‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 93 sur 188 · f Les noms se divisent · texte numérisé non relu

f Les noms se divisent

lo Euj-aUs apparent, yi^^iaf renfermé dans l'esprit, et ^^s/»

vague ou indéterminé. Sous la dénomination de renfermés dans l'esprit sont compris les pronoms personnels; sous celle A' indéterminés, les articles démonstratifs et les adjectifs conjonctifs; tous les autres mots compris sous le nom appartiennent aux noms qu'on nomme apparents;

2° Ils se divisent en iJus qualité, c'est-à-dire qualificatif ou adjectif, et *-' nom, ou 'i^L^ii S'}^'' .*"' ^^om opposé à l'adjectif, ou enfin ^^'^y qualifié, c'est-à-dire substantif.

(1) Voyez, sur le nom et ses différentes espèces, mes Principes de grammaire générale, 2» Oïlitioii, p. 27 et suiv.

3° Ils se divisent de plus en Je nom jiropre et ,^4- ' (**"' '*<"" e?e genre ou appellatif. Cette division n'a pour objet que les noms proprement dits.

Le nom propre se subdivise en J^^^ improvisé et J yJLjj» transporté. Le premier est celui qui n'a été, dès son origine, que le nom propre d'un individu; le second, celui qui a été employé d'abord, soit comme nom appellatif, soit comme inflexion d'un verbe, et transporté ensuite à quelque objet en particulier pour devenir son nom propre. Ce dernier peut être ou simple, c'est-à-dire formé d'un seul mot, ou composé de plusieurs mots. Quand il est composé de plusieurs mots, si ces mots forment une proposition complète, un sujet avec son attribut, on le nomme ^^LL,! ; tel est celui du poète !J£ lob qui signifie il a porté l'infortune sous son aisselle; s'il n'est formé que de deux noms dont l'un sert d'antécédent et l'autre

de complément, on le nomme 'JUp! ; tel est JJ I J-«c Abd Allah, c'est-à-dire le serviteur de Dieu.

Le mot qui n'est devenu nom propre qu'après coup, comme ^ç^. Jean, s'appelle, ainsi que je 1 ai dit, jy-^ transporté, et le mot duquel il a été emprunté, comme ^î il vit, s'appelle

i^j£ vJ>sU ! ce d'où a été fait le transport. W

Il y a une autre espèce de noms propres composés, formés originairement de deux mots, mais dont l'union est si intime que chacun des deux mots, hors de la composition, ne conserve

aucune valeur. Tels sont ^ Jju Baalbec, c^y j-^^i-^ Hadhramaut. On nomme ces composés ,^q=?-y v^^-* composés intimement combinés.

Le nom appellatif se subdivise aussi en ,j--^ *—[ nom de

(1) Voyez là-dessus mon Commentaire sur les Séances de i/ariri, p. 544, et mon Anthologie grammaticale arabe, p. vij.

substance, qui est le vrai nom appellatif, et ^^j*^ *wI nom de signification, qui est le nom abstrait.

4" Les noms se divisent en XJ yc» défini et iy^> indéfini. Sous la première dénomination sont compris les noms propres, les pronoms personnels, les articles démonstratifs et les adjectifs coujonctifs; on y comprend aussi tous les autres noms ou adjectifs, quand ils sont déterminés, soit par l'article J I, ce qu'on nomme (.^Ij ^if**.nc?é/?rtt /iar/e lam, soit par un complément,

ce qu'on appelle ^UisJ t annexé à un complément ;

5" Les noms proprement dits se divisent en ^-^ y composé

et -—^ y f^ non composé. Outre les noms propres composés,

il y a une autre sorte de mots composés, ou plutôt de formules composées de plusieurs mots, que l'on comprend parmi les

noms composés et qu'on nomme ^J^I ^^in* iJj! ^*,k::4Jt, c'est-à-dire ce dont le commencement renferme la valeur d'une préposition. Telles sont ces expressions : o^j CUo , à la lettre maison-maison, \>o\xv de maison en maison; s[^ r^^r^ matinsoir, pour au matin et au soir. A cette classe appartiennent aussi quelques-uns des numératifs;

fio Enfin, il y a quatre espèces de noms qui se distinguent des autres; ce sont : 1» les numératifs ijwiJ! jL^!; 2° les noms dérivés des verbes et qui en renferment la signification iLaiiJ!

CEI,— ^

JI«3^Lj; (•) 3" les noms circonstanciels, c'e^ii-k-àive, les noms autres que ceux dérivés des verbes, qui servent à indiquer des circonstances de temps ou de lieu, et qu'on nomme ^^^\, à

(1) Par là on entend les noms d'action, les adjectifs verbaux de toute nature, les noms du temps ou du lieu de l'action et les autres noms compris sous la

dénomination de \jr^- Voyez Martellotto, Institut. Ung.arab., p. 144; Guadagnuoli, Brèves ling. arab. Institut.,]). 162.

la lettre les vases; i° les noms de verbes JUtibîl ;L^', c'est-àdire qui expriment, au moyen d'une ellipse, la valeur de certains verbes.

596. t Les mots peuvent être considérés, abstraction faite de leur nature et de la partie du discours à laquelle ils appartiennent, comme s'ils représentaient des êtres réels ou fictifs. C'est ainsi que nous disons : un tiens vaut mieux que deux tu l'auras; les on dit;

Les si, les car, les pourquoi sont la porte Par où la noise entra dans l'univers.

En français, nous ne déclinons pas les mots employés ainsi. Les Arabes, dans ce cas, déclinent les particules, et, pour les assimiler aux noms de la forme la plus simple, si elles ne se composent que de deux lettres, ils redoublent la troisième :

ainsi ils disent y un si. W

597. f Les grammairiens arabes sont dans l'usage de joindre à la partie de la grammaire qui traite du verbe tout ce qui concerne les différentes sortes de noms et d'adjectifs qui dérivent du verbe et qui, à cause de cela, sont nommés (3-^:-^ dérivés : ce sont les noms d'action, noms d'agent et de patient, de temps et de lieu, etc. Ils ne réservent pour le traité des noms que les noms primitifs et les substantifs et adjectifs dérivés des noms primitifs, les pronoms, les articles démonstratifs et les adjectifs conjonctifs. Nous n'avons pas jugé à propos de suivre cette marche, quoique plus favorable, peut-être, à la partie étymologique de la grammaire, parce qu'elle s'éloigne trop du but que nous nous sommes proposé, de ramener l'enseignement de la langue arabe, comme celui de toute autre langue particulière, aux éléments de la grammaire générale.

(2) Voyez le Sihah de Djewhari, au mot

Nous avons donc cru devoir séparer entièrement ce qui concerne les noms de ce qui est relatif aux verbes et aux autres parties du discours. Nous avons seulement joint les adjectifs aux noms, parce que la plus grande partie de ce que nous avons à dire est commun aux uns et aux autres et que d'ailleurs les adjectifs sont très souvent employés comme noms en arabe.

598. En traitant des noms, nous les considérons : 1° quant à leur forme; 2° quant à leurs différentes espèces; 3° quant à leurs accidents, qui sont les genres, les nombres, les cas et les changements qu'ils subissent dans leur forme lorsque, d'indéfinis, ils deviennent définis.

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