POUR CETTE SECONDE ÉDITION
En publiant, après un intervalle de plus de vingt années, cette seconde édition de ma Grammaire arabe imprimée pour la première fois en i8io,j'ai cru convenable de conserver la préface que j'avais mise en tête de la première édition. On la retrouvera donc à la suite de cet Avertissement.
Pendant les vingt années qui séparent les deux éditions, l'étude de la langue arabe a pris en France, en Allemagne, et dans tout le nord de l'Europe, un développement plus grand qu'on n'aurait osé l'espérer. Une multitude d'ouvrages ont été publiés, par le secours desquels la littérature ancienne et moderne des Arabes a été rendue accessible à beaucoup de jeunes gens que la rareté des manuscrits et la difficulté de se les procurer auraient détournés de cette carrière. L'Inde anglaise a pris une part active à ce mouvement, et nous ne lui devrions que l'impression du célèbre dictionnaire de Firouzabadi, qu'elle aurait droit à toute notre reconnaissance.
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Enfin, l'introduction de l'imprimerie en Egypte doit faire concevoir les plus heureuses espérances à ceux qui consacrent leur temps et leurs travaux à l'étude de la langue et de la littérature des Arabes.
La faveur dont jouit aujourd'hui en Europe cette branche des études orientales m'imposait l'obligation de ne rien négliger pour perfectionner un ouvrage qui a pu contribuer à répandre ce goût parmi nous et chez les nations voisines. Aussi puis-je me rendre ce témoignage que, dans le cours tant de mes études personnelles que de mon enseignement, je n'ai laissé échapper aucune occasion, soit de perfectionner, soit de rectifier mon premier travail. C'est surtout en ce qui concerne l'emploi des formes temporelles des verbes et les divers usages des particules qu'on peut regarder cette seconde édition comme un ouvrage tout nouveau. La syntaxe aussi a été enrichie d'un grand nombre d'observations importantes et a reçu des développements qui n'échapperont pas aux lecteurs attentifs.
Je ne saurais me dispenser d'observer ici qu'il est possible qu'il me soit échappé quelques erreurs dans la traduction des vers que j'ai cités pour exemples et empruntés à des grammairiens
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arabes. De telles erreurs sontpresque inévitables lorsqu'on n'a pas sous les yeux ce qui devait précéder et suivre ces vers ainsi isolés.
En ajoutant à cette seconde édition un Traité élémentaire de la prosodie et de la métrique des Arabes, j'ai cédé au désir qui m'a été manifesté par un très grand nombre de personnes. Je me serais peut-être épargné ce travail si l'ouvrage que M. Freytag a publié sur ce sujet important, à Bonn, en 1830, n'était pas écrit en allemand. Mais, d'un autre côté, la publication de ce travail, qui réunit tout ce que pouvait désirer le lecteur le plus exigeant, m'a permis et même m'a fait un devoir d'être très court et de me renfermer dans les bornes les plus étroites. Je me suis surtout attaché à présenter sous les formes les plus simples le système métrique des Arabes et à faire disparaître les difficultés, plus apparentes que réelles, qui, jusqu'ici, avaient éloigné plusieurs savants très estimables d'une étude que je regarde comme indispensable et qui dédommage abondamment, par ses résultats, des peines qu'elle coûte.
La première édition n'offrait qu'une table alphabétique des termes techniques de la Grammaire arabe expliqués dans chacun des deux
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volumes. J'ai ajouté dans celle-ci une double table des matières dont l'usage facilitera les recherches et épargnera beaucoup de peine et de temps aux étudiants.
Près d'atteindre à la fin de mon quinzième lustre, je ne me flatte assurément point que, dans un travail éminemment systématique, où la mémoire la plus fidèle doit constamment venir au secours du jugement et de l'esprit d'analyse, il ne me soit échappé aucune erreur, aucune omission. J'avais vivement désiré que la Providence me conservât assez longtemps pour suppléer moi-même à ce qui manquait à mon premier travail et en faire disparaître les défauts, que je connaissais mieux que personne. Mes vœux ont été exaucés, et je dois en témoigner publiquement ma reconnaissance à l'Auteur de tout bien. Mais c'est sans doute la dernière fois qu'un semblable travail sortira de mes mains, et je lègue le soin de perfectionner celui-ci aux hommes qui parcourront après moi une carrière dans laquelle mon unique désir a été de me rendre utile et de contribuer au progrès des lettres et à l'honneur de ma patrie.
15 août 183 1.