‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 75 sur 188 · On appelle verbe sourd,'^\ , le verbe trilitère dont la · texte numérisé non relu

On appelle verbe sourd,'^\ , le verbe trilitère dont la

troisième radicale est semblable à la seconde. Ce verbe est

'■'1 " aussi nommé ^acuay redoublé.

479. f Les grammairiens arabes comprennent parmi les verbes redoublés les neuvième et onzième formes des verbes trilitères et la quatrième des verbes quadriiitères, et avec raison, puisque ces formes dérivées sont sujettes aux mêmes anomalies que les verbes dont les deux dernières radicales sont semblables. Ils renferment aussi, sous cette dénomination, les verbes quadriiitères dont la troisième radicale est semblable à la première et la quatrième à la seconde, comme JjJ; et jiji. Il est bien vrai que ces verbes quadriiitères tirent leur origine d'un verbe sourd, de J; , par exemple, et de Jj, et qu'à raison du redoublement de leurs deux premières lettres radicales le nom de ■^iaLiu redoublé leur convient très bien; mais, comme leur conjugaison est exempte d'irrégularités, nous ne les comprendrons point dans la classe des verbes sourds, dont il est ici question.

480. Toute l'irrégularité des verbes sourds peut se réduire à la seule règle suivante :

Dans toutes les inflexions où, conformément à la conjugaison du verbe régulier, la dernière radicale doit avoir une voyelle, on insère l'avant-dernière radicale dans la dernière par un teschdid; alors, la voyelle de l'avant-dernière radicale est supprimée, à moins que la lettre qui la précède ne dût avoir un djezma, car, en ce cas, la voyelle que devait avoir l'avantdernière radicale se reporte sur la lettre qui devait être djezmée.

Dans toutes les inflexions, au contraire, où la dernière radi-

cale doit avoir un djezma, ces verbes se conjuguent régulièrement.

Ainsi, à la troisième personne du prétérit singulier masculin, on dit avec contraction ^,,.^^. pour ^-^-^f^; à la seconde personne du singulier du même temps, on dit régulièrement.

A la troisième personne du singulier masculin de l'aoriste

indicatif, au lieu de ^—^^^ on dit avec contraction Z^<^., le dhamma de la deuxième radicale passant à la première, parce que celle-ci devrait avoir un djezma. Si l'aoriste est au mode conditionnel, on dit régulièrement >-^4*=^- . parce que la dernière radicale étant djezmée, il n'y a point lieu à faire de contraction.

481. Le paradigme d'un verbe sourd mettra sous les yeux l'application de cette règle. (Voyez le tableau ci-joint.)

OBSERVATIONS sur le paradigme d'un verbe sourd

482. f II arrive quelquefois qu'on substitue un ^ à la troisième radicale du prétérit des verbes sourds, quand cette troisième radicale est djezmée, de sorte qu'on dit, par exemple, J:J}^J^ au lieu de JL):>SS. Ce changement est plus commun dans le langage vulgaire que dans l'arabe littéral. Quelquefois aussi l'on forme ces personnes du prétérit, comme si elles venaient d'un verbe concave, sorte de verbe irrégulier dont nous parlerons ci-après (§ xviii). Ainsi, de JJi on forme, à la seconde personne, v-fJJ> au lieu de cALib .W

483. L'aoriste du mode conditionnel peut, outre sa forme régulière, en adopter une autre où l'on conserve la contrac-

(1) C'est ainsi que, dans le poème Borda (vers. H7), on lit, suivant quelques manuscrits :

tion ou insertion de la deuxième radicale dans la troisième, en donnant à la dernière radicale, au lieu du djezma, un fatha ou un Aesra. Ainsi, au lieu de .yj, on peut dire Jw et Ji^. Dans les verbes dont la deuxième radicale doit avoir à l'aoriste un dhamma, on peut aussi donner un dhamma à la dernière radicale; ainsi, au lieu de ij^/, on peut dire avec contraction S^}, J^ et même Jt^.

