‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 73 sur 188 · L'usage des formes JiM et JiL-sl est assez fréquent · texte numérisé non relu

L'usage des formes JiM et JiL-sl est assez fréquent

dans l'Alcoraii, mais ces formes extraordinaires sont restreintes aux racines qui ont pour première lettre radicale une des lettres vo, o^, ^, ^, J, j, (^, J^, ^, j=, i et i .

456. f Dans les cinquième et sixième formes, dont la première lettre caractéristique est un o-, cette lettre disparaît quelquefois aux personnes de l'aoriste qui ont aussi un o»

pour crément; ainsi, au lieu de dire y2S-:;JS et --^LI^, on peut

dire j-I^ et JxUj'. Malgré cette suppression, les voyelles de ces aoristes les distinguent sufïïsamnient des aoristes de la deuxième et de la troisième forme, soit subjectifs, comme

jZSji et -XcUj, soit objectifs, comme j-lCj et -xcUj. Ils sont

distingués des aoristes subjectifs de la deuxième et de la troisième forme, parce qu'ils ont un fatha pour voyelle de la seconde radicale, et des aoristes, tant subjectifs qu'objectifs des mômes formes, parce qu'ils ont un fatha pour voyelle sur le O', au lieu que ceux-ci ont un dkatnma.La môme chose peut avoir lieu à la seconde forme du verbe quadrilitère.

457. f Lorsque la première radicale d'un verbe est un ^j, le ij caractéristique de la septième forme se confond avec la première radicale par le moyen d'un teschdid. Ainsi, de jJia-> dérive, à la septième forme, j--=jl au lieu de ^^^aot .

458. •;• Les verbes qui commencent par un * peuvent convertir le ., caractéristique de la septième forme en f, et alors

ils l'insèrent par un teschdid dans la première radicale. Ex.: ^', iki! et ~l;' pour ^i*^', iii' et , ►lUit.C)

459. -■- Les verbes qui commencent par un , ou un J n'ont point d'ordinaire de septième forme. (2)

(1) La conversion et l'insertion dont il s'agit ici ne sont que facultatives, comme l'a observé M. Lumsden {a Grammar uf Ihe arab. Uwj., page 947). Les exemples que je donne ici sont empruntés au dictionnaire de Djewhari.

(2) On trouve cependant ^jaj-j]^, septième forme de j^j , dans la Vie de

460. Quand la première radicale est un O', le C^ caractéristique de la huitième forme se confond avec cette première radicale par le moyen d'un teschdid ; ainsi, de p^ dérive, à la

huitième forme, ^' pour s.-^^ .

461. Le vO caractéristique de la huitième forme se change en 1= quand la première radicale est une des lettres ^js, js, J»

et Ji : ainsi, de f^, i^ et v>-^ ^^ forment àJa^J, ji*!»! et

v j^^'; de lUb on fait JJii' ou ,IL' ou JJi'. Dans le second

exemple, le 1» radical et celui qui est caractéristique de la forme dérivée sont unis par le moyen d'un teschdid ; dans le quatrième exemple, le C-' peut se changer en is ou en i . On

peut aussi dire w!/-^' ^^ ''^^ ^^ >^^Jj-a'.

462. Si la première radicale est un ; , le C^ caractéristique de la huitième forme se change en i : ainsi, de ih se forme ilS;!, au lieu de 5b;!.

463. Il se change aussi en i si la première radicale est un J, et alors la lettre radicale et la lettre caractéristique s'unissent

par le moyen d'un teschdid : ainsi, de v-J.i on forme ^y'ii ^u lieu de cJJjol .

464. Si la première radicale est un 5 , le s> de la huitième forme se change en J, ou bien il se change en i,et les deux lettres s'unissent par un teschdid; le O caractéristique et le > radical peuvent aussi se changer l'un et l'autre en ^ : ainsi, de

Si on peut former ^^33!, JS'it et '^l\ , au lieu de S-i^\.

Timour, par Ebii Aralischali , édition de M. Manger, tome I, page 104. Quant à v,:>.<0)J' , qu'on lit dans Avicenne, tome II, page 108, liv. 14, je suis convaincu

(|u'il faut lire en cet endroit o-*y^' •

La septième forme et la huitième ayant en général la même valeur, l'absence d'une de ces formes se trouve compensée par l'autre.

465. Si la première radicale est un -d^, ua j ou un ^, elle se change en O' et ce o» s'unit par un teschdid avec le o» caractéristique de la huitième forme .-ainsi de c^î, ^j et

k-o on forme o^yt, JLït et v^Vl, au lieu de o3i, iLV.t et

^-;' . Au lieu de o*.Vt , on peut aussi dire 0-^1 .

