C. VerbM impertonaels
1. Les verbes, tant transitifs qu'intransitifs, expriment une action qui se rapporte à Tune des trois personnes diu discours ; c'est pourquoi ils sont dits verbes ^personnels.
2. Aux verbes intransitifs ou neutres se rattachent les verbes impersonnels. On appelle de ce nom les verbes qui expriment une action que Ton se représente sans un sujet déterminé ; mais^ comme en grammaire tout verbe doit avoir un sujet, les verbes impersonnels sont précédés du pronom neutre S, qui figure dans la proposition comme sujet purement grammatical : Il neige, il tonne. Ces verbes ne s'emploient qu'à la troisième personne du singulier.
Le pronom neutre ou impersonnel il^ qui vient du latin illud (cela), doit être distingué du pronom personnel il, de ille (celui-là), qui remplace un sujet déterminé.
3. Il n'y a proprement de verbes impersonnels que ceux qui, comme pletivoir^ neiger^ etc., expriment des phénomènes de la nature. Ces verbes essentiellement impersonnels ne s'emploient que dans la forme active et ne peuvent pas avoir de complément; le nombre en est assez restreint : il pletUy il ndge^ il tonne^ il grêle^ il gèle, il dégèle, il bruine^ il grésille j il éclaire ; il faut y joindre les expressions impersonnelles telles que : il fait des éclairs, il se fait nuit.
Le verbe falloir ne s'emploie également qu*à la 3* personne du singulier; mais fcUloir n'est, par son origine, qu'une forme accessoire de faillir^ qui est un verbe personnel, et d'ailleurs, par le sens, il se rattache aux verbes accidentellement impersonnels.
4. Quelques verbes personnels prennent accidentellement la forme impersonnelle; ils sont toujours suivis d'un véritable sujet, qu'on nomme sujet logique, pour le distinguer du sujet grammatical, qui est exprimé par le pronom neutre U ou ce. Ces verbes accidenteUemefU impersonnels prennent les trois voix et s'emploient surtout pour mettre en relief le sujet logique : Il arriva un malheur. Il en sortait une fumée noire et épaisse (Fén.). n vaut mieux que cela soit ainsi (Ac). Il ^t'importait que mm fuissiez présent (Ac). Il est écrit que rien 'ne me réussira. Il s'est commis un grand crifne. C'est dotnmage qu'il parte.
Certains verbes impersonnels peuvent aussi s'employer comme verbes person* nels : Le prédicateur tonne contre les ivrognes. Les honneurs pleuvent souvent sur des gens inédiocres. Les coups de fusil y pleuvent. Dieu fait luire son soleil sur les bons et sur les mauvais, et pleut sur le champ du juste comme sur celui du pécheur (Boss.). Les verbes pleuvoir et neiger peuvent même avoir un objet à l'accusatif : H plut du sang (La F. VI!, 6). Il neige des feuiUei (V. Hugo).