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C. Conjugaison interrogative

Les verbes ne peuvent se conjuguer interrogativenmit qu'à l'indicatif, parce qu'on ne peut inteiroger qu'à ce mode. Cependant on peut aussi employer cette forme au subjonctif comme optatif pour exprimer un désir (v. ch. XX).

Pour marquer la forme interrogative, on met le pronom-sujet après le verbe avec un trait (Funion^ et, de plus, on place à la &i de la proposition un signe particulier appelé point ^itUerrogation : M'aimes-tyxl Est-il sagel

Lorsque le sujet du verbe est un substantif, il reste en tête, mais on le répète après le verbe sous la forme d'un pronom : L'enfant est-ïL sage? C'est ce qu'on appelle inten'ogation coinplexe.

Dans les temps composés, le pronom se met entre l'auxiliaire et le participe : Est-Tl paHi ? Le vent a-t-û soufflé? S'estil repenti? Suis-}e aimé? Ai-je été aimé?

Si l'interrogation est négative, le mot pas suit immédiatement le pronom-sujet : Le vent ne souffl^-t-il pas ? N'a-t-il pas eu la fièvre? Ne se repent-il pas? Ne s' est-il "p^s repenti? Tf^ai-je pas ^é aimé?

L'euphonie ne permet pas toujours d'employer la forme interrogative à la 1 . S. du présent de l'indicatif, quand cette personne est un monosyllabe : Eus-je? cours-je? mens- je? lis-je? sers-je? etc. Il faut prendre un autre tour et dire : Est-ce que je • cours? est-ce que jeinens? etc. Cependant on dit ti'ès bien : Aije? suis-je? dis- je? dois-je? fais-je? sais-je? vais-je? vois-je? puis-je? etc.

28l) MODES DE FLEXION § 105

Atiide IV. — Modes de flexion C)-

1. Au point de vue de la flexion, on distingue plusieui*d conjugaisons d'après la terminaison de l'infinitif. Or, la plus grande partie des verbes français ont l'infinitif terminé en «•, un nombre beaucoup plus restreint en /r, et le plus petit nombre en re ou en oir.On a ainsi rangé tous les verbes de la voix active (verbes actifs, neutres, réfléchis ou impersonnels) en quatre classes auxquelles on a donné les noms de première (er), de seconde (ip), de troisième (oir) et de quatrième (re) conjugaison.

Mais c'est à tort que Ton a fait une conjugaison particulière des verbes en oir; il n'y a plus aujourd'hui que 17 verbes simples de cette désinence, dont aucun ne peut sentir de modèle aux autres. D'ailleurs oir n'est qu'une forme accessoire de re; on disait auti'efois recevre ou reçoirre pour recevoir.

En revanche, les verbes en ir se partagent en deux classes et forment en réalité deux conjugaisons, l'une à radical allongé, et l'autre à radical simple,

a) Les verbes de la première classe, comme fimr^ fleurir, intercalent, dans les temps du présent, la syllabe iss entre le radical et la terminaison : nous fiihiss^ons^je fin-iss^iis; ils ont ainsi un double radical, l'un simple à l'infinitif : fin-iV, qui sert à former tous les temps du passé et du futur, et l'autre allongé au participe présent : finiss-^/^, qui est particulier aux temps de la première série ou temps du présent.

b) Les verbes de la seconde classe, comme rêtir^ dormir, n'ont qu'un radical et se conjuguent régulièrement comme les verbes en re.

