‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 41 sur 188 · Le j au commencement des mots, étant suivi d'un autre · texte numérisé non relu

Le j au commencement des mots, étant suivi d'un autre

H) Pour coniiaitre plus en détail toutes ces minutieuses observations, on peut consulter le tome IX des Nolices et extraits des manuscrits, l" partie, p. 67 et suiv.

j mû par une voyelle, se change en ! hamzé, pour éviter le concours de deux j. Exemples :

J — setj! pour J — vs!jj pluriel de l — Lo'j

203. S'il se trouve au commencement d'un mot deux j dont le premier soit mû par un dhamma, on peut changer le premier en hamxaA^l Exemple :

^.jf pour Sjii

204. Lorsque, dans le milieu d'un mot, il se trouve deux j dont le premier est mû par un dhamma et le second quieseent, si la lettre qui précède le premier ^ n'est pas djezmée ou quiescente, et si le premier j n'est pas redoublé par un teschdid, ou change souvent le premier j en un kamza, en conservant la figure du j. Exemples :

H) 11 parait, par un passage de Béidhawi cité dans mon Antliologie grammaticale orabe, p. 2i,que quelques Arabes convertissaient souvent en kamza le j

mû par un dhamma au commencement des mots, comme dans i|>?j et >

Quelques lecteurs de l'Alcoran prononçaient aussi, avec un hamza, ijj-~^j^. et autres mots semblables; et on lit dans quelques exemplaires de l'Alcoran, sur. 77, vnrs. U, O^^XJ) pour C^>;^j.

("est peut-être la dif&culté de prononcer le j avec un dhamma au commencement d'un mot qui a été cause qu'on lui a substitué le O» dans quelques mois qui sont (le\cnus ensuite des racines secondaires et ont eu leurs dérivés. Tels sont :

pour ^ i?i

ïi. i — Si]

A — 'j»c». pour i — \^ t, i , >.., ," ,

Quelquefois, dans ce cas, on retranche l'un des deux ^, ce qui a lieu surtout quand le premier > est précédé d'un ' de prolongation. (•) Exemples :

i^^ pour ^ii^^

Si les deux j ne se trouvent en contact que par l'effet d'une contraction, il faut les conserver sans changer le premier en hamxa. Exemples :

ijjj-^. et jjj-:^-!^' pour ^yi^i et ^f.^.j-'^

205. Le j au milieu d'un mot devant être mù par un fatha et étant précédé d'un kesra se change souvent en ^, comme :

pour

( ■■' re-

cela, néanmoins, n'a pas toujours lieu, et l'on dit : i^)

''^' jW' j'-j?"' Sy^' Jl?^» cL?^

206. Quelquefois aussi, au milieu d'un mot, après une lettre djezmée.le j mù par un dhamma prend le hamza ou se change en \ hamzé. Exemples:

ou Jji'

pour Jj^

(1) Voyez, relativement aux règles d'orthographe qu'il convient d'observer en ce cas, ce que dit Hariri.dans mon Anthologie grammaticale arabe, ç. 118.

(2) Cette exception porte surtout sur les mots dérivés des racines dont la froi-

.sième radicale est un j ou un ^, sur les noms d'action de la forme J'** et sur

207. Dans les dérivés des racines qui ont un j pour seconde radicale, il arrive fréquemment, lorsque la seconde radicale est redoublée, que Icj se change en jt.C) Exemples :

pour >j-

— çj O

La même chose arrive aussi, quoique la seconde radicale soit djezmée et non redoublée. Exemples : J-i, iJLi, Cw, etc.

208. Le j final, précédé immédiatement d'un /"atka, n'admet point de voyelle; mais il devient quiescent et se change en ' si le mot n'a que trois lettres, et en ^ s'il a plus de trois lettres. Exemples :

'j— — £ pour jj i

les pluriels de la même forme au singulier desquels le j n'a éprouvé aucune permutation.

