‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 184 sur 409 · Verbes à radical intact · texte numérisé non relu

Verbes à radical intact

3. Les verbes à radical intact ne sont qu'au nombre de trois ou quatre : moudre, soiidre, vivre et courre^ dont les deux premiers intercalent un d aux temps du futur.

Moudre. La finale du radical est 1, qui devient u devant une consonne, moudre pour mol-d-re; mais le radical mol est moul devant toute voyelle, et l'usage a conservé le d intercalaire de riniinitif au S. du présent (^). (V. le tableau, § 118.) Les composés émoudre et rémoudre ne sont pas défectifs.

Moudre, pour moldre^ à Torigine molrCy est fermé régulièrement de molêre.

Soudre, usité seulement dans les composés absoudre^ dissoudre et résoudre. La finale est Iv ou 1 au prétérit; devant une consonne, le v s'élide et le l se change en u ; le d a été intercalé entre l (u) et r ; sol d-re : Résolv-ant, Je résous^ nous résolvons^ etc. BésouSj résolvons^ résolvez. Que je résolve. Je résolvais. Je réwlus. Que je résolusse. Résolu^ e, et résous (ce dernier participe n'a pas de féminin et ne s'emploie que dans le sens de changé en : Le soleil a résous le brouillarden pluie). Je résoudrai. Je résmidrais. — Absoudre et dissoudre n'ont pas de prétérit ; leur participe est en s: absous j dissous^ au féminin absoute^ dissoute; les formes normales absolu et dissolu ne s'emploient plus que comme adjectifs.

SouUre n'est usité qu'à Tinfînitif : soudre un problème. Cette eau peut soudre Vor (Descartes). Il est formé de solvére (solVe, soldre, soudre). Le prétérit était autrefois sols, solsis, solêt^ etc. , qui suppose une forme populaire solsi au lieu de solvi ; la forme actuelle solus ne parait pas remonter au delà du XIV* siècle. Les deux formes du participe sont également anciennes : solu (dans réêolUf dissolu, absolu), du classique solûtum, et sous = sols (dans résous, dissous, absous), qui suppose une forme vulgaire sôlsutn, correspondant au parfait solsi.

Vivre. Ce verbe a un double radical, viv- aux temps des deux premières séries et véc- aux temps du passé : Viv-ant. Je riSj nous vivons, etc. Vis, vivotis, vivez. Que je vive. Je vivais. Je véC'US. Que je vécusse. Vécu. Je vivrai. Je 'vivrais.

Vivre vient de vivëre, viod. Ce verbe avait en latin deux radicaux diflérents, viv et vie; le français les a conservés Tun et l'autre et a même attribué an dernier le s de x, q\\\, en latin, appartient à la llexion, d*où, par suite d'une raétathèse que Ton trouve dans un certain nombre de mots (par ex. lascus, lacsus = IcuEUJv, lâche), l'ancienne forme vesquis et la nouvelle vescus, vécus, qui n'est devenue d'un usage habituel que vers le XVI* siècle.

Courre. Ce verbe n'est plus usité que dans l'expression courre le cerf, mais il sert encore à former les futurs (V. courir) : Ce sera à lui à courre et il courra. (Sév.)

Courre est formé régulièrement de currëre.

(i) Un grammairien français, Aubertin, ijmorant qiie ce d est intercalaire, le conserve au subjonctif présent dans ces formes barbares : t/tie je monde, que tu mondes, qu'il moudi: !

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