Les conjugaisons en er (chanter J et en ir à radical allongé Xfiniy) sont des conjugaisons vivantes, qui ont toujours seni et servent encore à former de nouveaux verbes, l'une avec des substantifs (ferrer de fer), l'autre avec des adjectifs (firandir de grand), tandis que les autres conjugaisons sont des conjugaisons mortes ou archaïques, qui sont restées stériles et sont incapables de servir à former des verbes nouveaux. Cette distinction nous explique pourquoi, sur 4-000 verbes simples, il n'y en a que 120 qui appartiennent aux autres conjugaisons en ir à radical simple, en re ou en oir,

La laiig^iie latine a quatre conjugaisons distinguées entre elles par la forme de rinfinitif : l. am «'Te, II. mon rre, III. reg ^re, IV. aud Ire, En reti^nchant

(1) Cf. Diez, fir. lî., Cliabaneau, Conjug. Nous avons ♦»nipninté ù Cf» d*?rni«M' diverses remarques intéressantes sur l'histoire des formes verbales eu ii'ancais.

de l'infinitif la terminaison ère dans la III* conjugaison et re dans les autres, on obtient le radical verbal dont la caractéristique^ c'est-à-dire la lettre finale, distingue les verbes de la flexion faible de ceux de la flexion forte. La flexion faible en latin comprend les conjugaisons dérivées en are, ère et ire, dans lesquelles la voyelle finale du radical fa^ e, ij se contracte avec la voyelle de la terminaison 0); la conjugaison en ërCy qui dans les grammaires latines occupe le 3« rang, est la conjugaison primitive ou forte et comprend les verbes dont le radical se termine pai* uue consonne ou la voyelle u. Ces quatre conjugaisons latines en are, ère, ère et ire se trouvent en français dans les quatre conjugaisons en er, oir, re et ir.

Mais il faut remarquer :

'!• Qua la terminaison en ir reproduit non seulement la finale ire : partire^ partir, mais tient aussi la place de la finale escere des verbes latins dits inchoalifs (exprimant le passage d'un état à un autre), ce qui établit une très grande différence dans la conjugaison; car la plupart des verbes qui appartiennent à la finale ire sont dits irréguliers, mais ils ne font pas autre chose que se conjuguer d'après l'accent latin injg'rttior, je meus ;pdrhor, je pars; ceux qui appartiennent à la finale escere^ soit réellement comme /îîeurir, soit par assimilation fautive comme finir, sont dits réguliers, mais ils ne font plus que se conjuguer d'après Taccent latin, qui, naturellement, est placé d'autre façon : florésœ, je fleuris; gcmisco, je gémis.

2o Que la conjugaison française en re répond non seulement à la troisième latine en ère, mais en partie aussi à la deuxième en ère : rire de ridêre, répondre de respondêre,

H° Que, parmi les verbes français dérivés de la troisième latine, tous ne sont pas en re^ quelques-uns ont pris la forme en otr, par suite d'un déplacement de l'accent, comme recipêre au lieu de recipëre, recevoir. Dans Tancienne langue, certains verbes avaient les deux formes, oir et re : recipêre donna recevre, rcceixfre, reçoivre et recever, puis recevoir. On voit par là que oir n'est qu'une forme accessoire de re, et les différences que les deux conjugaisons peuvent présenter proviennent d'une altération du radical, et non point d'un changement dans la flexion.

2. La flexion ou conjugaison simple des verbes s'opère de deux manières, le plus souvent par un changement dans la terminaison^ mais quelquefois aussi par une modification du radical.

3. Les terminaisons, étant destinées à marquer les rapports de tmqjs.^ de mode et de personne.^ renferment trois éléments distincts, savoir : la caractéristique tem]X)relle, la toi/elle modale et la désiNcuce personnelle.

Ainsi, dans la forme chantassio7is, nous distinguons d'un côté le radical chant, et de l'autre la terminaison assions^ qui se décompose comme suit :

-ass-, caractéristique de l'imparfait du subj. des verbes ener ; -/-, voyelle modale des formes du subjonctif à la 1. et 2. P. - oiis^ terminaison de la première personne du pluriel.

( 1) Les niodiflcations ciui sont introduites dans les conjugaisons 1h sont ou grec par les voyelles intercalaires «, e, o, cl, dans la fp-ammaire grecque, les verbes ainsi modifiés et qui s'appellent avec raison verbes contractes sontrejetésà la suite des autres; dans la grammaire latine, au contraii*e, on leur a assigné la 1*, II* et IV* conjugaisons en pla> çant dans la IH* les verbes simples qui devraient évidemment occuper le premier rang.

