‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 178 sur 409 · YEKBES RÉGULIERS EN RE · texte numérisé non relu

YEKBES RÉGULIERS EN RE

Â. Verbei régalien en re, § 121

1. Les verbes réguliers en re se divisent en deux classes, selon qu'ils forment leur participe passé régulièrement en h (ou i) ou irrégulièrement en t.

Ce t n'est irrégulier qu'en apparence; il dérive d'une manière normale du participe fort latin : écrit de scnptusy duit de dûctusj ceint de cinctus (§ 120).

a) Participe régulier en u.

2. Les verbes suivants ont un radical qui reste toujours intact.

Rompre. La finale du radical p subsiste partout (V. le modèle, § 120.)

Battre. La finale tt se simplifie en t au S. du présent : je bats^ U bat.

Tendre, pendre, rendre, vendre, fondre, pondre, tondre, perdre, mordre, tordre, sourdre, et épandre, défendre, descendre, répondre. La finale du radical est un d qui rejette le ^ de la 3. S. : il rend et non pas rendt.

Le verbe sourdre^ autrefois irrégulier ou fort, est devenu régulier ou faible, et fait au prétérit il sourdit ; il n'a pas de participe passé : Ueau sourd de terre. On voit Veau sourdre de tous côtés. Là sourdait une eau qui avait la propriété de rajeunir (La F.) De cette grâce sourdit une dispute de préférence et de préséance (St-Sim.).

Presque tous ces verbes dérivent de verbes latins en «re, comme rompre de rumpere; battre vient de batere, forme populaire de batuere (§ 105); pondre, de ponère, avec intercalation d'un d, qui est devenu la finale du radical (pon'rey pond-rej ; sourdre, de aurgère, qui a aussi donné surgir ^ avec faute contre l'accent ; les verbes suivants étaient eu ëre dans le latin classique, mais avaient déjà dans le latin vulgaire abrégé leur voyelle infinitive : mordre, ton^ dre, tordre, répondre, de mordêre, tondère, torquêre, respondêre, devenus mordére, tondère, torquêre (torq're, tor're, tordre, avec intercalation d'un d qui fait paiiie intégrante du radical) et respondêre. Les verbes tordre, sourdre, pondre, mordre, étaient forts dans l'ancienne langue et faisaient au prétérit tors=torsi, sors=sur8i *, mor8=)nor8i *. Tordre avait un participe fort tor8,torse (aussi torte), qui s'est conservé comme adjectif: du fil tors, retors; de la laine torse, de la soie torse; il a la jambe torse ou torte; c'est du fil tors , mais il est mal tordu. De tortucus, dérivé du participe latin tortus, nous avons fait tortu : il est tout tortu. Plusieurs participes forts de l'ancien français, qui ont pris la forme faible dans le français moderne, ont persisté dans la dérivation comme substantifs : route de rupta, tente de tenta, pente de péndita *, rente de rédiHta, vente de véndita, perte de pérdita, source de sursa *, défense de defensa, réponse de responsa, etc. (v. § 142).

3. Les verbes suivants ont leur radical entier, mais variable ; vaincre garde le c final partout, suivre élide le v final seulement au S, du présent, les autres perdent leur consonne radicale devant toute consonne, c'est-à-dire au S. du présent et aux futurs, et de plus ils intercalent dont à Tinfinitif.

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