HV. - RÈGLES PARTICULIÈRES AU
219. Le ^ , au milieu d'un mot, étant mû par un fatha, et étant précédé immédiatement d'un dhamma, se change quelquefois en j . Exemples:
i — i^ pour 'i-r™' I i., ' I {. ,'
Ce changement cependant est très rare; on dit mieux ^>^
que ■f'-y^, pour diminutif de ^rvi" ; le diminutif de o--j est --l'^
et non c^.^ ; et, dans les racmes qui commencent par un ^ , on doit conserver le ^ lorsqu'il est mù par un fatha et pré-
cédé d'un dhamma. On dit donc t--^. et »-— ^r""- venant de la racine ^^^ .
220. De deux ^ qui se rencontrent immédiatement au milieu d'un mot, et dont le premier est mù par un kesra et le second quiescent, on retranche souvent le second ; mais il faut observer que cela n'a lieu que quand le premier de ces deux ^ remplace un ! hamzé. Exemple :
J-^j pour ^4 J^ Dans tout autre cas, les deux ^ se réunissent par le teschdid, et le kesra passe du premier ^ au second. Exemples :
^i^j. pour ^^i
221. Le ^ final, précédé immédiatement d'un fatha, et devant être mù, perd sa voyelle et devient quiescent, comme
Jj! pour J-ji , J,jf et 3j' Cela a lieu aussi quand, après le ^, il survient un s final. Exemple :
bU»^ pour 'i-yff '2!1'2,. Si, dans le cas précédent, le ^ final devait avoir une voyelle nasale, elle se reporte sur la voyelle précédente; ainsi l'on dit :
A^ pour ^x3 , j:» et uxs
223. Si le ^ final est précédé d'un autre ^ , le dernier se change en I bref (n» 73). Exemple :
L)!jji pour pjj^ Exceptez de cette règle les deux noms propres ,cr=*^ et X..
224. Le ^ final, précédé immédiatement d'un kesra et devant être mû par un dhamma ou par un kesra, perd sa voyelle et devient quiescent. Exemple :
jLiTpour :jLiTet JL^T
225. Si, dans ce cas, le ^ final doit avoir les voyelles nasales — ou — , le ^ de ces voyelles se reporte sur la voyelle précédente, et le ^ disparait. Exemple :
(•'j pour ^Vj et ^^Vj
226. Le ^ final devant être précédé d'un dhamma convertit ce dhamma en kesra et n'éprouve aucun changement, mais il se conforme à la règle précédente, c'est-à-dire qu"il perd sa voyelle en devenant quiescent, lorsqu'il doit être mù par un dhamma ou un kesra, et qu'il disparait s'il doit être affecté des
voyelles nasales — et — . Exemples :
%^ \ pour ^3 \ et ^^ !
J j1 — ^^1 — ^Jjj
Si, dans les cas précédents, le ^ final a pour voyelle un faiha ou la voyelle nasale Y , il demeure et conserve sa voyelle. On
dit donc Cjl^! , ^)j , ^^ et J;Jj.^! . (»'
(1) Quelques grammairiens donnent pour règle que, dans le verbe trilitère, dont la troisième radicale est un ^ , si la deuxième radicale a pour voyelle un
227. Le ^ au milieu d'un mot, étant djezmé après un dhamma, convertit souvent le dhamma en kesra au lieu de se changer lui-même en j (nol80) et devient quiescent. Exemples :
ja-j et non j»^, pour jo^/, ^^^ et ^^~i>, pour ^-^-e^
et ^>r-*»-
228. Lorsqu'il se trouve à la fin d'un mot deux ^ consécutifs, dont le premier est quiescent après un kesra, on réunit les deux ^ par un ieschdid; le premier cesse alors d'être quiescent et équivaut à une lettre djezmée.W Exemple :
v3j pour ^.j — '-
§ V — RÈGLES COMMUNES AU j ET AU ^
229. Le j et le ^.précédés d'une voyelle et devant être mus, disparaissent lorsqu'ils sont suivis immédiatement d'un j ou d'un ^ quiescent; en ce cas, la voyelle qui devait leur appartenir disparaît avec eux, si celle qui les précède est un fatha, et ce fatha forme une diphtongue (n» 105) avec le j ou le ^g quiescent. Exemples :
!j ''. pour !5 — ~-j>.
230. Si, dans le cas précédent, la voyelle qui devait précéder le j ou le ^ retranché est un dhamma ou un kesra,
dhamma, le ^C flnal se change en j ; on en donne pour exemple y^ et y^ ,
^ ^ f ' * „ qu'on suppose être pour ^^V et j^^*-*; mais j'ai peine à croire que, dans
tous les cas semblables, la troisième radicale ne soit pas effectivement un j • Au surplus, cette règle est conforme à l'analogie. — Voyez M. Lumsden, a G>-ammar o{ the arabic language, 1. 1, p. 431 et 4S3.