' - .< (I) Les grammairiens arabes supposeni que .*-^ et tous les mois semblables

viennent de la forme J^ , changée d'abord, par métathèse, en J^ , puis, par

contraction, en J^ , et enfin, par une seconde contraction, en J^ • Ce système

s appliquerait difficilement aux autres formes dont il est ici question, /•'■■^

^J-:P > V-'v^ et j«-r^. Voyez à ce sujet mon Anthologie grammaticale aralie, page 437.

La même chose a lieu aussi quand après le j il y a le » final, comme :

ï> — 5^ pour ïj — iy^

209. Si, dans le cas précédent (n» 208), le j. final devait avoir une voyelle nasale, elle se reporte sur le fatha précédent. Exemples:

pour j — -^ls., j — >o-£ et 'j — ^-^

— n h m . !•' «» — ' «__Jax»

210. Dans les verbes défectifs,lej final, lorsqu'il est précédé immédiatement d'un dhamma et qu'il doit être mù par un dhamma, devient quiescent et perd sa voyelle, comme :

jj-V. pour ij-J^, Cl

211. Dans les noms dérivés des racines détectives, lorsqu'il arrive qu'en vertu de quelque forme grammaticale le j final doit être précédé immédiatement d'un dhamma, il se change en ^ et convertit en kenra le dhamma qui devait le précéder. Si le ^, dans ce cas, doit avoir pour voyelle un fatha, il conserve sa voyelle ; si sa voyelle doit élre un kesra ou un dhamma, il la perd et demeure quiescent. S'il doit y avoir une voyelle nasale, le j: disparait, à moins que la voyelle nasale ne soit celle du fatha.

Ainsi, \las,, JS, jJh?-. qui devraient faire au pluriel »^s^' ,

:J>' ..^^' font <aj;' b' ,3.'.

(1) Erpénius dit (lue la même chose a lieu quaml le j final, précédé d'un dAamma, doit être mû par un kesra.ie crois que le mot j ^j, qu'il donne pour exemple, n'est point arabe; et ce qui me confirme dans l'idée que cette règle est fausse, c'est que, dans le cas dont il va ("tre question tout à l'heure, au lieu de

dire jJ^'^l ou j-J-î^' , comme on de\Tait le faire si ce que dit Erpénius était vrai, on dit ^-î^'-

ET DE L'ÉCRITURE lOT

On dit doiio au nominatif et au génitif Ji' au lieu de jJi! et

Ji] , et à l'accusatif l-Ji! au lieu de ty^! .

Lorsqu'il n'y a point de voyelle nasale, on dit J,i! au lieu

de jJi! et Si^ , et J,':>! au lieu de JM.O

212. Lorsqu'il se trouve à la fin d'un mot deux > consécutifs, dont le premier est quiescent api'ès un dhamma, on réunit les deux j par un teschdid, et le premier cesse d'être quiescent et équivaut alors à une lettre djezmée, (2) comme on le voit dans ces exemples : „

pour

Cela a lieu pareillement quand il survient un s à la fin du mot, comme dans ij^, i'^ , ij--^ et sj v»^. 213. Cependant, dans les pluriels de la forme J»-»3, et les

(1) J'ai établi cette règle, sur laquelle il n'y a pas d'accord entre les diverses éditions de la Grammaire d'ErpénIus, principalement sur l'autorité deDjewhari

(|ni dit au mot j-J^ : « Le pluriel qui sert à indiquer un petit minibre est J'î' , « de la forme J-*»' . le j ayant été changé en >j?, parce qu'il est la dernière « lettre du mot après un dhammaa; ^j J^ 1 -îJ-iJ i J-J t ^ jJ Jj 1 sî^

ïZ* ^*i Isja I4syj3 îli jlJ ! w^ J*ï' . Le surplus de la règle est

fondé sur l'analogie. Il en est de J ^ * «imnie de --} , pluriel de -V. • Voyez ci-après (n° 220).

