Participe en t
5. Les verbes de cette catégorie sont : dire^ faire, confire et suffire^ dont la finale du radical s est élidée devant une consonne, traire et raire, dont le radical en i ou y reste partout intact.
Dire. Le radical est dis- avec s doux devant une voyelle, et di- devant une consonne. La 2. P. du présent est forte : vous dites{% 107). — Redire fait de même vous redites; mais dans le sens de blâmer, il ne s'emploie qu'à l'infinitif: R trouve à redire à tout ce qu'ofi fait. — Les autres composés cofitredire^ dédire, interdirCf tnédire, prédire, sont réguliers : vous prédisez j vous médisez, etc. Mais on trouve aussi vous dédit-es : Puisque je l'ai promis, ne m'en dédites pas (Mol.). C'est bofi, vous savez votre rôU, vous fie vous dédites pas (Muss.).
Maudire est un composé de dire qui a pour consonne radicale un s fort : MaudissatU. Je matidis, vous maudissez. Maudis, maudissons, maudissez. Que je maudisse. Je maudissais. Je maudis. Que je maudisse, qu'il maudit. Maudit. Je maudirai. Je fnaudirais.
Dire dérive de dicêre, dont le d, syncopé devant les consonnes, est représenté par la finale radicale s devant les voyelles ; dans l'ancienne langue et jusqu'au XVII* siècle, ce s tombait devant les flexions en e muet : ils dient, que je die. Le participe dit est le latin dictus.
Faire. La finale du radical est un s faible, qui devient s fort au présent du subjonctif. Sauf à ce dernier temps, la voyelle radicale a se change en ai ; mais cette diphtongue est muette devant toute syllabe accentuée, et on la remplace même par un e muet aux deux futurs. Le radical a donc les formes fais-, foi-, fass- et fe-, outre /î-au prétérit : Fais-ant. Je fais, tu fais, U fait; nous faisotis, vous faites, ils font (§ 107). Fais, faisons, faites. Je faisais. Que je fasse. Je fis. Que je fisse. Fait. Je ferai. Je ferais. — Les composés français de fUre^Bt conjuguent de
même : vous satisfaites^ Us satisfont^ etc. C'est à tort qu'on range forfaire et parfaire parmi les verbes défectifs : Un juge ne dent pas forfaire. Cela se parfera bientôt. Voilà donc qui est fait et parfait (Sév.). — Malfaire et méfaire ne sont usités qu'à Tinflnîtif et au participe : Il est enclin à malfaire. Il a malfait. Il fie faut ni méfaire ni médire. Il a méfait (Littré).
Faire dérive de facëre, dont le c est devenu « ou sa devant une voyelle. Le parfait latin fèci, fecisti, fêcit, etc., a donné fis, fesis, fit, d où le prétérit actuel. Fait est formé régulièrement de foetus.
— Fire dans confire et suffire. Ces verbes ont un double radical, avec ou sans s: Confis-ant. Je confis^ vous confisez. Que je cofifise. Je confisais. Je confis. Qu^ je cotifisse (inusité). Confit. Je confirai. Je confirais. — Suffire a perdu le t du participe : suffi.
Confire (conficëre) et suffire (sufficëre) dérivent de composés de facere. Mais, comme en latin, ils se conjuguent partout régulièrement. Ils reprennent aux temps du présent le c (devenu s] tombé à Tinfinitif.
Traire. La finale est i devant ime consonne ou un e muet et y devant une voyelle accentuée ; le prétérit seul manque et on le remplace par tirer le lait : Tray-ant. Je trais, nous trayons^ ils traient. Trais, trayons, trayez. Que je traie, que nous trayions, etc. Je trayais, nous trayions. Trait. Je trairai. Je trairais. — Elle a soin de traire ses vaches et ses brebis (Fén.). Des villageoises trayaient des vaches (Chat.). — Les composés attraire, distraire, soustraire, etc., se conjuguent de même. Quelques-uns sont défectifs : portraire, refUraire et retraire ne sont guère usités qu'à l'infinitif et au participe : Il ^est fait portraire. Voilà une couleur bieti rentraUe. Il avait droit, comme jmrent, de retraire cet héritage. Les liés versés sont sujets à être retraits (Ac).
