‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 14 sur 409 · I 2 LES SONS KT LES LETTRES · texte numérisé non relu

I 2 LES SONS KT LES LETTRES

diphtongueSy qui expriment un son composé^ c*fest-à-dire deux sons prononcés en un seul temps, par ex. m dans noir.

Les sons-consonnes se représentent en français par les dixneuf lettres suivantes ou par leui- combinaison : b, Cj d, fj g^ //, j, Z, 1», n, p, q, r, s, f, r, x, y, z.

Les signes k et w ne font pas partie de l'alphabet fi-ançais, et ne se rencontrent que dans les mots d'origine étrangère.

5. Ou appelle syllahe im ou plusieurs sons qui se prononcent en un seul temps ou en une seule émission de voix. Ainsi la est un mot d'une syllabe, formée de deux sons distincts : l, qui est une consonne, et a, qui est une voyelle. ' Un mot est monosyllabe quand il n'a qu'une syllabe, et polysyllabe quand il en a plusieurs.

La syllabe s'appelle initiale, médiale ou finale^ selon qu'elle se trouve au commencement, au milieu ou à la fin d'un polysyllabe.

« L'articuUition, a dit un profond linguiste, G. de Humboldtf ne se pmduit qu'au moyen du passage d*un courant d*air qui résonne. Ce courant d'air donne à la fois deux sons parfaitement distincts : l'un au lieu d'où il part, Fautif^ à l'ouverture par laquelle il sort. C'est ce double son qui forme la syllabe. La syllabe ne se compose pas, comme nous semblons l'indiquer par notiv manière H'écrire, de la réunion de plusieurs sons divci's ; c'est un son unique, instantané. La séparation en consonnes et voyelles est purement artificielle. En fait, la consonne et la voyelle forment une unité inséparable pour l'oreille, unité que notre écriture brise. La voyelle ne peut pas plus être prononcée seule, comme on a coutume de l'enseigner, que la consonne. Son émission est- toujours nécaBsairement précédée, sinon d'une consonne bien déterminée, au moins d'une aspiration, quelque légère qu'elle soit, et qui n'est qu'une consonne aflaiblie. Ainsi la consonne et la voyelle ne sont que des conceptions idéales qui n'ont aucune existence dans la réalité.

c 1^ syllabe constitue une unité de son; elle devient mot en recevant un sens, une signification, c'est-à-dire en devenant signe d'une idée. Pour cela la réunion de plusieurs syllabes est souvent nécessaire. Par mot on entend le signe d'une action particulière. Les mots renferment ainsi une double unité, celle du son et celle de l'idée, et ainsi constitués deviennent les véritables éléments de la parole, titre qu'on ne peut donner aux sons articulés qui n'ont pas encore reçu de signification. »

G. On distingue dans la syllabe ou dans le mot non seulement le son, qui en est comme le corps, mais encore ce qui donne à ce corps la vie et l'âme, lia, prosodie ou la mesure de temps (quantité) et d'accent qui accompagne le son.

li'accefU consiste dans l'intensité de la voix et la quantité dans sa durée. Les voyelles se divisent, quant à leur accent, en voyelles toniques et voyelles atoftes, et, quant à leur quantité, en voyelles longues et voyelles brèves.

En français la quantité est subordonnée à l'accent, qui a joué le rôle principal dans la formation des mots de notre langue.

♦i INTRODUCTION § 3

L*aecont tonique est ce qui donne au mot de l'unité et de rindividualité, ce qui fait d'une réunion de syllabes nn ensemble parfait et distinct. C'est Tàme du mot, anima vociSy sui\'ant Theurcuse expression du grammairien Oiomèdê, c'est 00 qui le vivifie et le caractérise; car, sans rien iùo'iter ^ux éléments matériels dont se compose le mol, il les domine et los anime en quelque sorte : par là, il concentre en lui toute la force dVxpres^ion et assure l'unité des diverses parties.

11 faut se garder de confondre Taccent avec la quantité : celle-ci indique que l'émission du son est plus ou moins prolongée, tandis cpie l'accent marqne qfue la voyelle est frappée d'une tonalité plus aigué ; en d'autres termes, il exprime^ non la durée, mais Tacuité du son. 11 y a entre ces deux modalités de la syllabe une autre différence : « c\'St que la quantité Obt absolue, tandis que raccent est purement relatif. La quantité porte sur telle ou telle syllabe prise isolément, l'accent ne qualifie les syllabes que pai' rapport à celles qui se trouvent former avec elles un mot ou une phi'ase. Aussi Taccent est-il susceptible de changv < (le place suivant les modifications appoilées au mot ou à la phi-ase, tandis qpxé la quantité ne varie qu'avec la nature même de la syllabe qui la porte. Ces deni' nuxlalités exercent du reste l'une sur l'autre, suivant les langages, une influence plus ou moins grande; et on remarque générah^ment que dans les langues les plus anciennes c'i^st la quantité qui domine et détermine l'accent, tandis que plus tard l'accent Tcmpoite sur la quantité.

« Le mot latin accentus, de ad et canttu, indique que Taccent est la notiition de ce qu'il y a de musical dans la pmnoncialion, de la mélopée du langage. Il distingue en efTet les syllabes sur lesquelles on doit élever la voix de celles :^ur lesquelles ou doit rabaisser, ut procure ainsi, en faisant alterner les sons • aigus et les sons graves, un chant qui lui u valu son nom. Ce chant n'est pas marqué au même degré, tant s'en faut, daiis toutes les langues ; il était beaucoup plu^ fort dans les langues anciennes qu*il ne l'est dans les langues raotlernes; parmi celles-i'i, et même dans le cercle plus restreint des langues néolatines, nous le trouvons plus sensible chez certains i)euples que chez d'autres; et jusque dans le domaine d'un de ces idiomes, nous i-emarquona quelques dialectes ou patois qui chantent beaucoup plus que les auti'es (*). »

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