484. L'impératif conserve la forme régulière. Conformément à la règle (n» 480), on doit dire ^Jà^ IJsj^ et lj}3t. La raison pour laquelle il ne se conforme pas à cette règle, c'est que l'é/î/ d'union exige nécessairement après lui une lettre djezmée (n» 131). Mais, outre la forme régulière, l'impératif en a encore une autre dans laquelle l'insertion de la deuxième radicale dans la troisième a lieu, excepté à la deuxième personne du pluriel féminin; (*) la voici :

SINGULIBR DDEL PLUBIKL

Maaculin Féminin Commun Masculin Féminin

^ou^ ^.r f h ' bj 1 OJr-^\

485. Les verbes sourds suivent à la voix objective les mêmes règles qu'à la voix subjective. Ainsi l'on dit, à la troisième

personne du singulier masculin du prétérit, jli pour .^.(2)

Mais, à la seconde personne, la contraction n'a pas lieu, et l'on

(1) Oa trouve dans l'Alcoran (sur. 33, vers. 33, édition de Hinckelmann), ^J» pour i-)j^\> de j-*, comme si la racine était concave (n« 522).

(2) Cependant, il parait que quelques grammairiens suppriment , à la voix objective, le dhamma de la première radicale, quand la contraction a lieu au prétérit, et lui substituent le kesra de la deuxième radicale, en sorte qu'on dit

^ pour ij^. Béidhawi, sur ces mots de la 12' surate de l'Alcoran, vers. 65,

dit C'j^ . A la troisième personne du singulier masculin de

l'aoriste indicatif, on dit avec contraction Jl; pour /j^-, mais

à la troisième personne du pluriel féminin du même temps,

on dit, sans contraction, fj\j^>-

486. Pour la formation des verbes dérivés, on se conforme à la règle de contraction (n» 480) dans les formes suivantes, qui seules peuvent admettre cette contraction :

Formas 4e

IQe

Prétérit

-i pour

JJ

Aoriste

Impératif

JJ

La contraction a lieu dans ces verbes dérivés, ou cesse d'avoir lieu, selon les mêmes règles qu'on suit dans la conjugaison du verbe primitif.

On peut aussi, dans ces formes dérivées, comme dans la forme primitive, conserver la contraction à l'aoriste conditionnel et à l'impératif, toutes les fois que la troisième radicale devrait être djezmée,à la charge de donner une voyelle à cette

*^i vO^i *^U£i> Ij^j, dit : «On lit aussi C^>^. , en transportant le \ie^ra du ^ inséré dans la troisième radicale au j , comme dans Ç-^^ et J-^^ :

J-iJ i-j J I4kj .|pl J,t i»éjjt JlDl ijlS JâSj voi, jy

(Man. ar. de la Bibl. du Roi, n» 266.)

troisième radicale. Exemples : a)^!, au lieu de a-U^I, et aJjI, au lieu de aJ-Ls! .

487. f Les troisième et sixième formes font une exception à la règle générale qui interdit le concours d'une lettre de prolongation et d'une lettre djezmée. On a déjà fait observer précédemment (nos 112 et 183) cette exception, qui a lieu encore dans quelques autres circonstances (n°s 354 et 468).

On se conforme cependant quelquefois, pour la troisième forme, et même, suivant quelques grammairiens, pour la sixième, à cette règle générale, en ne faisant point de contraction; alors on dit, au prétérit de la troisième forme, iSU, et à l'aoriste de la même forme, -^-Uj.

488. Pour les formes dérivées dans lesquelles il y a naturellement un teschdid, elles ne sont pas susceptibles de contraction.

Ainsi, on les conjugue régulièrement en cette manière :

Formes Prétérit Aoriste Impératif

jj-^ jj-^^ jr

jj—^\ j/-^- jjj-'l

ne Jl^l ]\jJS ]/jS[

**» jYj^\ jj^ ;;pi

489. Nous avons déjà observé ailleurs (n» 473) que les neuvième et onzième formes de tous les verbes trilitères réguliers, ainsi que la quatrième des verbes quadrilitères réguliers, doivent être conjuguées comme les verbes sourds et sont assujetties à la même règle de contraction. Il serait inutile d'entrer à ce sujet dans de plus longs détails.

§ XIV — DES VERBES QUI ONT POUR UNE DE LEURS LETTRES RADICALES UN ! , NOMMÉS VERBES HAMZÉS

400, Les verbes qui ont un harma, ou élif mobile, parmi leurs lettres radicales sont nommés par les grammairiens arabes, j y*^ et ]e les nommerai verbes harmés, en imitant cette dénomination.

491. La conjugaison des verbes hamzés est, à très peu de chose près, conforme à celle des verbes réguliers. Il ne s'agit, en général, que de bien observer les règles de permutation, en vertu desquelles on substitue un J ou un Jj au hamza radical; c'est ce qu'on verra dans les exemples suivants.

Le hamxa pouvant être la première, la seconde ou la dernière radicale, on distingue trois sortes de verbes hamzés.

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