(1) La même contraction peut avoir lieu si la dernière lettre, au lieu d'être
un »5> est un ftamza. Exemples : ^cf^ pour '^^> ^-r^ Pour i^ ;, j^-^ ,
^cjj pour '^^ • — Voyez page 96, note 1.
c'est elle qu'on supprime, et l'on met à sa place la voyelle qui devait appartenir au j ou au ^ qu'on a retranché. Exemples:
3j — =' pour ^j>-i
231. Lorsque le j et le ^ se suivent immédiatement et que la première de ces deux lettres est djezmée, soit que le ^ précède le j ou que le j précède le ^, on supprime le j et l'on double le ^ par le moyen d'un teschdid. W Exemples:
(*' ?.' pour j.'j — >\
232. Le j et le ^, se trouvant à la fin d'un mot après un quiescent, se changent en Aam^a, comme:
233. Le j et le ^, devant être mus et se trouvant placés immédiatement après un fa(ha,se changent souvent en un ! quiescent, ce qui a lieu quelle que soit la voyelle qui doive appartenir au j ou au ^. Ainsi l'on dit :
j»| ' pour j.j__3
JL i j;i
J'ai dit que, dans ce cas, les lettres j et ^ se changent souvent en ! quiescent; en effet, cette règle est sujette à beaucoup
(1) Ce que je dis ici arrive aussi au hamza; c'est ainsi que '-î'i faon de ga-
zelle fait au diminutif ^~i pour ^j ', cependant, le plus souvent on conserve
le hamza, comme « ^ .
d'exceptions. Elle ne s'observe pas : 1° dans les noms d'action
de la forme J,^, comme 'l'j'i^, ^r^^ ^^ c^'J^' '^° ^^"^ ^®'^' tains mots où l'usage n'a pas admis cette contraction, peut-être parce qu'ils étaient d'un emploi peu fréquent ou pour empêcher qu'on ne les confondît avec d'autres, comme J yà., pluriel de Jli.; Jj^, :>^ , etc. Quelquefois l'usage permet de faire ou de ne pas faire la contraction. Ainsi l'on peut dire h.^=>ys. ou i=>U. pour le pluriel de «.iCLL; iiji. ou ï-jUk pour le pluriel de ^''-^, et de même Jyi| ouJlxJ|, venant de la racine^y .
234. Si, après cet 1 quiescent, il survient une lettre djezmée, on retranche l'é/i/et l'on substitue au fatha qui précédait Vélif un dhamma ou un kesra. On lui substitue un dhamma quand le } dont Vélif tient la place devait avoir pour voyelle un
dhamma ou un fatha; ainsi l'on écrit o^ au lieu de vi^lL,
dont la forme régulière serait ^z^y^; de même o-s» au heu
de ^-r^li, dont la forme régulière serait c^y .
On substitue au fatha un kesra lorsque Vélif quiescent tient lieu d'un ^ ou bien d'un j mû par un kesra. Exemples :
ot— pour >ojL^, régulièrement O^j-r-
235. Le j et le ^, au milieu d'un mot, devant être mus par un kesra et étant précédés d'un \ de prolongation, sont remplacés par un ^ hamzé. Exemples :
JjLs pour JjL- s
Jjl; i.u
Ceci a lieu surtout dans les adjectifs verbaux des formes JcU et Alcli;dans les pluriels de la forme Jc'y, comme ^5^'^,
Jl^, jJljj et jjïu!^, venant des racines «-lili, l\j, i\j et ^^,
pour wJ>J, -^y , Jjj et j^^, et dans ceux de la forme J='^,
comme j-)'--^ et ^'U^ , venant de ^l> et .le, pour ,o et j y-£.
Il faut observer, quant à cette dernière forme, J-ali^.que la règle que nous donnons ici ne s'applique qu'à ceux de ces pluriels qui viennent d'une racine dont la deuxième lettre est un j; si cette lettre est un ^, il n'éprouve aucun ctiangement.
Ainsi, l'on écrit : ^}^ , ^\^ et ^.L*^, parce que les racines
de ces mots sont i?^, f^ et .U pour ^j^, jr~' et^j-^.'D
236. Le j et le ^ au milieu d'un mot, devant être mus et être précédés d'une lettre djezmée et suivis d'une lettre mue, transportent souvent leur voyelle à la lettre djezmée et deviennent quiescents; en ce cas, si la voyelle est un fatha, le j ou le ^ se changent en ! ; si c'est un kesra, le j se change en ^c, conformément à la seconde règle générale (n» 180). Ex. :
Jj — ^ pour Jj — ^
(1) C'est par une suite de ce même système que le ^ servile et accessoire, précédé d'un ' quiescent, ^ qui entre dans diverses formes de pluriels, est toujours affecté d'un hamza, comme s'il provenait de la permutation d'un '
hamzé. Ex. : v^ le, , v^ \^ , w^ >^, |^^ 1^ . La même règle s'observe
dans les noms propres étrangers, comme J-5 1 »—' ou Jr:^ ' ^^i , J-'' »^ > etc.