Mais dans d'autres formes verbales la terminaison ne com-^ prend que deux ou même qu'un seul de ces éléments, par ex. le subjonctif présent chantimis (chant-i-^tô) et l'indicatif présent chantons (chant-on^^.

On confond en général sous le nom de terminaisons temporelles la voyelle marquant le mode avec la caractéristique du temps.

Les terminaisons temporelles s'intercalent entre le radical et les terminaisons personnelles et se combinent avec ces dernières de différentes manières. Les combinaisons des tei:minaisons temporelles et personnelles forment ce qu'on appelle proprement les terminaisons verbales.

On distingue les terminaisons verbales en terminaisonsvùydles^ comme e^ es^ ons, ez, entj ais^ /s, anty et terminaisons^ consonnes, comme s, ar, f, mes, /es, rent.

On divise encore les terminaisons verbales en terminaisons accentuées^ ou toniques : clmnt-BXLi^ nom cJuDit-onSf je chant-siSf que fu>us c/ian^-ionSy je chant-BÎ^ que je chant-SLSSe^ chant-^j chant-BTfje chanier-Bij je chanter-siSj et terminaisons atones ou muettes :je chatU-Bj ils chant-ent^ que je cluifU-ey etc.

4. Dans la règle on obtient le radical du verbe en retranchant la terminaison de l'infinitif (- er, - ir, - re, - oirj^ pai* ex. chant'(er\ pafi'(ir)^ roiw/>-(re), fnouv'{oir).

Mais il y a un certain nombre de verbes dont le radical est modifié à l'infinitif, tandis qu'il reste intact au participe présent et en général devant toute terminaison-voyelle, par ex. plaindre et coudre, qui font au participe présent j^/o/jtm-^w/, cousant j ont pour radical plaiikg^ (lat. plang-ëre) etrows- (lat.r^sî*ëre pour consu-ëre^ d'où cost-ëre^ cos-re^.

Il y a d'autres verbes qui, outre le radical principal, ont encore une ou plusieurs formes secondaires servant de radical à certains temps ou à certaines personnes, comme cuire^ qui a cuM - et cm/-, faire, qui a fais-^ fass- et fai-.

5. Les formes verbales sont dites fortes ou faibles^ selon que l'accent tonique tombe sur la voyelle radicale, comme dans cAanfe, doii, meurs, ou sur la terminaison, comme dans cha7it' onSy donn-aiif mour-ions.

En général Tacceiit tonique conserve en français la place qu'il avait en latin (§2i); mais, dans les verbes, Taccent latin a éprouvé plus d'un déplacement; voici quelques-uns des cas où cet accident s'est produit :

a) Par le mélange des conjugaisons latines, le e atone de la troisième a souvent été marqué de l'accent et ère a donné ir ou oir, ou môme er, par ex. fretw<?re, frémir ; sapëre^ savoir; recipëre, recevoir; affligêre, affliger; de là les formes doubles de Tinfinitif courre et courir, guerre et quérir, freindre (dans enfreindre) et frémir^ geindre et gémir, empreindre et imprimer, titre et tis-

% de currëre, quaerëre, fretnëre, geitu^re, imprimére, texdre. Inversement, le e tonique de la seconde a perdu Tacccnt, de manière que tacère, par exemple» a été accentué tàcëre par le latin vulgaire et a dû donner taire^ au lieu de tai^ nr^ qui se trouve aussi dans l'ancien français et est resté dans quelques dialectes.

b] La troisième conjugaison ëre od're en latin cette particularité que, à la l^* et à la 2* personne du pluriel du présent de l'indicatif, Taccent tombe sur le radical et non pas sur la terminaison, comme c'est le cas dans les autres conjugaisons : rûmpimas^ rûmpUis; crédimus^ créditis. Le français a placé Taccent sur la terminaison pour rendre ces deux personnes semblables aux autres : romponey rompe: ; croyons, croyez. Les seules exceptions sont, dans la langue actuelle, dites et faites (de dicitis, fàcitis], qui n'ont jamais été accentués sur la terminaison.

