VERBES RÉFLÉCHIS § M
appelle ordinairement verbes réfléchis essentiels^ pour les distinguer des autres verbes actifs ou transitifs qu'on emploie accidentellement comme verbes réfléchis et qu'on appelle, pour cette raison, verbes réfléchis accidentels^ comme se fâcher^ s* endormir^ se laver j se blesser, se brûler, etc. Mais cette distinction n'a aucun rapport à la nature même du verbe réfléchi. Or le verbe tmnsitif qui revêt la forme réfléchie ou bien garde sa signification transitive, ou bien il la perd et exprime une idée intransitive. Quand je dis : Je yne lave, le verbe laver n'a pas changé de sens, mais c'est le sujet qui fait sur lui-même l'action marquée par le verbe, et ce retour de l'action est exprimé par le pronom personnel qui est bien réellement l'objet du verbe, soit comme complément direct, soit même comme complément indirect, par ex. : Je me lave les mains. Mais quand je dis : Je m^aperçois de mon erreur, je im repens de ma faute, je m^ ennuie, je m' endors j le pronom personnel n'est que l'objet apparent du verbe, car il est bien clair qu'il n'y a pas ici une action faite par le sujet sur lui-même, que je n'ajyerçois pas, que je ne repens pas, que je n^ennuie pas, que je n'endors pas ma propre personne; ces verbes ont donc changé de sens, ils ont cessé d'être transitifs pour devenir intransitifs, et c'est pourquoi nous les appellerons verbes réfléchis intratisitifs pour les distinguer des verbes transitifs employés comme réflécliis, tels que se laver, se blesser, se brûler, etc. (*).
Les verbes intransitifs de signification objective peuvent aussi prendre la voix réfléchie en gardant leur signification prof Te, j^slt ex. Ils se nuisent jxir leur conduite. Il faut savoir se sujâire à soi-même (v. la sjTitaxe, cli. XIX).
Le latin rend Tidée réfléchie, tantôt par le passif ou le déponent, tantôt par Tactif avec le pronom réfléchi se.
(1) Les gi'ammairiens ft*an(taiii ne nous apprennent pres^que lien sur les verbes réfléchis, qu'ils appellent si impropi>;inent verbes pronomhmujc : ils ifçnorent même la distinction que no\is établissons entre les deux esi>ëces do verbes réfléchis, les réfléchis propres ou intransitifo et les réfléchis impropres ou transitifs, distinction qui avait déji été faite pourtant, mais d'une manière bien générale, par Rostuut, qui appelait les seconds verbett réfléchis par la signification, et les premiers verbe a réflh'his par l'expression. Voici Comment cette distinction est expliquée par l'auteur d'une excellente grammaire grecque : c Quand on dit : Je me bats, Je me lave, l'action est d'une nature telle qu'elle ne doit pas nécessairement avoir pour objet le sujet même qui la fait ; je puis, en cfTet, par ex., laver tout aussi bien un autre qu^ moi-même. Mais il peut se fiiire aussi que l'action soit telle qu'il feille de toute nécessité la rapporter au sujet ; c'est loi*sque le sujet qui fait l'action doit être nécessairement conçu comme ne faisant qu'un avec 1 objet qui la subit, aucun intervalle ne les séparant dans l'espace. Quand je me bats, le coup part de mol et, pour revenir à moi, traverse nécessairement un certain espace ; cet espace, quelque court qu'il soit, suffit pour donner l'idée de la dualité et faire distinguer ïe. sujet de l'objet; mais quand je me console, \jo\i\. se passe en moi-niAme : l'action est faite ei subie intérieurement ;\e sujet et l'objet sont confondus. La forme moyenne, en ce cas, exprime simplement l'idée d'une action intransitive. > (KUhner. Gr. élémentaire de la langue grecque, tr. Theil, 1 196). Becker, Org., 87, et yi. Gr., 1, 209, a aussi nettement établi la signiflcation intransitive des verbes réfléchis, moyens et déponents.
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