466. 1 Lorsque la seconde radicale du verbe trilitère est une des lettres o», O, ^, :>, 3, j, (^, ^i, ^;<5 , ja , i et i , la huitième forme devient quelquefois parfaitement semblable à la seconde, ce qui arrive par les altérations suivantes. Prenons pour exemple la racine l-a-^, dont la huitième forme est régulièrement »«aià.! : l" le v«:> caractéristique de cette forme se change en ^ et s'unit par un teschdid avec le ^js radical; 2o la voyelle du o» se reporte sur la première radicale ; 3" la première radicale n'étant plus djezmée, IWt/ d'union, devenu sans objet, est supprimé. d) On a donc J^ au lieu de l^.aii!. Pour distinguer cette huitième forme de la seconde, quelques grammairiens font subir certains changements aux voyelles et disent « — -a^, («-^ ou *^. L'aoriste et l'impératif subissent des changements analogues et l'on dit .>-Ia M , 'j.^.-i-i, l~fl M et yja^, au Heu de A,^^&i^. . (2)

(1) Relativement à cette suppression, voici ce que dit un grammairien (Man. ar. de la Bibl. du Roi, n» 1234) :

i^f'LJL. .'j^bS! J,| J..yu [^ t^ Lit J^j}] ïp» ^t X 1»

(2) Il y a plusieurs exemples de cette forme irrégulière dans rAIcoran,et elle est reconnue par Djewhari, comme on peut le voir aux mots j^^o-a^ , < — àh S , . Ji et J-^ . Il est même bon de remarquer qu'à l'adjectif verbal on peut prononcer Jià^ , J*^ et J*à^ . Toutefois, les grammairiens ne sont pas d'accord

467. f La dixième forme, dans les verbes dont la première radicale est un i , perd quelquefois le o^ formatif ou le ^ ra-

dical. Exemples: c.'lLlt et &'i~.l pour pLkLt de la racine e^U»

468. 1 La onzième forme présente une exception à la règle qui interdit le concours d'une lettre de prolongation et d'une lettre djezmée (n»» 101 et 102); c'est une exception qui rentre dans la classe de celles qu'on a déjà observées (n°^ 154,183 et 312).

OBSER VA TIOXS particulières à la voix subjective

469. Au prétérit de tous les verbes de cette deuxième classe, l'avant-dernière lettre radicale a toujours pour voyelle un fatha.

sur la manière de lire et d'interpréter les mots de ce genre qui se rencontrent dans l'Alcoran. Je soupçonne que les granimairiens ont généralisé des anomalies qui étaient particulières à quelques dialectes ou n'avaient lieu que dans un petit nombre de mots. On pourrait même conjecturer que ce n'étaient, dans l'origine, que des fautes d'orthographe qui s'étaient glissées dans les exemplaires de l'Alcoran, et qu'un respect superstitieux aura conservées, comme les Juifs ont conservé religieusement toute sorte d'anomalies bizarres dans la transcription de leurs livres saints. L'Alcoran en offre des exemples certains, comme quelques critiques musulmans en ont fait la remarque. On peut, je pense, ran-

ger dans cette catégorie le mot v^-^-%J i qu'on lit dans quelques manuscrits de ce livre et qu'on suppose tenir la place de ^y^.. , quoiqu'il soit contraire à toutes les règles. Il y a des grammairiens qui lisent ^S^^« ou v 5-Hj- Voyez ci-devant la note 1, p. 42 et suiv.

(I) Quelques grammairiens écrivent s-Lk-l, d'autres e.LLoK Je crois que le verbe ç- Li= est le seul qui éprouve cette anomalie. (Voyez Alcoran, sur. 18 vers. 96.) 11 y a des grammairiens qui prétendent que ç- Li—I est à la quatrième

forme pour ç>LJ='^ comme (3l/*' POur ^3 J ~ Voyez, ce à sujet, mon Anthologie grammaticale arabe, p. 363 et 387. Djewhari, au mot {^j^ y adopte le

sentiment de Sibawaïhi, et regarde ç-LIa^l et i^'j-''' comme des verbes à la quatrième forme.

470. A l'aoriste des cinquième et sixième formes des verbes trilitères et de la deuxième des verbes quadrilitères, l'avantdernière lettre radicale a pour voyelle un faiha; dans toutes les autres formes de cette deuxième classe, elle a pour voyelle un kesra.

471. L'impératif se forme de l'aoriste conditionnel par la suppression des créments de ce temps. Il prend aussi les deux formes énergiques. Si le prétérit commence par un élif servile, cet élif reprend à l'impératif la place des créments de l'aoriste.

472. Les neuvième et onzième formes ont toujours, à la voix subjective, une signification neutre; par cette raison, elles n'ont point de voix objective.

473. La dernière radicale, étant doublée à la neuvième et à la onzième forme, le redoublement est seulement indiqué par un teschdid toutes les fois que la dernière radicale est affectée d'une voyelle, et l'on supprime la voyelle qui devrait appartenir à la lettre précédente, comme dans Jio! et Jli^', qui sont pour ij-*-^' et ^ .Là-wsl, mais cette contraction cesse d'avoir lieu lorsque la dernière lettre radicale doit être affectée d'un djexma; ainsi, à la seconde personne du singulier masculin du prétérit, on dit O' j^;*^' et O' . ,U^! . C'est par la même raison que l'élision cesse d'avoir lieu à l'impératif et à l'aoriste conditionnel, comme on le voit dans le paradigme; ceci s'applique également à la quatrième forme du verbe quadrilitère et sera développé dans la conjugaison du verbe sourd (no 480).

OBSERVATIONS particulières à la voix objective

474. Au prétérit de la sixième forme, l'élif,qm est une des lettres caractéristiques de cette forme, se convertit en un j, comme on l'a déjà observé au sujet de la troisième forme (n" 448) et par la même raison.

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