c] Au prétérit de l'indicatif la 3« pei^onnc reporte l'accent de la pénultième sur l'antépénultième : disrent de dixérunty tinrent de tenuérunt. En revanche la 1*^' personne du pluriel avance l'accent de l'antépénultième à la pénultième. Ce dernier changement d'accentuation est ti'ès anci»»n, car on le constate dès les premiers temps non seulement dans les foimcs conservées, telles que rotnpîmes de rttpimuSy mais encore dans les formes archaïques et postérieurement contr.ictées, telles que desimes de diximus^ fesimes de fécimuSy etc., qui auraient été certainement , dès le début, dismes, fismes^ si l'accent fût resté sur la voyelle qui le portait originairement, puisque les pei'sonnes accentuées sur le radical, dixi, dixitj dûcenmt, gardaient en français l'accent à la même place: dis, dist^ disrent. Cependant cela n'est pas sans restrictions : si deux voyelles se rencontrent, la première peut de nouveau attirer à elle l'accent, par ex. chantâmes de cantàimus pour canlâvimus; en outre fûmes de fùimus et des cas analogues.

d] Les lettres ue ont généralement été traitées comme diphtongue brève, ou plutôt on a fait du u latin une consonne; ainsi consùerej batttiere, ont été accentués cônsvere, bàttverêy et ont donné coudre, battre. Ce déplacement n*a pas lieu pour les composés de struere qui ont passé en français : destruere a donné destruire d'où détruire (v. J5 119).

6. C'est à ce point de vue de l'accentuation qu'on a distingué dans les verbes français, comme dans les verbes latins, une flexion forte et une flexion faible, ces deux modes de flexion s'affirmant le plus décidément au prétérit et au participe (*). Les verbes faibfes ont le prétérit accentué sur la terminaison : aim-eÀ (am-ar/>, dorm-is (dorm-hi). Les verbes fofis ont, au contraire, le prétérit accentué sur le radical, et on les divise en trois classes, selon qtfils faisaient originairement leur prétérit en /, en si ou eu ni : fis (fec-i); mis (m/si) ; vf. vol (volui), j)leui (pkicui); mais, comme aujourd'hui les verbes de cette dernière classe accentuent la terminaison, voufus^plus^ il paraît préférable de se servir dans la grammaire moderne des dénominations de verbes réguliers et irréguliers, qui sont plus en rapport avec l'état actuel de la flexion verbale, bien que, à proprement parler, on ne puisse pas appeler irréguliei-s les verbes qui ont le mieux conservé les formes organiques de l'ancienne conjugaison française.

(1) Dioz, II, 116, etc„ et, d'après Diex, Ayur, dans la première (1K51) et la seconde 1876) édUiun de Ja Grammaire eomjwréc, Maetzncr (1856), G. Paris (18G2), Drachel 1866), Chabaneau (1878), Hraymann (18K2), etc.

284 FLEXION DV IIADICAL § llib

On peut définir les verbes réguliers et les verbes irréguliers, de la manière suivante :

a) Les verbes réguliers forment leurs temps au moyen de terminaisons qui laissent le radical intact, à l'exception de la consonne finale qui peut, dans certains cas, être modifiée ou même supprimée par raison d'euphonie : je romps, je row/>-is, tupar(t)'S, vous iKni-ez.

b) Les verbes irrérfuUers sont ceux dont la flexion s'opère aussi au moyen de terminaisons, mais qui subissent en outre des changements intérieurs par la permutation, la contraction ou la suppression de la voyelle radicale : je m^ms^ nous inonronB\je dis-aiSj je dis; je jVa/s-ais, jejk-MS*

n n'y a proprement de verbes iiréguliers que dans la classe des conjugaisons dites archaïques, qui comprend tous les verbes en re et en oir et un petit nombre des verbes en ir.

7. Un certain nombre de verbes, surtout parmi les irréguliers, sont défectifs. On appelle de ce nom les verbes qui ne sont usités qu'à certains temps ou à certaines personnes, comme forfaire^ quérir^ etc.

