‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 121 sur 188 · CARACTÈRES DISTINCTIFS DES GENRES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DISTINCTIFS DES GENRES

798. Pour distinguer les noms ou les adjectifs masculins de ceux qui sont du genre féminin, il suffit de savoir à quels signes on reconnaît ces derniers.

Les noms féminins se reconnaissent ou par leur signification ou par leur terminaison.

799. Ceux dont le genre est déterminé par leur signification sont :

l" Les noms propres de femme, comme '(-^.j-^ Marie, i— L» Hind, et ceux dont la signification emporte avec elle l'idée d'une femme, comme ^^^'/^ fiancée, ',\ mère, ^Û sœur, etc.; W

(1) Parmi les mots féminins par lenr signification, ceux qui sont des adjectifs

verbaux, comme J~^}=>^, (J=^}^ et *-^^, peuvent être employés, sui\ant quelques grammairiens, ou comme noms, et alors ils ne prennent pas le s signe du genre féminin, ou comme faisant fonction de verbes, et en ce cas ils prennent le signe du féminin.

Amria 'Ikaïs dit, suivant la première hypothèse, >> — -^j — ^ dans ce vers :

et le commentateur Zonzéni, de qui j'ai emprunté l'observation précédente, dit que ces noms, dans ce cas, renferment la signification de j -5 ou O ! ^ . Je copierai ici l'observation que fait à ce sujet Djewhari sur le mot J^-^L^ : « On dit d'une femme j-A-L et i-L>Lk, dans le sens de ,,J~^ enceinte.

2" Les noms de provinces ou de villes, comme j-^^ l'Egypte, ^LU! la Syrie, Li^ Mokha, ^j'4r*' Ispahan;

3° Les noms des parties du corps qui sont doubles, comme J-> main, J^. pied, ^^ œil.

800. Les noms ou adjectifs féminins dont le genre est déterminé par leur forme sont :

« Ceux qui disent J— '' — =^ justifient cette forme par la raison que c'est là une « qualification qui ne peut s'appliquer qu'aux animaux femelles. Ceux, au

« contraire, qui disent ^ '-^=^ fondent leur opinion sur l'analogie et sur ce que

« l'on dit >»I-J«»a. avec la forme féminine. C'est ainsi qu'un poète a dit :

« La mort porte déjà dans son sein un jour fatal qui n'est pas éloigné, et il « n'est point de grossesse qui ne doive finir à son terme (à la lettre : et il y a un « terme pour une femelle en état de grossesse).

«■ Si l'on parle d'une femme qui porte quelque chose sur son dos ou sur sa

« tête, il faut absolument dire, en ce cas, lL» [L.. La raison de cela est que le s

« est ajouté pour distinguer les genres ; quand donc une épithète ne peut conve- « nir à un être du genre masculin, il devient superflu de lui donner le signe « grammatical du féminin; et si le mot se termine par un ë , ce n'est plus une « inflexion grammaticale destinée à désigner le genre, c'est une lettre de l'es- « sence du mot. Telle est la doctrine des grammairiens de Coufa. « Ceux de Basra soutiennent, au contraire , que l'usage allégué à l'appui de

M 1" « cette opinion n'est rien moins que constant; que l'on dit également V' O^j

« et f.-Ji s 1^1; et aussi ^r-^ 1-' J-=m et ^j^^ ^^j^h ces deux épithètes « étant communes aux noms masculins et aux féminins, tandis que l'on dit

« i^^^'Ai» z\y\ et *-J r^ ^-^, sans que ces deux épithètes soient communes « aux deux genres. Suivant le système qu'ils adoptent comme le seul vrai,

« J-^'-=', i^y^ L» , ije^ ^ et autres semblahles sont des adjectifs qui n'admet- « tant pas le signe caractéristique du genre féminin; ce sont des adjectifs mascu-

« lins qui servent à qualifier des êtres du sexe féminin, comme » 1-==^, *-»— ' •

« et w j'j sont des adjectifs féminins qu'on emploie pour qualifier des êtres du « sexe masculin. »

/ ^ 1° Ceux qui se terminent par un ï, comme ï — : — s. jardin,

A-^iis ténèbres, iy~^ grande;

2° Ceux qui ont pour dernière lettre un \ non radical, comme

îiiyS orgueil, îlXiU trou qui sert de retraite à un mulot, ='^1 j

bleue, i]fs^ campagne;

3° Ceux qui ont pour dernière lettre un >$ servile ou élif bref, quiescent après un fatha, comme ^'jS'i souvenir, ^^\ première, ^^ P''US longue, IJJ pour ^^:> plus proche.

801. Les noms et les adjectifs autres que ceux compris dans ces différentes formes sont masculins, comme j*3 hme, ■^::^^ maison, ^Ji-s grand. Cependant, quelques noms sont du genre féminin, quoique non compris dans les classes précédentes, comme , w*^ soleil, .\i maison, j . vent,jAà^ vin. Réciproquement, quelques mots, en petit nombre, terminés par un ï, sont du genre masculin, comme ï-^^ khalife, et il en est de même de tous les adjectifs verbaux qui se terminent analogiquement par un », comme iw»jlc très savant, iSsr^ accoutumé à rire,hyi. racontant de mémoire (n»» 742 et 744).

802. f On fait aussi du genre féminin les mots qu'on emploie, absti-action faite de leur signification, comme s'ils étaient des êtres réels; ainsi, si l'on parle du verbe .'^, ou d'une particule comme *.!, ^, J, U), U, etc., on leur attribue le genre féminin.

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