Elle s'applique aussi au j (n« 204), comme dans fr-'jj^, i/'jj^ et ^jy^) où l'on peut retrancher un des deux j •
g^'-..^ pour -ij-y,^
3 — ^ — Jj — '^
aJLJL» — A L n'j
Ce changement n'a pas lieu dans les noms des formes J-xi^
et ilxw , ni dans ceux où le j ou le ^ sont suivis d'un t quies-
cent, comme dans les formes Jl*i» et i-laii», ni enfin dans les
adjectifs de la forme J**'. On dit donc, sans permutation du j ou du ^5 :
J^ — ï-/' venant de JLs pour J^ s
- iLi - il 3
je- j-;^
sl: ^.
^ir . ^^
J - .Ll
237. Si, par le cliangement dont il vient d'être parlé, la lettre quiescente se trouve suivie d'une lettre djezmée.on supprime
tout à fait la première. Ex. : C--«JÎ pour o^U!, qui est pour
O^jjI ; eu*»! pour vJ:-^s-j! , qui est pour c^^i .
238. Le j et le ^ devant être mus par un kesra et être précédés d'un dhaimnnAe kesra prend ordinairement la place du rfAa/n^na, lequel disparait. En ce cas, le j se change en ^ quiescent (no 180). Exemples :
J — i pour J 5 — 9
Si, dans le cas précédent, il survient une lettre diezmée, le
oc
^ disparaît (nos §2 et 101). Exemple : vi->lj» pour oXi , dont la
forme régulière est cJ»» .
239. Les règles précédentes (depuis le n" 233 jusqu'au n» 238) s'appliquent aux racines dont la seconde lettre est un j ou un ^__^,et à la plupart des dérivés de ces racines : elles ne doivent pas cependant être regardées comme illimitées, ainsi que nous l'avons déjà observé et qu'on le verra plus en détail lorsque nous parlerons des verbes que les Arabes appellent verbes concaves.
§ VI — OBSERVATIONS GÉNÉRALES SUR LES RÈGLES DE PERMUTATION DES LETTRES ' , j ET >5
240. Quand on dit que les lettres ', j et ^ sont précédées d'une voyelle quelconque, il faut toujours entendre qu'elles en sont précédées immédiatement, sans l'interposition d'un djezma ou d'une lettre quiescente. On ne doit pas oublier qu'il faut regarder comme lettre djezmée celle qui, n'étant pas écrite, est virtuellement renfermée dans un teschdid. Ainsi, dans S^ , le fatha qui est sur le ^ n'est point immédiatement précédé du dhamma qui est sur le ^ , parce que 3-/» est la même chose que si l'on écrivait 0^ .
241. Vélif final d'un mot cesse d'être regardé comme final, et est censé placé au milieu d'un mot, lorsqu'il survient à la
i ■' ' '■ (1) Quelques anciens grammairiens lisaient et écrivaient J^ , (jr^r* , ^^^ >
en passant légèrement sur le dhamma. On trouve aussi w^ et ^^^^^ , au lieu de ^--^^ , passif régulier de ^^ pour ^^:^^ .
fin de ce mot, quelqu'un des pronoms affixes. Ainsi, dans BjL^ , composé de «Lp et de « , le hamza se change en j , comme étant au milieu d'un mot (n» 185); cela cependant n'est pas toujours observé, et l'on écrit quelquefois ï^L» .
242. Au contraire, le j et le ^ qui terminent un mot ne changent pas de nature par l'addition d'un affixe, et on les considère toujours comme lettres finales, ainsi qu'on le voit dans ces exemples: i\y- et bI»'' , où l'addition de l'afTixe » n'empêche pas que le j de j^ et le ^ ^^//j '^^ deviennent quiescents, comme s'ils étaient à la fin d'un mot (nos jgl et 208). Le seul changement qui ait lieu à cause de cet affixe, c'est qu'on substitue un ! au ^c; encore peut-on conserver le ^, pourvu qu'on ne lui donne point le djezma, et écrire i^. . (H
(1) Je n'ai point compris dans ce chapitre quelques-unes des observations consignées dans la grammaire arabe de M. Lumsden et dans le petit traité intitulé Taleelat, composé en persan par Mohammed Habban, et imprimé à Calcutta en 1820, parce qu'elles m'ont paru ou peu exactes ou de peu d'application dans la pratique.
En général, je crains plutôt d'avoir donné trop de développements à ce premier livre que d'avoir omis quelques détails nécessaires, ou même simplement utiles.