Cettodéiinition des gruinniairiens manque de pri.''cision, et runnesaui'ciitadriieU tre, par exemple, que luire est un verbe défectif parce qu'il u a pas de pi*étêrit. Nous croyons qu'il ne faut appeler défectif s que les verbes qui ne s'emploient qu'à l'infinitif, comme redire (dans le sens do blâmer), ravoir, quérir ; — à l'infinitif et au participe, couimc forfaire, forfait; férir, féru; — ou au participe dans les temps composi^s. comme tissu de tistre, issu de isnr. Du reste rAcadémie et les grammairiens indiquent souvent comme hors d'usiige des formes verbales que Ton trouve chez nos plus grands écrivains, et, comme le dit Littrt^, il faut autant que possible résister à ces désuétudes mal fondées qui frappent certains mots.

8. Au point de ^nle de la flexion, on distingue ordinairement les formes ou temps àiiajyrmitifs des formes ou temi)s dérivés. Les temps primitifs sont, comme en latin, indé])eudants les uns des autres ; il y en a cinq : le singulier du présent de Vindicafif, qui forme le singulier du présent de Timpératif ; le jxniicipe présent, qui forme tous les autres temi)s du présent ; le piniicijx' passée qui forme les temps composés, et Vinfinitif, qui forme les futurs. Lorsqu'un temps primitif manque, tous les temi)S qui en dérivent manquent également.

C'est seulement dans la conjugaison irrégiilière qu'il peut être utile de distinguer les temps primitifs des temps dérivés.

A. Flexion du radical.

§ lOG

1. Les changements que subit le radical des verbes sont de dfeux espèces : les uns n'atteignent que hi finale du radical,

Ç lOG FLEXION Dr RADICAL '2'4:>

comme le v de écriv qui est supprimé dans écrire; les autres portent sur la vot/elle radicale elle-même, comme le an de pour qui est élidé dans jep-us.

2. JjdLpmle du radical peut être -une consonne ou une roi/elle. Quand la finale du radical est une consonne^ si la terminaison est aussi une consonne, ce qui est toujours le cas au singfulier du présent et à l'infinitif, ainsi qu'aux futurs qui en dérivent, il en résulte un choc d'articulation que l'on évite :

a) Par la suppression de la finale du radical, savoir : 1° s, SB ou V dans les verbes en re^ v dans les verbes en air et t, v, m dans les verbes en ir à radical simple, devant les terminaisons s, s, /, du présent de l'indicatif et de l'impératif : il cuit pour cMîS^, je dois pour rfo/vs, tu dors pour dorms, etc. ; — 2** s, ss ou V des verbes eiï re devant le r de l'infinitif, et des deux futurs : coudre pour cous^l-re^ écrire pour écrivre; toutefois suivre et vivre gardent le v,

La finale U se simplifie en t dans les verbes Ixtttre et mettre : ie bdt'S, tu mets.

b) Par V ailoucisseumit de la fimde^ soit le changement de 1 en u devant une consonne dans les verbes ixtloir et falloir: je vaULr pour vais (§ 38"^).

Dans les verbes vouloir et bouillir le u provenant de l'adoucissement de / ou m fait hiatus avec la voyelle précédente et disparaît : je rewx, je Imis.

c) Par le changement de y consonne en / voyelle dans les verbes en yer^ comme employer, et dans les verbes irréguliers suivants dont la voyelle radicale est une diphtongue : n'oire^ choir, voir, seoir, traire, braire, l/rnire, fuir. Tous ces verbes ont pour finale du radical un y qui altenie avec le / voyelle, de telle sorte que celui-ci se place devant le e muet et les consonnes : emploie, traie, voie, sursois, fuir, croire, et celui-là devant les voyelles accentuées pour éviter l'hiatus : employons, trayons, voyez, sursoyez, fuyard, croyons, croyions. Il en est de même dans quelques formes des verbes être et avoir : sois, soyons; aie, ayons, etc.

d) Par V intercalât ion (fune consonne linguale (d, t) entre le radical et la terminaison, savoir d entre n, l ou s faible et /*, comme ])lain'drre, cou-àrre, c'est-à-dire cous-ûr^re, je mou-àrrai, c'est-à-dire md-àrrai, et t entre s fort et r, comme croPi^re ou croiS't^re, je croî-t^rai.