Traire vient du latin irahëre, qui s'est changé de bonne heure en tragére (tragYe, d'où traire). L'ancienne langue avait le prétérit trais, traisis, traist, etc. ( =trdxi, traxisti, Iraxit).
Raire est défectif et ne survit plus que dans quelques proverbes et seulement à l'infinitif et au participe passé : A barbe de fou, on apprend à raire. Ne se soiicier ni des rais ni des tondus. Le prétérit était res, i-esis, rest; le participe, res. — De là, rez-de-clmussée.
Raire, raser, vient de radère, et ne doit pas être confondu avec le verbe ré* gulier raire.
2» CLASSE. — Prétérit en us.
1. Les verbes irréguliers en re de la seconde classe forment deux catégories distinctes : les verbes à radical réduit et les verbes à radical intact (§ 112).
i. Verbes à radical réduit.
2. Les verbesv à radical réduit sont caractérisés aux temps dn passé par la chute de la consonne finale et de la voyelle qui précède : lis-an^, je 1-ws, etc.
Ces verbes, à Texception de croire^ perdent également la «consonne finale dans les autres temps devant toute terminaison consonne : il tait pour taiBt.
Quelques-uns intercalent en outre un t à l'infinitif et aux temps qui en dérivent : crottre pour crois-t-re^ je croîtrai, je crûtirais.
Croire. La finale du radical est i qui devient y devant une voyelle accentuée. (V. le tableau, § 120.)
Accroire et mécroire ne sont guère usites qu'à l'infinitif dans ces expressions : Ce n'est pas à moi que vous eti ferez accroire, H -est dangereux de croire et de mécroire. — Décroire ne s'emploie plus qu'à la 1 . S. du présent dans l'expression je m crois ni ne décrois. — L'ancien verbe recroire a laissé le participe recru, employé comme adjectif dans le sens de liarassé: Il est si recru qu^U n'en peut plus (Ac).
Croire vient de cred^hre par la chute du d, qui ne fut remplacé nulle part : de là croire^ dont la diphtongue oi^ mutation régulière du è lalin tonique, a été •étendue à toutes les formes. Son prétérit était d*abord confonne à Tétymologie : ^rei de cTédivi * ; mais on lui imposa de bonne heure la flexion en u.
Boire. La voyelle radicale était originairement un e , qui 8'est changé en u ou oi, selon que l'accent tonique repose sur la terminaison ou sur le radical; la finale du radical est un v, qui ne paraît que devant les voyelles : Buv-ant. Je bois, nous iuvom, ils boivent. Bois, buvons, buvez. Que je boive, que nous buvions. Je buvais. Je bus. Que je htsse. Bu. Je boirai. Je boirais.
D^fto/ré? n'est plus usité que comme substantif: Les plaisirs ofit leurs déboires (Ac). — Imboire s'emploie surtout au participe : On Va imbu de ce principe. Il est imhi des idées modernes.
Boire^ autrefois hoivre, puis hoire, aussi hevre, dérive dé hibëre ; le prétérit hu9 était bui = beus, Timparfait du subjonctif déUMe et le participe heiit^ beu. C'est au XIII* siè<*le qu^on voit paraître les formes où la voyelle radicale i est devenue u au lieu de e devant les flexions accentuées, comme dans bevons, beuvons^ d'où buvons (cf. eu prononcé uj. Le futur fut, dans le principe, régulièrement bevrai, le t radical y perdant Taccent ; mais l'analogie fît promptement .rétablir «^ ce temps, comme au conditionnel, la forme de l'infînitif.
