La voix subjective se nomme aussi pl»^ ou ^jj-x
connu et la voix objective J>i^ i^'noj'é^ parce que, dans l'usage de la première, le sujet est connu, et que, lorsqu'on emploie la seconde, il peut demeurer ignoré. Le mot qui répond à
(1) Celte dénomination convient particulièrement à la voix objective quand
elle est employée sans un sujet déterminé, comme dicitur J^»., fertur ^3f..t et j'ai même douté si l'on pouvait l'employer d'une manière plus générale;
mais en voici un exemple tiré du Sïhah : j^ «LL^ '^j^' O^y ' '^^J*?-
'o îicli Hj l! Uj -'U yj\ v-h^^IUJ! llii 'J^ ^i^ sLl^ UJli
iJc J y»A<J 1 ( Djewliari, à la racine '^ ) .
(2) Voyez mes Principes de grammaire générale, 2« édition, p. 213 et suiv.
celui de voix est ï*~<« /b>'we. Ainsi l'on dit ^.Jijl i-i-wso pour
la uoia; subjective, et Jj^^?^' ï*^ pour la voix objective.
On verra par la suite ce qui distingue l'une de l'autre les deux voix dont je viens de parler.
320. Quant aux verbes neutres, voici le signe auquel on les reconnaît et qu'on pourrait regarder comme constituant une voix particulière : c'est que la voyelle de leur seconde lettre radicale, au lieu d'être un fatha, comme dans les verbes actifs, est un dhamma ou un kesra. Exemples: ^ être laid, ',:^
être triste. Mais ce signe n'est pas certain; il y a bien des cas où il ne désigne pas un verbe neutre, et d'ailleurs il ne peut s'appliquer qu'aux verbes trilitères primitifs. On peut encore observer que, parmi les verbes neutres, ceux qui ont un dhamma indiquent plus ordinairement une qualité habituelle ou inhérente au sujet, et ceux qui ont un kesra, une manière d'être accidentelle et passagère. Je reviendrai sur cet objet dans mes observations sur le paradigme du verbe trilitère régulier.
321. Il est bon aussi d'observer qu'en arabe une multitude de verbes, soit primitifs, soit dérivés, quoique employés à la voix subjective, ont la significalion neutre ou passive; c'est ainsi qu'en latin quelques verbes en o, comme vapulo, ont la signification passive, et beaucoup de verbes en or, communément appelés déponens, ont la signification active, comme sequor, hortor, imiior.
Aussi les grammairiens arabes considèrent-ils tous les verbes neutres, soit qu'ils expriment simplement une manière
d'être, comme ^y être malade, ou une action qui ne passe
pas hors du sujet, comme J^ marcher, >li dormir, comme
des verbes actifs, et leur sujet se nomme toujours JcU agent.