Le rudiral des veibes dont lu linale est i ou i/ était terminé en latin pai* un dy qui a été élidé partout, comme croire de credere, ouïr de audire, ou par un g, qui s'est affaibli en i ou if, comme dans traire de tragere pour trahere^ ou a complètement disparu, comme dans frire de frigere.

2i% FLEXION DU RADICAL § 106

e) La finale du radical peut encore subir d'autres changements; ainsi gn devient n devant une terminaison-consonne : je plains^ et le / ou II des verbes aller ^ falloir ^ valoir et vouloir se mouille devant les terminaisons muettes du présent du subjonctif : aille, faille^ vaille^ veuille.

3. Quand la finale du radical est une royfi/^, elle reste partout intacte; ce qui a lieu dans un certain nombre de verbes de la 1*^ conjugaison, comme cré-er^ pri-er^ tu-er, lou-erj et dans les seuls verbes rire, conclure et exclure de la 4*: cré-ions^ pri-ions, tu-ions, lou'ionSj ri'ions^ cmwlu-ions^ etc.

4. La voyelle radicale peut être atteinte dans les verbes irréguliers de trois manières difi'érentes :

a) Comme en français un mot ne peut pas se terminer par deux syllabes muettes consécutives, on rend sonore le e muet du radical devant toute terminaison atone soit en lui donnant l'accent grave, soit en doublant la consonne qui suit : mener, je mèn-e; jeter, je jeti-e; ywus prenons, qu'il prenn-e, etc.

C'est pour la même raison que le e muet de la 1. S. du présent devient sonore et prend l'accent aigu dans la forme interrogative : Ainié-je? cueiUé-je? Il en est de même dans : Eusseje! dussé'je! puissé-je! (§ 50).

b) Dans les verbes tnourir, pouvoir, mouvoir, vouloir, devoir, tenir, venir ^ seoir et asseoir, la voyelle radicale se diphtongue, ou en eu, e en oi ou ie, quand elle est accentuée, c'est-à-dire que l'accent tonique, tombe sur le radical et non pas sur la terminaison, ce qui a lieu aux trois personnes du singulier et à la troisième personne du pluriel du présent de l'indicatif, de l'impératif et du subjonctif, comme mourir, qui fait au présent de l'indicatif : Je tneurs, tu mevirs, il fn&urt, nous mourons, vous mourez, ils meurent', voidoir, qui fait au présent du subjonctif : que je veuille, tu veuilles, Û Yeuille, nous votdions, cous vouliez, ils veuillent.

Le radical buv- (originairement bev-) change de même u en oi quand il est accentué : je bois, que je boive, etc.

Il y a encore les verbes savoir et avoir qui changent a en ai dans certaines formes accentuées ou même atones : je sais, tu sais, il 8ai^;/ai, qu'il ait, ajant, eto.

c) Aux temps du passé (prétérit, imparfait du subjonctif et participe passé), dont la fiexion distingue proprement les verbes irréguliers des verbes réguliers, la voyelle radicale peut se contracter avec la voyelle de la terminaison, Je dis-ais, je di-s, ou s'élider complètement, ^e lis-a/s,y« 1-ms.

La contraction des verbes irréguliers au prétérit explique les homonymies suivantes : il plrut de pleuv-oir et il pl-ut de plài-re (plais-i'e) ; il cr-ut de eroi-re et il cr-ut de croUre (crois-t-re).

§ 107 TERMINAISONS PERSONNELLKS 2^7

B. Terminaisons personnelles.

Les teiminaisons personnelles ou finales du verbe sont les mêmes dans tous les temps, sauf à la 1. et 2. P. du prétérit; ce sont :

Singulier. Pluriel.

i'* personne -s -ons

2* » -s -ei

3« » -t -ent

Les terminaisons du singulier sont supprimées dans les cas suivants :

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