(2) La môme contraction peut avoir lieu quand la dernière lettre, au lieu

d'être un j , est un hamza. Ex. : j-^ pour « «-J ou jj-^ : j t-ï* pour 'jf^ ',

5»^ de V-' et "^^y de j^. Djewhari autorise expressément cette contraction. Voyez A\)u Nasri Ismaetis Thésaurus, vulgô dictus Liber Sehali, etc., p. 68.

noms d'action des formes J y-»i et Jjj^s , on change souvent les deux j en ^; on change aussi le dhamma de la seconde radicale en kesra, et ce changement s'étend quelquefois jusqu'au dhamma de la première radicale. Exemples :

^i pour i^i

On dit de même y^ et ^ pour j j-;i , nom d'action ; ^

pour j»;:c , pluriel de C-'li, de la racine Ixi pour lxi.

214. Quand le j quiescent, après un dhatnma, est suivi d'un ^ final, le dhamma se change en kesra, et le j en un ^ que l'on insère dans le ^ final, par un teschdid. Exemples:

J'y pour ^yy

215. Dans les noms de la forme J-xi , la dernière lettre étant

un j, elle se change en ^ , et les deux ^ se réunissent par un teschdid; le premier ^ cesse alors d'être quiescent. (2) Exemples :

ç^o pour j-trr«

(1) Djewhari observe que du mot if^ arc, on a formé d'abord régulièrement le pluriel t^i^ ; qu'ensuite, par métathèse, on a dit»»^ , et que de celui-ci, en changeant lej en ^, on a fait ^"^ comme c^ ■

(2) Il résulte de là que, dans les adjectifs tels que ^^ , venant des racines

dont la troisième radicale est un j , comme -»s , on ne saurait décider si les

fi . ^ f ■" ^

adjectifs verbaux sont une contraction des formes Jj-«-* ou J-tr"-* . car J^ peut être dit pour ^y^ ou ^^ .

Jr^j pour '^^^

216. Le j final, immédiatement précédé du kesra, se change en ^. Exemple :

cr^\ pour j — te.

217. Le j servile, placé à la fin d'un mot, prend toujours après lui un I muet (u" 68). Exemples :

Cependant, on écrit ordinairement j-aJ , pluriel de j^-j'. On écrit aussi ji et non pas Li .

On trouve quelquefois cet î muet après un j radical quiescent

à la fin d'un mot, comme dans 'jii;; mais celte orthographe

est rejetée par plusieurs grammairiens, qui écrivent^o . Cet t

purement orthographique (ri» 68) se nomme Jo.Up ! wâ)! èlif de

précaution, parce qu'il empêche do prendre le ^ qui termine un mot pour la conjonction j et.

218. Le nom propre ^j^ Ainroii s'écrit avec un ^ à la fin, uniquement pour le distinguer de celui d'Omar j-*.c , avec lequel il se confondrait quand on n'écrit point les voyelles: ce j est d'ailleurs absolument muet. On écrit au nominatif

^j^ et au génitif j^ , qu'il faut prononcer comme s'il y avait

^ et j<^ ; à l'accusatif, on ne met point de j , l'ë/t/qui accompagne la voyelle nasale dans Ij-^j suffisant pour empêcher

qu'on ne confonde ce nom avec^U= . Mais si l'accusatif perd sa voyelle nasale, ce qui arrive quand il a après lui le mot^ suivi d'un autre nom propre, alors on écrit j^ et l'on prononce v^. Ainsi, l'on écrit: (joUJ! ^^ ^'j^i J-lj! il envoya Amrou, fils d'Alas.W On écrit de même au nominatif j«l*5l '^ jj^ et au génitif ^JoJ ! ^^ .j!^ .

(1) J'ai écrit Amrou pour me conformer à l'usage; mais, pour être exact, il faudrait écrire Amr.

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