Verbes à radical intact
3. Les verbes en oir à radical intact ont pour consonne radicale un 1 ou 11 qui se change en u (falloir^ il faut; valoir^ il wïu#) ou s'élide devant les consonnes (vouloir^ il veut). Elle se mouille au présent du subjonctif: qu^il faille^ cJmille^ vaille, veuille^ deuille; à la 1. et 2. P. le l est mouillé par le /de la terminaison : que nous valions, que vous vouliez. Il y a intercalation d'un d aux deux futurs.
Falloir. // faut. Qu'il faille. Il fallaU. Il faUut. Qu'il faUût. Fallu, dans les temps composés. Il faudra. Il faudrait. Molière a employé le participe présent f allant.
Falloir vient de fallêre, qui a aussi donné faillir avec la même faute contre Taccent (fallêre au lieu de fallêre). Les anciennes formes du prétérit étaient dérivées de fallivi* ei de faUi* pour fefelli; les premières sont restées à faillir.
Chaloir n'est usité, selon l'Académie, qu'à la 3. S. du présent dans l'expression suivante : // ne m'en chaut^ il ne m'importe. Que le cocher arrive en haut ou roule en baSj jxjint ne m'en chaut. (Chat.) Cependant on poun-ait étendre cet emploi au fiitur il cJiaudra, au conditionnel il chaiulraitj à Tinfinitif il ne peut chaloir., et au présent du subjonctif qu'il chaille (Littré). J'en suis d'avis, non pouvant qu'il m'en chaUle (La F.).
Chaloir vient du latin calére. Il avait tous ses temps dans Tancienne langue. \jQ prétérit était chalut de caluit.
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Valoir. Ce verbe est complet :;« mi^, tu r<tux, il vatdj etc.; mais l'impératif est peu usité. (V. le tableau, § 1 24.) — Le composé prévaloir fait au présent du subjonctif que je prévale.
Valoir est formé régulièrement de valére.
Vouloir. La voyelle ou devient eu quand elle est accentuée : je veuXy que je veuille^ etc. Mais cette modification a été induement étendue aux formes faibles de l'impératif: vetdllatis, veuillez, au lieu de voulions, vouliez, qui sont les formes correspondantes du présent du subjonctif. Au lieu de veuillez, on dit aussi à l'impératif voulez, surtout avec la négation : Ne m* en voulez pas. C). (V. le tableau, § 124.)
Vouloir vient de volére, forme vulgaire faite sur volire, pour velle. Vouloir a eu trois prétérits différents. Celui qui est aigourd'hui le seul usité, vou(u«, date du XIV* siècle. I.es deux autres étaient forts et dérivaient Tun de vôlui, régulièrement accentué et perdant le u comme tenui : vol^ volt ou vout, volimes, volrent ou voldrent, l'autre de la forme populaire voUi * ; vols ou vous, voUi$ ou voussisj vobft ou vouat^ volêimeSf volsistes, volstrent ou voustrent. Les formes en ê ont duré presqu'au XVI* siècle.
Douloir (se) ne s'emploie guère qu'à l'infinitif, ainsi que le composé condotiloir (se) : On V entendit se dotdoir d'une fa^^i lamentable (Littré). Se condotdoir vers quelqu*u7i (Ac).
Douloir vient de dolére. Douloir changeait, comme vouloir^ sa voyelle radicale ou en eu quand elle était accentuée : Femme se plaint^ femme se deulty ancien proverbe signifiant : femme larmoie et rit quand elle veut. Le prétérit était dolui, dolut, etc.
Souloir ne se dit plus guère qu'à l'imparfait : // soulaii dire. Il soldait faire (Ac).
Souloir est dérivé normalement de solêre. Souloir est une des plus grandes pertes que la langue ait faites; car combien avoir coutumCj dont on est obligé de se servir, est lourd et incommode (Littré).
Paroir, dans les composés apparoir et comparoir, qui ne sont guère usités que comme teimes de pratique dans ces phrases : de là il apjmi que..,; être assigné à coinparoir, recevoir une a^ignation à comjxxroir.
Paroir est formé régulièrement de parère. Il se conjuguait ainsi: Parant, paraissant, ilpert, il parait, il paroity il paraissait, tl parra, il paraîtra, etc.
(1) Selon Littré, € c'est un barbarisme assez récent et désormais autorisé par l'usage
aue de dire vouUon», vouliez au présent du subjonctif, mois c'est un moilleur usage de ire veuiUions, veuilliez. • C'est une erreur, caria voyelle radicale oit de routotr doit rester intacte quand elle n'est pas accentuée : >#omj« voulons, je voûtais, je voulus, etc. Les formes voulions, vouliez, sont donc les seules correctes ; les autres ne le S4.>nt pas, pai'ce (lu'elles pèchent contre le princii>e même de l'accentuation.