us nomment aussi l'adjectif , — .! nom et le divisent en plusieurs espèces, qui sont les noms d'agent et de patient, tous les autres adjectifs verbaux dérivés des verbes, et enfin les noms relatifs dérivés des noms.
ADJECTIFS DÉRIVÉS DES VEIŒES, ou noms d'agent et de patient
734. Les adjectifs dérivés des verbes sont ou nottis de l'agent JiLDI ^„l ou noins du patient J yhi ] *-!. C'est moins leur signification ou celle du verbe auquel ils doivent leur origine qui les classe sous l'une ou l'autre de ces dénominations que leur dérivation d'une voix subjective ou objective. Ainsi, ijj^ étant, jU se tenant debout, quoique d'une signification neutre, sont des noms d'agent, parce qu'ils dérivent des voix subjectives des verbes .■'^ être, Jj se tenir debout ; de même Ji-i-^ arrangé esl un nom d'agent, quoique sa signification soit passive, parce qu'il dérive du verbe JixJl à la voix subjective.
735. t Erpénius et les grammairiens qui l'ont suivi ont considéré les noms d'agent et de patient comme des participes. Comme ces mots ne contiennent l'idée accessoire d'aucune circonstance de temps, je crois qu'on ne peut pas raisonnablement les envisager comme formant un mode du verbe, et que ce serait confondre deux parties du discours distinctes par leur nature. (•'