Lire. Le radical est double, lis- et U-. (V. le tableau, § 120.)
Lire est fbrmé de légère^ dont le g est représenté dans les temps du présent
par la spirante s; l'ancien prétérit HBj lesis^ etc., de légij a fait place à la forme •plus tnodeme lu8.
Taire a un double radical, tais- et tai-, et se conjugue comme iire.
Ayru, Grammaire comparée 18
274 PRÉTÉRIT BN U8 § 12.*^
Plaire se conjure aussi comme lire^ ms.is remplace la finale s par un accent circonflexe à la 3. S. du présent : U plaît .
Plaire et taire sont dérivés de placère et tacëre, formes vulgaires de placére et tacêrej qui ont aussi donné dans Tancienue langue les verbes plaisir et toiêiry plus fidèles à l'accent latin; plaisir est resté comme substantif dans la langue actuelle, de même que loisir de licêre.
Connaître. La finale est un s fort. Il y a, à Tinfinitif, intercalation d'un t entre s et r; en outre, l'accent circonflexe sur le i remplace devant le He s final du radical : cminattre^ c'està-dire connais't-re, il connaît. (V. le tableau, § 119).
Paître se conjugue comme connaître, mais le frètent je pus n'existe plus et le participe n'est usité qu'en termes de Éauconnerie : un faucofi qui a pu (Ac). Le composé repaître est complet et fait aux temps du passé : je repu^, que je repusse^ repu. Forpaître est un terme de chasse vieilli : Ow dit que les biches forpaissent quand elles cherchent leur pâture dans des lieux éloi^ gnés de leur séjour ordinaire.
Paraître se conjugue aussi comme cof maître; mais il n'a pas de prétérit, il emprunte celui de paroir, dérivé de parère^ dont il est l'inchoatif (V. § 126).
Connaître, paître et paraître dérivent de cogniscere * pour cogno^ofre (verbe composé de cum, avec, et gnoscere, connaître), pascérej forme du latin vulgaire pour pasci, et parescère, forme vulgaire ^owr parère; la finale du radical est ss=^sc latin, comme dans naître.
Croître. Ce verbe, dont la consonne radicale est aussi un 8 fort, se conjugue comme connaître, mais il prend un accent circonflexe au S. du présent et aux temps du passé pour le distinguer des formes homonymes de croire : Croiss-ant. Je croîs, tu croîs, il croît, nous croissons, etc. Croîs, crois'^ons, croissez. Que je croisse. Je croissais. Je crûs. Que je crûsse. Crû, cru4>. La chantre étant tout à fait crue. (La F. 1, 8.)
Croître est formé de cresci^re, dont la finale se est devenue en français ss dans es temps du prés<>nt.
Etre, c'est-à-dire es-t-re. Ce verbe, qui est dérivé de trois verbes latins difi'érents, est un des plus iiréguliers de la langue : Etabli. Je suis, tu es, il est, nows sommes, vous êtes, ils sont^ Sois, SQi/ons, soyez. Que je 8oi.i, il soit, nous soyons, ils soient. J^étuis. Je fus. Que je fusse. Eté. Je serai. Je serais. (V. § 127,)
En français, le verbe être est composé de Irois verbes différents, savoir : i'^fuo-y qui a donné le prétérit fus (fui) et Tiiaparfait du subjonctif fusse (fuissom) ; 2o slare, qui a donné le participe passé esté, été (status) ; 3<^ esse, qui a fourni tous les autres temps, et en particulier Tinfinitif être, en vieux français estre^ de essêre, forme vulgaire pour esse, qui est devenue e«Ve, puis estre ou être, par rintercalation d'un t eupbonique, comme dans naitrey connaître, croître. L'imparfait de l'indicatif ne vient point du latin, mais il n été formé directement sur être, comme mettais sur mettre. Enfin le futur serai, ancien français esserai, est composé comme les antres verbes avec l'auxiliaire avoir, et esterai représente essere'habeo.